Selon Libération, une cérémonie commémorative de l'abolition de l'esclavage s'est tenue ce dimanche 10 mai à La Rochelle, en Charente-Maritime, réunissant environ 200 participants. L'événement, organisé en réaction à l'annulation de la commémoration officielle par la mairie de Vierzon (Cher), a été marqué par de vives critiques envers la décision municipale.
Ce qu'il faut retenir
- Une cérémonie commémorative a eu lieu à La Rochelle le 10 mai 2026 en présence de 200 personnes.
- L'événement a été organisé en réponse à l'annulation de la commémoration par la mairie de Vierzon (Cher), dirigée par le RN.
- Les participants ont fermement condamné la décision de la municipalité de Vierzon.
- La date du 10 mai correspond à la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions en France.
- La Rochelle, ville portuaire historique, est un lieu symbolique pour ce type de rassemblement.
Un rassemblement symbolique à La Rochelle
La cérémonie organisée à La Rochelle s'inscrit dans un contexte national marqué par la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. Ce dimanche 10 mai, environ 200 personnes se sont réunies dans cette ville de Charente-Maritime, connue pour son patrimoine maritime et son rôle dans l'histoire coloniale française. Selon plusieurs témoins présents sur place, l'ambiance était à la fois recueillie et déterminée, avec une volonté affichée de ne pas laisser cette date passer sous silence.
Les participants, issus d'associations mémorielles, de collectifs antiracistes ou simplement de citoyens engagés, ont tenu à marquer leur opposition à la décision prise par la mairie de Vierzon. « Refuser de commémorer l'abolition de l'esclavage, c'est une négation de notre histoire », a déclaré l'un des organisateurs, dont les propos ont été rapportés par Libération. Pour ces militants, cette annulation illustre une forme de révisionnisme historique et une minimisation des crimes de la traite négrière.
Vierzon, un cas isolé mais symptomatique
La mairie de Vierzon, dirigée par le Rassemblement National (RN), a décidé d'annuler la commémoration prévue pour cette journée symbolique. D'après Libération, cette décision a suscité une vague de réactions, notamment de la part des associations locales et nationales. Vierzon, ville moyenne du Cher, n'est pas un cas isolé : plusieurs communes dirigées par l'extrême droite ont récemment adopté des positions controversées sur des sujets mémoriels.
Pour les opposants à cette annulation, le choix de Vierzon s'inscrit dans une logique plus large de remise en cause des politiques de mémoire autour de la colonisation et de l'esclavage. « On ne peut pas faire semblant d'ignorer que ces événements ont façonné notre pays », a souligné une participante à la cérémonie de La Rochelle. Les critiques portent non seulement sur l'annulation en elle-même, mais aussi sur le manque de communication de la mairie quant aux raisons de cette décision.
La Rochelle, un lieu chargé d'histoire
Choisir La Rochelle pour organiser cette contre-cérémonie n'est pas anodin. La ville, avec son Vieux-Port et ses fortifications, fut un des principaux ports négriers de France au XVIIIe siècle. Selon les historiens locaux, plus de 400 expéditions de traite y ont été organisées, déportant des dizaines de milliers d'Africains vers les colonies.
Cette dimension historique a été rappelée lors de la cérémonie, où des discours ont mis en avant l'importance de « regarder en face » ce passé douloureux. Des plaques commémoratives et des hommages aux victimes ont été déposés en divers lieux de la ville, notamment devant l'hôtel de ville et sur les quais du port. Pour les organisateurs, il s'agissait de rappeler que la mémoire de l'esclavage ne peut être effacée ou instrumentalisée.
Ce rassemblement à La Rochelle montre, une fois de plus, que la mémoire de l'esclavage reste un enjeu vif en France. Entre reconnaissance officielle et mobilisations citoyennes, le débat est loin d'être clos.
Le 10 mai a été choisi comme Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions en 2001, suite à la loi Taubira. Cette date correspond à l'adoption de cette loi par le Parlement, reconnaissant l'esclavage comme crime contre l'humanité.