Dans un communiqué incendiaire publié ce dimanche 10 mai 2026, la Berrichonne de Châteauroux s’est élevée contre les déclarations du président de l’Union Foot Touraine (UFT), Basile Riboud, qu’elle accuse d’avoir « publiquement souhaité la disparition, voire la mort du club » en marge d’une rencontre amicale entre les réserves des deux clubs, samedi soir au Stade Gaston-Petit. Selon RMC Sport, ces propos sont jugés « particulièrement déplacés, irrespectueux et contraires aux valeurs du sport » par la direction castelroussine.

Le club, en grande difficulté financière et menacé de relégation en National, dénonce des attaques personnelles et des déclarations « haineuses » à son encontre. « La Berrichonne de Châteauroux mérite mieux que cela », a réagi Djamel Zemmar, président du club, dans un message sans équivoque. Ces accusations interviennent dans un contexte déjà tendu, alors que l’Union Foot Touraine, née de la fusion de plusieurs entités locales dont le FC Ouest Tourangeau, a officiellement adopté son nouveau nom le 29 avril 2025, reprenant ainsi le flambeau d’un football tourangeau autrefois dominé par le Tours FC, disparu en 2025 après une gestion économique catastrophique.

Ce qu'il faut retenir

  • Un communiqué incendiaire publié par Châteauroux accuse le président de l’UFT, Basile Riboud, d’avoir « souhaité publiquement la disparition, voire la mort du club » en marge d’un match de National 3 entre les réserves des deux clubs, samedi 9 mai 2026.
  • Des propos jugés « contraires aux valeurs du sport » par la direction de Châteauroux, qui dénonce des attaques personnelles et des déclarations « haineuses ».
  • Un club en danger sportif et financier : Châteauroux, déjà sanctionné d’un point de pénalité par la DNCG, tente de se maintenir en Ligue 3, synonyme de rentrées financières, tout en faisant face à des recours prud’homaux et à une masse salariale à réduire.
  • Une rivalité historique ravivée avec Tours, où l’Union Foot Touraine a pris la suite du Tours FC, disparu en 2025 après une faillite retentissante.
  • Une victoire cruciale pour Châteauroux : le club s’est imposé 2-1 contre Sochaux samedi, mais doit encore s’imposer à Valenciennes pour assurer son maintien.

Un coup de gueule dans un contexte de crise sportive et financière

Châteauroux vit une fin de saison électrique en National. Le club, racheté l’an dernier par Djamel Zemmar, est toujours sous la menace de la DNCG, le gendarme du football français, qui l’a sommé de réduire sa masse salariale et lui a infligé un point de pénalité en pleine course au maintien. « Les multiples recours aux prud’hommes intentés par d’anciens employés de Châteauroux continuent de peser sur la balance budgétaire », précise RMC Sport. Dans ce contexte déjà explosif, les déclarations de Basile Riboud, président de l’UFT, ont servi de détonateur.

Selon le communiqué de Châteauroux, Riboud aurait tenu des propos « particulièrement déplacés » lors de la rencontre amicale entre les réserves des deux clubs, samedi soir. « Souhaiter publiquement la descente d’un club historique est déjà regrettable ; souhaiter sa disparition, voire ‘la mort du club’, dépasse très largement le cadre de la rivalité sportive acceptable », peut-on lire dans le texte. Pour le président castelroussin, ces déclarations « dépassent l’entendement » et illustrent une volonté de nuire à l’image de son institution.

Une rivalité sportive ravivée par la renaissance du football tourangeau

La tension entre Châteauroux et Tours n’est pas nouvelle. Elle remonte à des décennies de rivalité pour la suprématie régionale, un héritage que l’Union Foot Touraine a repris après la disparition du Tours FC en 2025. Ce dernier, autrefois club historique du Centre-Val-de-Loire, a été rayé de la carte après une gestion économique désastreuse. Son successeur, l’UFT, a été officiellement rebaptisé le 29 avril 2025, marquant ainsi une nouvelle ère pour le football tourangeau.

« Basile Riboud, en tant que témoin direct de la disparition du Tours FC, devrait pourtant mesurer l’impact de ses propos », souligne le communiqué de Châteauroux. Pour le club castelroussin, ces déclarations s’inscrivent dans une stratégie visant à fragiliser son concurrent direct, alors que les deux clubs se disputent une place en Ligue 3, synonyme de stabilité financière. Djamel Zemmar n’a pas mâché ses mots : « La Berrichonne de Châteauroux mérite mieux que des attaques personnelles et des déclarations haineuses. »

Un maintien encore incertain pour Châteauroux

Sur le terrain, la situation n’est pas moins tendue. Châteauroux, après un début de saison catastrophique, a connu un sursaut samedi en battant Sochaux 2-1. Une victoire qui lui permet de garder espoir pour son maintien en Ligue 3, à condition de s’imposer lors du dernier match de la saison, programmé à Valenciennes. « Les Castelroussins se sont donnés un peu d’air en sauvant leur club d’une relégation immédiate », explique RMC Sport. Mais la bataille est loin d’être gagnée : avec seulement un point d’avance sur le premier relégable, chaque erreur pourrait être fatale.

Le club, qui a frôlé la faillite l’an dernier avant son rachat par Zemmar, reste sous la surveillance étroite de la DNCG. Outre la réduction de sa masse salariale, il devra également régler les contentieux prud’homaux qui pèsent sur son budget. « Affaire à suivre », conclut la source, alors que les prochains jours seront décisifs pour l’avenir sportif et financier de la Berrichonne.

Et maintenant ?

Pour Châteauroux, l’enjeu est double : assurer son maintien en Ligue 3 d’ici le terme de la saison, puis trouver un équilibre financier pérenne malgré les sanctions de la DNCG. Côté Tours, l’Union Foot Touraine, en pleine construction, pourrait profiter des difficultés de son rival pour s’imposer comme la nouvelle référence du football régional. Les prochains jours devraient apporter des éléments de réponse sur l’issue de cette crise, tant sportive que médiatique.

Reste à savoir si ces déclarations vont aggraver les tensions entre les deux clubs ou, au contraire, servir de catalyseur pour une réconciliation nécessaire dans un football régional en pleine mutation.