Quatre cents personnes privées de logement à Rome depuis la fin du mois de juillet. C’est l’une des conséquences directes de l’incendie qui a ravagé le centre social autogéré Spin Time, symbole des luttes de gauche dans la capitale italienne. Selon nos confrères du Monde, l’évacuation des occupants a été ordonnée dans la foulée des flammes, laissant le bâtiment dans un état de délabrement avancé. L’avenir du lieu, qui abritait depuis des années des militants, des artistes et des personnes en situation de précarité, se retrouve aujourd’hui suspendu à la volonté politique du gouvernement de Giorgia Meloni. Le centre, fréquenté par des centaines de personnes chaque jour, incarnait une alternative sociale et culturelle dans un quartier populaire de Rome.

Ce qu'il faut retenir

  • Le centre social Spin Time, situé à Rome, a été évacué après un incendie survenu fin juillet 2026.
  • L’incendie a contraint 400 personnes à quitter les lieux, où elles vivaient ou travaillaient.
  • Le bâtiment, autogéré depuis des années, était un symbole des luttes sociales et culturelles de gauche en Italie.
  • Le gouvernement de Giorgia Meloni a fait de la fermeture de tels établissements l’une de ses priorités, plaçant Spin Time dans le viseur des autorités.
  • L’état du bâtiment, endommagé par les flammes, rend incertain son avenir et celui des occupants.

Un symbole de la contestation sociale menacé par la politique gouvernementale

Spin Time n’est pas un simple lieu de vie : c’est un espace autogéré qui, depuis plus de dix ans, accueille des ateliers, des concerts, des distributions de nourriture et des réunions militantes. Selon le Monde, le centre était déjà dans le collimateur des autorités locales avant même l’incendie. Désormais, la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, a clairement affiché sa volonté de démanteler ce type d’établissements, qu’elle qualifie régulièrement de « foyers de désordre » et de « menaces pour l’ordre public ». « Spin Time était bien plus qu’un bâtiment : c’était un projet de société », a rappelé un ancien occupant au Monde. L’incendie, survenu dans la nuit du 25 au 26 juillet, a réduit en cendres des années de mobilisation et de solidarité.

L’incendie, un drame aux conséquences immédiates et durables

L’incendie s’est déclaré vers 3 heures du matin, selon les rapports des pompiers romains. Malgré l’intervention rapide des secours, le feu a détruit une grande partie des structures internes du bâtiment, rendant impossible toute réoccupation dans l’immédiat. Les 400 personnes évacuées ont été relogées dans des structures d’urgence ou auprès de proches, mais beaucoup ignorent encore où elles pourront se réinstaller à long terme. Les autorités locales ont ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes de l’incendie, sans écarter la piste accidentelle. Pourtant, dès les premiers jours, des rumeurs ont circulé dans les milieux militants, évoquant une possible origine criminelle. « On ne peut pas exclure qu’il s’agisse d’un acte de sabotage », a déclaré une militante sous couvert d’anonymat. La question reste en suspens, alors que les tensions entre les collectifs de gauche et le gouvernement s’intensifient.

Spin Time dans le viseur de Rome et de l’extrême droite au pouvoir

Dès son arrivée au pouvoir en 2022, le gouvernement Meloni a multiplié les pressions sur les centres sociaux autogérés, qu’elle accuse de « favoriser l’anarchie » et de « détourner des fonds publics ». Spin Time, en particulier, était dans le collimateur des autorités locales depuis 2024, date à laquelle la mairie de Rome, dirigée par une coalition de centre droit, avait tenté de le fermer pour des raisons administratives. Une décision finalement bloquée par la justice. « Ils veulent nous faire taire, mais ils ne réussiront pas », a réagi un membre du collectif Spin Time au Monde. Aujourd’hui, avec l’incendie et l’évacuation forcée, la situation est plus critique que jamais. Les défenseurs du centre appellent à une mobilisation nationale pour sauver le lieu, tandis que les autorités pourraient décider de sa demolition pure et simple, au nom de la « sécurité publique ».

Et maintenant ?

La prochaine étape devrait être la publication du rapport des pompiers, attendu d’ici deux semaines, qui pourrait éclairer les causes de l’incendie. Parallèlement, une décision administrative concernant l’avenir du bâtiment est attendue avant la fin septembre. Le collectif Spin Time a d’ores et déjà lancé une pétition pour demander sa réouverture, tandis que la mairie de Rome n’a pas encore tranché. Bref, l’affaire s’annonce comme un nouveau bras de fer entre les militants et le gouvernement.

Quant aux 400 personnes évacuées, leur situation reste précaire. Certaines pourraient être relogées dans des structures associatives, mais beaucoup craignent de se retrouver à la rue. Spin Time, lui, pourrait bien disparaître des paysages romain et italien, emportant avec lui une partie de l’histoire militante du pays.

Giorgia Meloni et son gouvernement considèrent les centres sociaux autogérés comme des « foyers de désordre » et des « menaces pour l’ordre public ». Ils les accusent également de détourner des fonds publics et de favoriser l’anarchie. Spin Time, en particulier, était ciblé depuis 2024 pour des raisons administratives, avant même l’incendie.