Sur le parvis de la gare RER de Saint-Denis, dimanche 31 août 2026, une centaine de militants se sont rassemblés pour lancer une « Alliance des numéros 10 des quartiers populaires ». L’initiative, portée par le député LFI du Val-d’Oise Carlos Martens Billongo et le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, vise à lutter contre l’abstention en vue de l’élection présidentielle de 2027, dans un contexte où l’extrême droite domine les intentions de vote. Selon nos confrères du Figaro, environ trois cents personnes ont participé à ce rassemblement, bien que la majorité des passants aient poursuivi leur route sans s’arrêter.
Ce qu'il faut retenir
- Une alliance symbolique : LFI et le maire de Saint-Denis ont choisi le numéro 10, en référence au meneur de jeu au football, pour incarner une dynamique collective.
- Objectif chiffré : Les initiateurs estiment que gagner entre cinq et dix points de participation suffirait à faire basculer l’élection et à contrer l’extrême droite.
- Cible prioritaire : Les quartiers populaires, où le désamour pour la politique est particulièrement marqué, selon Carlos Martens Billongo.
- Prochaines étapes : Des rassemblements sont prévus à Marseille, Strasbourg et Toulouse dans les prochaines semaines.
- Contexte politique : Un sondage Elabe publié la veille plaçait Marine Le Pen en tête des intentions de vote au premier tour, devant Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon.
Une mobilisation sportive et politique
L’alliance se revendique d’une logique sportive, inspirée du rôle du numéro 10 au football. « Le numéro 10, c’est celui qui impulse la dynamique collective et rallie tout le monde », a expliqué Carlos Martens Billongo, député LFI du Val-d’Oise. Cette métaphore a été reprise par Régine Kimokoli, élue LFI à Rennes, qui a lancé : « Le match ne se jouera pas sans nous. » La mobilisation vise à redonner une voix aux habitants des quartiers populaires, souvent désengagés de la politique.
Parmi les militants présents, Abassi-Keysi Seck, cuisinier de 22 ans originaire des Yvelines, a témoigné de son engagement. « Si nous, on ne se soucie pas de la politique, la politique, elle se soucie de nous », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de la participation pour peser dans les débats.
Bally Bagayoko et LFI ciblent l’égalité réelle et la lutte contre le racisme
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a pris la parole en premier lors du rassemblement. Il a rappelé vouloir « obtenir l’égalité réelle » pour les habitants des quartiers populaires et « attaquer de manière indéfectible la question du racisme ». Lui-même a été la cible de propos racistes depuis son élection, un contexte qui renforce son engagement contre l’extrême droite. « On est en danger parce que la République recule », a alerté Sébastien Delogu, député LFI de Marseille, présent à Saint-Denis. Il a appelé « les grands frères de tous les quartiers de France à se réveiller », insistant sur la nécessité de contrer la montée du Rassemblement national.
Un désamour généralisé envers la politique
Carlos Martens Billongo a tenté d’analyser les raisons de la désaffection des électeurs. « Il faut comprendre pourquoi il existe un désamour : parce que les gens sont déçus de la politique », a-t-il indiqué. Selon lui, une participation accrue de cinq à dix points pourrait suffire à faire basculer l’élection en faveur de la gauche. « Si on gagne cinq, dix points de participation, on gagne l’élection et on bat l’extrême droite », a-t-il affirmé aux journalistes présents. Cette stratégie s’appuie sur l’idée que les quartiers populaires, s’ils se mobilisent, pourraient devenir un levier décisif dans la présidentielle.
Des rassemblements dans plusieurs grandes villes
L’alliance a annoncé son intention d’organiser des meetings dans d’autres villes stratégiques. Marseille, Strasbourg et Toulouse figurent parmi les premières étapes prévues. Sébastien Delogu a insisté sur l’urgence de cette mobilisation : « Vraiment, on est en danger parce que la République est en train de reculer. » Cette stratégie de terrain s’inscrit dans une volonté de contrer la dynamique électorale du RN, qui domine les intentions de vote selon le dernier sondage Elabe.
Cette initiative illustre les efforts de la gauche radicale pour reconquérir un électorat souvent en marge du débat politique. Le succès de cette alliance dépendra en grande partie de sa capacité à transformer l’essai d’ici aux prochaines échéances électorales.
Le numéro 10 fait référence au meneur de jeu au football, un joueur capable d’impulser une dynamique collective et de fédérer autour de lui. Les initiateurs de l’alliance ont souhaité transposer cette image à la politique, en insistant sur le rôle central des habitants des quartiers populaires dans la mobilisation électorale.