Le district autonome d’Abidjan a lancé, mardi 2 juin 2026, une nouvelle opération de « rétablissement de l’ordre urbain » en rasant le quartier Zimbabwe, situé à Vridi-3, selon RFI. Cette opération, qui intervient une dizaine de jours après la destruction de trois quartiers précaires de Cocody, a entraîné le délogement sans ménagement de milliers d’habitants d’un quartier de pêcheurs couvrant 28 hectares, situé à proximité immédiate du port autonome d’Abidjan.
Ce qu'il faut retenir
- Le district autonome d’Abidjan a lancé une opération de « rétablissement de l’ordre urbain » mardi 2 juin 2026 dans le quartier Zimbabwe à Vridi-3.
- Cette opération fait suite à la destruction de trois quartiers précaires de Cocody, intervenue une dizaine de jours plus tôt.
- Le quartier Zimbabwe, d’une superficie de 28 hectares, abritait principalement des pêcheurs et se trouve à proximité du port autonome d’Abidjan.
- Plusieurs milliers d’habitants ont été délogés de force dans le cadre de cette opération.
Une opération de « rétablissement de l’ordre urbain » ciblant les quartiers précaires
Le district autonome d’Abidjan a justifié cette opération par la nécessité de « rétablir l’ordre urbain » dans la capitale économique ivoirienne. Selon les autorités locales, cette démarche s’inscrit dans une politique plus large de lutte contre l’occupation illégale des terrains et de régularisation des espaces urbains. Le quartier Zimbabwe, également connu sous le nom de Vridi-3, est l’un des nombreux quartiers précaires de la ville, souvent construits sans autorisation et en violation des règles d’urbanisme.
Cette opération n’est pas isolée : elle intervient seulement dix jours après la destruction de trois quartiers précaires situés à Cocody, un autre district d’Abidjan. Ces démolitions successives illustrent une volonté affirmée des autorités ivoiriennes de réorganiser l’espace urbain, quitte à déplacer des populations entières. Les habitants concernés, majoritairement des pêcheurs et des petits commerçants, n’ont pas toujours les moyens de se reloger dans des conditions décentes.
Un quartier historique de pêcheurs au cœur de l’opération
Le quartier Zimbabwe, d’une superficie de 28 hectares, est un ancien quartier de pêcheurs situé à quelques encablures du port autonome d’Abidjan. Ce secteur, marqué par une forte densité de population et une occupation souvent informelle des sols, a longtemps été considéré comme un point de tension en matière d’urbanisme. Sa proximité avec le port, un des principaux hubs économiques du pays, en fait un enjeu stratégique pour les autorités locales.
Selon des témoignages recueillis par RFI, les opérations de délogement ont été menées sans préavis, laissant les habitants sans solution de relogement immédiate. « Les forces de l’ordre sont arrivées tôt le matin et ont commencé à raser les habitations sans qu’on ait eu le temps de récupérer nos affaires », a témoigné un habitant sous couvert d’anonymat. Les autorités, contactées par RFI, n’ont pas encore communiqué sur les modalités de relogement ou d’indemnisation des populations affectées.
Un contexte de tensions récurrentes autour des opérations de déguerpissement
Les opérations de déguerpissement menées par le district autonome d’Abidjan s’inscrivent dans un contexte plus large de pression foncière et de densification urbaine. La capitale économique ivoirienne, en pleine expansion, doit faire face à une demande croissante en logements et en infrastructures, souvent au détriment des quartiers informels. Ces opérations, bien que justifiées par les autorités comme nécessaires à l’ordre urbain, suscitent régulièrement des critiques quant à leur gestion et à leur impact sur les populations vulnérables.
Des associations de défense des droits humains ont déjà dénoncé à plusieurs reprises les conditions dans lesquelles ces déguerpissements sont réalisés, pointant du doigt l’absence de concertation préalable et de solutions de relogement. « Ces opérations doivent s’accompagner de mesures sociales pour éviter de jeter des familles à la rue », a rappelé une responsable d’une ONG locale, contactée par RFI.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de réorganisation spatiale à Abidjan, où les besoins en infrastructures et en logements se heurtent à la réalité des quartiers informels. Reste à voir si cette politique parviendra à concilier impératifs urbanistiques et respect des droits des populations déplacées.