Selon BFM Bourse, l'action de la biotech française Abivax a enregistré une progression spectaculaire de plus de 35 % à la Bourse de Paris ce mardi 30 juin 2026. Cette hausse intervient au lendemain de la publication de résultats cliniques complémentaires jugés positifs pour son candidat-médicament, l'obefazimod, un traitement expérimental contre la rectocolite hémorragique.
Ces données, issues de la seconde partie d'un essai de phase III en maintenance, confirment un bénéfice clinique significatif chez des patients réfractaires, tout en atténuant les craintes liées à d'éventuels risques de tumeurs malignes. Autant dire que le marché a réagi avec enthousiasme : en un an, le titre a bondi de plus de 1 700 %, malgré un recul temporaire début juin.
Ce qu'il faut retenir
- L'obefazimod est un candidat-médicament d'Abivax destiné à traiter la rectocolite hémorragique, une maladie inflammatoire chronique de la muqueuse intestinale touchant 2 millions de personnes (1 million aux États-Unis et 1 million en Europe).
- En 2025, Abivax a connu une percée médiatique avec ce traitement, suscitant l'espoir d'une future commercialisation après des résultats cliniques prometteurs.
- Début juin 2026, l'action avait chuté de 43,6 % en une journée après la publication de trois cas de cancers (prostate, sein, côlon) chez des patients sous la dose la plus élevée, bien que ces cas aient été jugés non liés au traitement.
- Les nouveaux résultats, publiés le 29 juin 2026 après clôture des marchés, concernent une cohorte de 371 patients supplémentaires, incluant des non-répondeurs au traitement d'induction ou des patients ayant rechuté.
- Parmi les patients non répondeurs, 37,2 % ont atteint une rémission clinique et 34,5 % une rémission endoscopique après 44 semaines sous obefazimod 50 mg.
- Chez les patients ayant rechuté, 45,5 % ont retrouvé une rémission clinique après augmentation de la dose à 50 mg.
- L'action Abivax a progressé de plus de 35 % en Bourse de Paris le 30 juin, et de plus de 26 % en post-clôture au Nasdaq.
- Abivax prévoit de déposer une demande d'autorisation de mise sur le marché (NDA) aux États-Unis d'ici la fin de l'année 2026.
Un traitement prometteur face à une maladie invalidante
La rectocolite hémorragique, maladie inflammatoire chronique de l'intestin, touche environ 1 million de personnes de chaque côté de l'Atlantique. Ses symptômes — douleurs abdominales, diarrhées sanglantes, fatigue chronique — altèrent profondément la qualité de vie des patients. Face à l'absence de traitement curatif, les thérapies actuelles visent à induire et maintenir une rémission, mais une partie des malades restent réfractaires aux solutions existantes.
C'est dans ce contexte qu'Abivax a positionné l'obefazimod comme une alternative potentielle. Selon les données cliniques publiées en 2025, la molécule agirait en modulant la réponse immunitaire, cible des maladies auto-immunes comme la rectocolite hémorragique. Les résultats de la première partie de l'essai ABTECT (phase III en maintenance) avaient déjà montré une efficacité « très solide », selon les analystes d'Allinvest Securities.
Les craintes liées aux cancers temporairement apaisées
Le 2 juin 2026, la publication des premiers résultats de l'essai ABTECT a provoqué un vent de panique sur les marchés. Trois cas de cancers avaient été signalés chez des patients sous obefazimod 50 mg, déclenchant une chute de 43,6 % du titre Abivax. Pourtant, les investigateurs avaient rapidement précisé que ces cas n'étaient pas liés au traitement, rappelant que la rectocolite hémorragique elle-même augmente le risque de cancers digestifs.
Cette clarification n'avait pas suffi à rassurer totalement les investisseurs. Mais les nouvelles données, publiées le 29 juin, ont levé une partie des doutes. En élargissant l'analyse à une population plus large et plus réfractaire — incluant 371 patients supplémentaires — Abivax a montré que l'obefazimod maintenait son efficacité sans signal de sécurité inquiétant. « L'élargissement de la base de données sur la sécurité atténue considérablement les inquiétudes liées au risque de tumeurs malignes », a souligné Stifel dans une note aux clients.
« Les résultats d'efficacité montrent une amélioration significative chez les patients n'ayant pas répondu au traitement d'induction et chez ceux ayant fait une rechute, tandis que l'élargissement de la base de données sur la sécurité rassure sur les craintes liées aux tumeurs malignes. »
— Stifel, analyste financier
Des chiffres encourageants malgré un contexte toujours risqué
Les résultats détaillés de la seconde partie de l'essai ABTECT confirment l'intérêt de l'obefazimod. Chez les patients non répondeurs au traitement initial, 37,2 % ont atteint une rémission clinique après 44 semaines sous 50 mg, contre 34,5 % pour la rémission endoscopique. Chez ceux ayant rechuté, 45,5 % ont retrouvé une rémission clinique après une augmentation de dose.
Ces chiffres, bien qu'encourageants, ne suffisent pas à écarter tous les risques aux yeux de certains analystes. Jefferies, cité par Reuters, salue une « mise à jour rassurante », mais s'interroge : « Le risque de cancer pourrait rester difficile à écarter totalement, et les besoins en trésorerie d'Abivax, ainsi que l'absence de catalyseurs en dehors des fusions-acquisitions, pourraient peser sur la confiance des investisseurs. »
Une action en forte volatilité, mais une thèse d'investissement toujours solide
La réaction des marchés a été immédiate : après la clôture des marchés américains le 29 juin, l'action Abivax a progressé de plus de 26 % en post-clôture au Nasdaq. À Paris, le titre a bondi de plus de 35 % dès l'ouverture le 30 juin, portant sa progression sur un an à plus de 1 700 %, un rythme bien supérieur à celui du CAC 40 (+69,12 % sur la même période).
Cette volatilité reflète à la fois l'enthousiasme des investisseurs pour un secteur en pleine expansion — la biotech — et les incertitudes persistantes autour de la molécule d'Abivax. Pourtant, la direction de l'entreprise maintient son calendrier : une demande d'autorisation de mise sur le marché (NDA) aux États-Unis est toujours prévue d'ici la fin de l'année 2026, après une réunion de pré-NDA déjà organisée.
Reste à voir si ces résultats suffiront à convaincre les régulateurs et les investisseurs de l'innocuité totale de l'obefazimod. Une chose est sûre : la biotech française, après une année 2025 marquée par l'espoir et un début 2026 tourmenté, a désormais l'occasion de confirmer sa place parmi les acteurs majeurs de la lutte contre les maladies inflammatoires chroniques.
L'obefazimod agit en modulant la réponse immunitaire, un mécanisme clé dans les maladies inflammatoires chroniques comme la rectocolite hémorragique. Les essais cliniques ont montré qu'il permet d'induire et de maintenir une rémission chez une partie des patients réfractaires aux traitements existants, avec des taux de rémission clinique et endoscopique significatifs après 44 semaines de traitement.
Abivax prévoit de déposer une demande d'autorisation de mise sur le marché (NDA) aux États-Unis d'ici la fin 2026. Une réunion de pré-NDA a déjà eu lieu avec la FDA, ce qui accélère le processus. Les prochaines étapes dépendront des retours des autorités sanitaires et des données définitives de l'essai ABTECT.