Selon Numerama, la question du silence de Link dans le prochain film live-action The Legend of Zelda agite la communauté des joueurs. Takaya Imamura, ancien directeur artistique chez Nintendo et figure centrale de la saga, a pris position en faveur du maintien du mutisme du héros, une caractéristique historique de la franchise.

Ce qu'il faut retenir

  • Link n’a jamais parlé dans les jeux vidéo depuis 40 ans, une tradition que certains fans souhaitent voir respectée dans l’adaptation cinématographique.
  • Takaya Imamura, créateur de personnages comme Tingle dans Majora’s Mask, craint que la voix de Link ne brise la « magie » de la saga.
  • Le casting a été dévoilé : Benjamin Evan Ainsworth incarnera Link, tandis que Bo Bragason jouera la princesse Zelda.
  • Le film, produit par Nintendo et Sony Pictures, devrait sortir prochainement, après le succès relatif de Super Mario Galaxy : Le Film.

Depuis que l’adaptation cinématographique de The Legend of Zelda a été annoncée, les spéculations sur la manière dont les réalisateurs traiteront l’un des héros les plus emblématiques du jeu vidéo vont bon train. L’un des dilemmes majeurs concerne la voix de Link. Dans les jeux, le personnage reste muet, laissant le joueur interpréter ses actions sans mots. Cette absence de dialogue fait partie intégrante de l’identité de la franchise depuis son lancement en 1986. Pourtant, adapter ce silence au cinéma relève du défi : comment raconter une histoire sans que le protagoniste ne parle ?

Takaya Imamura, qui a passé 32 ans chez Nintendo avant de prendre sa retraite en 2021, a récemment partagé son avis sur la question. Dans un message publié sur X le 5 avril 2026, il a répondu à un internaute s’interrogeant sur le futur film. Sa réponse a été sans équivoque : « J’ai un peu peur qu’au moment même où Link prononcera ses premiers mots, cette ‘magie de Zelda’ que nous avons tous cultivée dans nos cœurs ne s’évanouisse soudainement. » Autrement dit, pour lui, entendre Link parler pourrait instantanément altérer la perception que les fans ont du personnage et, plus largement, de l’univers de la saga.

« J’ai un peu peur qu’au moment même où Link prononcera ses premiers mots, cette ‘magie de Zelda’ que nous avons tous cultivée dans nos cœurs ne s’évanouisse soudainement. »
— Takaya Imamura, ancien directeur artistique chez Nintendo

Cette prise de position n’est pas anodine. Imamura n’est pas un simple observateur : il a contribué à façonner l’esthétique et l’univers de The Legend of Zelda, notamment en tant que directeur artistique sur Majora’s Mask et en créant des personnages comme Tingle. Son attachement à la franchise est donc profond, tout comme sa conviction que le silence de Link est un pilier de son identité.

Le choix de donner une voix à Link ou de le maintenir muet ne relève pas seulement de l’esthétique. Il s’agit aussi d’un pari sur la réception du film par les fans. Ces derniers, habitués depuis des décennies à interpréter eux-mêmes les intentions du héros, pourraient en effet être déstabilisés par une version parlante. Comme le souligne Imamura, l’effet pourrait être immédiat : « Peut-être qu’on finira par s’y faire, mais les premières secondes risquent en effet d’être déroutantes. »

Le casting, dévoilé récemment, ajoute une dimension supplémentaire à cette question. Benjamin Evan Ainsworth, choisi pour incarner Link, devra incarner un personnage dont le mutisme a toujours été une force narrative. Son interprétation sera scrutée à la loupe, d’autant que les premières images du film suggèrent une ressemblance frappante avec le héros des jeux. À ses côtés, Bo Bragason incarne la princesse Zelda, qui, selon les premières annonces, devrait prendre une part active dans l’action, voire se battre.

Ce n’est pas la première fois qu’une adaptation cinématographique d’un jeu vidéo doit composer avec l’héritage de ses personnages. Le cas de Super Mario Galaxy : Le Film, sorti en 2024, avait déjà posé la question de la fidélité aux sources. Si le film avait reçu des critiques mitigées, il avait globalement rassuré sur la capacité des studios à adapter des licences aussi iconiques. Pour The Legend of Zelda, l’enjeu est d’autant plus important que la saga occupe une place centrale dans l’histoire du jeu vidéo.

Et maintenant ?

Le film est actuellement en post-production, et les premières projections tests pourraient donner des indices sur la manière dont les scénaristes ont résolu le dilemme de la voix de Link. Une chose est sûre : Nintendo et Sony Pictures devront trouver un équilibre entre fidélité à l’esprit des jeux et contraintes narratives du cinéma. Le résultat, quel qu’il soit, sera probablement commenté pendant des années par les fans.

Quoi qu’il en soit, la décision finale appartiendra aux réalisateurs et aux scénaristes. Leur défi consistera à respecter l’héritage de la saga tout en offrant une expérience cinématographique cohérente. Les prochains mois devraient apporter des réponses, notamment lors de la sortie des premières bandes-annonces définitives ou lors des projections en avant-première.

Link est muet depuis le premier The Legend of Zelda en 1986. Ce choix permet aux joueurs de s’identifier au personnage et de projeter leurs propres émotions dans ses actions. Il s’agit d’une convention narrative propre à la franchise, qui a contribué à forger son identité.