Selon BFM - Faits Divers, l’ancien policier Gilles Galloux, qui travaille aujourd’hui à son compte sur l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès, a catégoriquement rejeté ce mercredi 3 juin 2026 la théorie selon laquelle le fugitif aurait continué à poster sur des forums jusqu’en 2017. Cette hypothèse, relancée par des investigations récentes du quotidien Ouest France, repose sur l’activité présumée d’un compte anonyme baptisé « Epsilon », actif après la disparition de la famille en 2011. Pour Galloux, cette piste ne tient pas la route : « Un vieux nanar », a-t-il lancé lors de son passage sur Europe 1.

Dans le cadre de ses recherches sur les profils en ligne de Dupont de Ligonnès, le quotidien Ouest France a mis en lumière un troisième compte, inconnu jusqu’alors, présentant selon ses analyses « de très fortes similitudes » avec les pseudonymes « Chevy » et « LIGO » utilisés par le suspect avant sa fuite. Le plus surprenant ? Ce compte, baptisé « Epsilon », aurait été actif jusqu’en 2017 – soit six ans après la découverte des corps de son épouse et de ses quatre enfants, enterrés sous la terrasse du domicile nantais. Une chronologie qui suggère, pour certains, que l’homme pourrait être toujours en vie.

Ce qu'il faut retenir

  • Xavier Dupont de Ligonnès est recherché depuis 2011 pour la disparition de sa famille, retrouvée enterrée sous la terrasse de leur maison à Nantes.
  • Un compte anonyme, « Epsilon », aurait été actif jusqu’en 2017 selon Ouest France, présentant des similitudes avec les pseudonymes utilisés par le suspect avant sa disparition.
  • Gilles Galloux, ancien enquêteur de police judiciaire spécialisé en cybercriminalité, a réfuté cette théorie, affirmant que « Epsilon » n’a jamais utilisé les mêmes adresses IP que Dupont de Ligonnès.
  • Le procureur de la République de Nantes a indiqué que le juge d’instruction saisie de l’affaire ordonnera les vérifications nécessaires.
  • Galloux privilégie la piste d’une fuite à l’étranger, évoquant notamment une possible présence aux États-Unis, où un nouvel appel à témoins a été lancé en mars 2026 dans le comté de Brewster, au Texas.

Une théorie relancée par une activité en ligne postérieure à la découverte des corps

Avant que les enquêteurs ne localisent les restes de son épouse, Agnès Dupont de Ligonnès, et de leurs quatre enfants – Arthur, Thomas, Anne et Benoît –, tués entre le 3 et le 5 avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès s’exprimait régulièrement sur des forums religieux sous les pseudonymes « Chevy » et « LIGO ». Ces échanges, analysés par les autorités à l’époque, avaient permis de retracer partiellement ses déplacements avant sa disparition.

C’est dans ce contexte que Ouest France a révélé l’existence d’un troisième compte, « Epsilon », dont l’activité se serait prolongée jusqu’en 2017. Pour les journalistes, ce compte présenterait des « très fortes similitudes » avec les deux autres profils, tant dans le style d’écriture que dans les centres d’intérêt religieux. Une coïncidence troublante, qui a alimenté les spéculations sur une éventuelle survie du fugitif. Selon les éléments recueillis, « Epsilon » aurait posté pour la dernière fois en 2017, bien après l’expiration des délais de prescription pour les crimes commis.

Gilles Galloux, ancien enquêteur, démolit la piste Epsilon

Interrogé ce 3 juin 2026 sur Europe 1, Gilles Galloux a balayé d’un revers de main cette hypothèse, la qualifiant de « vieux nanar ». Pour lui, la théorie du compte « Epsilon » relève de la pure spéculation. « Je n’y crois pas une seconde, parce que j’ai bossé sur les profils de Ligonnès. Je connais ses adresses IP et je sais très bien que Epsilon n’a jamais utilisé une seule d’entre elles », a-t-il déclaré. Galloux, qui avait participé aux débuts de la traque en 2011, affirme avoir « fermé la piste Epsilon en 2011 et l’avoir aussi fermée en 2024 » lors de ses propres investigations.

Spécialiste de la cybercriminalité, l’ancien policier rappelle que l’analyse des adresses IP et des métadonnées des publications en ligne est une science précise. Pour lui, les similitudes de style ou de contenu entre les comptes ne suffisent pas à établir un lien formel avec Dupont de Ligonnès. « Un profil peut imiter un autre sans pour autant être celui de la personne recherchée », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de preuves techniques irréfutables.

Le parquet nantais ordonne des vérifications, mais reste prudent

Face à ces révélations, le procureur de la République de Nantes a pris position. Dans un communiqué transmis à la presse, il a indiqué que « le juge d’instruction saisi de ces faits fera procéder par les enquêteurs aux vérifications qu’il convient de faire à ce sujet ». Aucune précision n’a été donnée sur la méthode employée ou les délais envisagés pour ces investigations complémentaires.

Cette prudence est compréhensible au regard de l’ancienneté des faits. Les disparitions remontent à 2011, et l’enquête a déjà connu plusieurs rebondissements, notamment avec la découverte des corps en septembre 2011. Depuis, les pistes se sont multipliées, des signalements aux États-Unis à la piste d’une fuite en Amérique du Sud, sans jamais aboutir à une arrestation ou à une confirmation tangible de la survie de Dupont de Ligonnès.

Galloux privilégie la piste américaine et les réseaux de fugitifs

Pour Gilles Galloux, qui poursuit ses propres recherches, la fuite de Dupont de Ligonnès vers les États-Unis reste l’hypothèse la plus plausible. Il évoque notamment la piste d’un réseau organisé de fugitifs, capable de fournir une nouvelle identité et un soutien logistique à des individus en cavale. Cette théorie s’appuie sur des signalements reçus ces dernières années, notamment dans l’État du Texas, où un appel à témoins a été relancé en mars 2026 dans le comté de Brewster.

Dans ce contexte, Galloux a confirmé avoir identifié des éléments suggérant une possible présence de Dupont de Ligonnès aux États-Unis après 2011. « On a des indices qui méritent d’être creusés, mais rien de concluant pour l’instant », a-t-il précisé. Ces investigations, menées en parallèle de celles des autorités, pourraient-elles un jour apporter des réponses définitives ? Rien n’est moins sûr, mais elles alimentent les espoirs d’une résolution de l’affaire.

Et maintenant ?

Les vérifications ordonnées par le procureur de Nantes sur la piste du compte « Epsilon » pourraient prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon la complexité des analyses techniques requises. Parallèlement, les investigations de Gilles Galloux et les appels à témoins aux États-Unis devraient se poursuivre, avec une attention particulière portée sur les signalements récents dans le comté de Brewster. Pour l’instant, aucune date butoir n’a été fixée pour une possible résolution de l’affaire, qui reste marquée par l’absence de preuves tangibles depuis plus de quinze ans.

Une chose est sûre : la théorie du compte actif jusqu’en 2017, bien que médiatisée, ne convainc pas les acteurs principaux de l’enquête. Reste à savoir si les nouvelles vérifications apporteront des éléments concrets ou si, une fois encore, l’affaire Dupont de Ligonnès restera enveloppée de mystère.

C’est le quotidien Ouest France qui a révélé l’existence de ce compte anonyme, actif jusqu’en 2017, dans le cadre d’une enquête approfondie sur les profils en ligne de Xavier Dupont de Ligonnès. Les similitudes de style et de contenu avec les pseudonymes « Chevy » et « LIGO » ont suscité des interrogations sur une possible survie du fugitif.