Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, a vivement critiqué mardi le traitement judiciaire réservé à François Fillon, candidat à la présidentielle de 2017. Selon nos confrères de BFM - Politique, il a estimé que « ce qu’on lui a fait en matière judiciaire est assez scandaleux ». Une déclaration qui s’inscrit dans un contexte politique déjà particulièrement tendu, alors que les préparatifs pour le scrutin de 2027 s’intensifient.
Cette intervention de Guaino survient alors que la campagne électorale de 2027 s’annonce comme l’une des plus complexes de la Cinquième République. « C’est la pire campagne présidentielle de la cinquième République », a-t-il également souligné, évoquant une fragmentation accrue du paysage politique et une défiance croissante des électeurs envers les institutions.
Ce qu'il faut retenir
- François Fillon a fait l’objet de critiques judiciaires lors de la précédente présidentielle, selon Henri Guaino, son ancien soutien politique.
- Guaino qualifie le traitement judiciaire de Fillon de « scandaleux », relançant le débat sur l’équité du système.
- La présidentielle de 2027 est qualifiée de « pire » par Guaino en raison de la polarisation extrême et de la défiance institutionnelle.
- Édouard Philippe, candidat du parti Horizons, multiplie les déclarations sur l’immigration, la réforme des retraites et la nécessité d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale.
- Gérald Darmanin, ministre de la Justice, soutient Philippe comme le seul candidat capable de remporter l’élection et d’obtenir une majorité parlementaire.
Guaino critique le traitement judiciaire de Fillon et juge la présidentielle 2027 comme un « pire scénario »
Henri Guaino, figure historique de la droite sarkozyste, a rompu le silence mardi pour défendre François Fillon, dont il fut l’un des plus proches collaborateurs. Intervenant dans les médias, il a vivement dénoncé le traitement judiciaire subi par l’ancien Premier ministre, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2017. « Ce qu’on lui a fait en matière judiciaire est assez scandaleux », a-t-il affirmé, sans préciser s’il faisait référence aux poursuites judiciaires elles-mêmes ou à leur médiatisation. — Autant dire que cette affaire continue de peser sur la perception publique de Fillon et, plus largement, sur la crédibilité des institutions.
Guaino n’a pas hésité à dresser un constat sévère de la campagne en préparation pour 2027. Selon lui, « c’est la pire campagne présidentielle de la cinquième République ». Une déclaration qui, si elle reflète une inquiétude réelle, s’inscrit aussi dans un contexte de défiance généralisée envers les partis traditionnels et les élites politiques. Le conseiller historique de Sarkozy a ainsi pointé du doigt la polarisation extrême du débat public et l’incapacité des responsables politiques à proposer des solutions consensuelles.
Édouard Philippe, candidat Horizons, s’impose comme une figure centrale du débat
Face à cette morosité ambiante, Édouard Philippe, ancien Premier ministre et fondateur du parti Horizons, s’affirme comme l’un des principaux candidats à la présidentielle de 2027. D’après nos confrères de BFM - Politique, il a multiplié les prises de parole ces derniers jours, abordant des sujets clés comme l’immigration, les retraites et la nécessité d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. « Je veux qu’on choisisse notre immigration », a-t-il lancé, insistant sur la nécessité de reprendre le contrôle des flux migratoires. Une position qui s’inscrit dans la ligne d’un discours sécuritaire et souverainiste, de plus en plus prisé dans une partie de l’électorat de droite.
Philippe a également rappelé l’importance d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale pour mener à bien les réformes. « Sans majorité absolue à l’Assemblée nationale, rien de grand n’est possible », a-t-il souligné, une déclaration qui vise autant ses concurrents directs que les partisans d’une stratégie de compromis avec d’autres forces politiques. Parallèlement, il a critiqué les propositions de Marine Le Pen en matière de retraites, estimant qu’elle avait « inventé la réforme qui aggrave le déficit ». Un argument destiné à discréditer la candidate d’extrême droite et à séduire les modérés de la droite républicaine.
Darmanin et Le Pen dans le débat : entre soutien à Philippe et critiques ciblées
Gérald Darmanin, ministre de la Justice et figure majeure de la droite, a apporté son soutien public à Édouard Philippe. Selon BFM - Politique, il a déclaré que ce dernier était « le seul qui peut gagner l’élection présidentielle et avoir une majorité à l’Assemblée nationale ». Une affirmation qui, si elle sert les ambitions de Philippe, vise aussi à marginaliser d’autres prétendants, comme Éric Zemmour ou Marine Le Pen. Darmanin a également insisté sur les qualités de Philippe, soulignant : « Son honnêteté, sa droiture et ses qualités d’homme font que ce sera un très grand président de la République. » Une éloge qui, s’il est sincère, s’inscrit aussi dans une logique de soutien stratégique.
Côté extrême droite, Marine Le Pen a été la cible des attaques d’Édouard Philippe, qui lui reproche sa politique migratoire et ses propositions économiques. Philippe a également lancé, à son encontre, une formule cinglante : « Le sang et les larmes, c’est lui », une référence directe à une phrase célèbre de François Mitterrand, détournée pour stigmatiser son adversaire. Une rhétorique qui reflète la violence du débat politique actuel, où les attaques personnelles se multiplient.
Une campagne sous haute tension, entre radicalisation et recherche de modération
Le candidat Horizons a également abordé la question de la composition de son futur gouvernement. « Dans mon gouvernement, j’irai prendre les meilleurs », a-t-il déclaré, une formule qui laisse entendre qu’il pourrait s’appuyer sur des personnalités issues de divers horizons politiques. Une stratégie destinée à rassurer les électeurs modérés tout en maintenant une ligne ferme sur les questions régaliennes. Enfin, il a réaffirmé la nécessité d’une politique migratoire « beaucoup plus ferme », une position qui contraste avec les discours plus ouverts d’une partie de la gauche et du centre.
Pourtant, malgré cette radicalisation des positions, Édouard Philippe reste perçu comme un candidat capable de fédérer au-delà de son camp. Darmanin, qui le soutient sans réserve, a insisté sur son « pragmatisme » et sa capacité à « gagner une majorité ». Une analyse qui, si elle est partagée par une partie des observateurs, n’efface pas les divisions profondes au sein de la droite et du centre, où les ambitions personnelles et les rivalités stratégiques compliquent toute alliance durable.
À suivre : les prochaines déclarations d’Édouard Philippe, les réactions de Marine Le Pen et les premières annonces de candidatures pour les primaires de la droite et du centre.
Édouard Philippe devrait multiplier les prises de parole et les déplacements pour renforcer sa stature de candidat crédible. Il pourrait également officialiser une alliance avec d’autres figures de la droite modérée d’ici la fin de l’année, avant les primaires internes.
Henri Guaino a réaffirmé son soutien à François Fillon, mais les chances d’un retour politique de l’ancien Premier ministre restent limitées, faute de soutiens suffisants dans le paysage actuel. Son influence pourrait cependant peser lors des débats internes à la droite.