Le tribunal correctionnel de Nice rendra ce mercredi 5 août sa décision dans l’affaire «Jean Pormanove», concernant deux streamers, Owen Cenazandotti – plus connu sous le pseudonyme Naruto – et Safine Hamadi. Ils sont accusés de violences volontaires dans le cadre de lives aux concepts ultraviolents, où le streamer Raphaël Graven a trouvé la mort en direct en août 2025. Cette audience marque une étape cruciale pour les deux prévenus, dont le sort judiciaire sera désormais connu, selon Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Owen Cenazandotti (Naruto) et Safine Hamadi sont jugés pour violences volontaires ayant causé la mort de Raphaël Graven lors d’un live en août 2025.
- Le tribunal correctionnel de Nice rend son verdict ce mercredi 5 août 2026.
- Les deux streamers sont accusés d’avoir participé à des concepts ultraviolents diffusés en direct.
- Raphaël Graven est décédé pendant l’un de ces streams, un drame qui avait suscité une vive émotion en ligne.
- Les peines encourues pourraient inclure des sanctions pénales en fonction de la gravité retenue par le tribunal.
Un procès aux enjeux judiciaires et médiatiques
L’affaire «Jean Pormanove» avait défrayé la chronique à l’été 2025, lorsque Raphaël Graven est mort en direct lors d’un live organisé par les streamers Owen Cenazandotti et Safine Hamadi. Les deux accusés, connus dans la communauté du streaming francophone, avaient mis en place un concept particulièrement violent, inspiré de jeux vidéo ou de défis extrêmes. Le parquet avait retenu l’hypothèse de violences volontaires ayant conduit à la mort accidentelle du streamer, selon les éléments rassemblés lors de l’enquête.
Les débats judiciaires, qui se sont tenus devant le tribunal correctionnel de Nice, ont permis d’éclaircir les responsabilités de chacun. Owen Cenazandotti et Safine Hamadi ont reconnu avoir participé à l’organisation du live, mais ont contesté l’intentionnalité des violences, arguant d’un cadre « ludique » détourné. La décision du tribunal, attendue ce 5 août, déterminera si leur responsabilité pénale est engagée.
Un drame qui a marqué l’écosystème du streaming
Le décès de Raphaël Graven n’a pas seulement soulevé des questions judiciaires. Il a également révélé les dérives potentielles des lives ultraviolents, où l’exposition au danger et la quête d’audience peuvent prendre le pas sur la sécurité des participants. Des associations de protection de l’enfance et des régulateurs du numérique avaient d’ailleurs saisi l’occasion pour alerter sur le manque de contrôle des plateformes, parfois accusées de fermer les yeux sur des contenus à risque.
Cette affaire a aussi mis en lumière les tensions au sein de la communauté des streamers, certains dénonçant une instrumentalisation de la violence à des fins de clics. Les deux prévenus, bien que populaires, ont vu leur image durablement affectée par ce drame. Leur sort judiciaire pourrait donc servir de précédent pour d’éventuelles futures affaires similaires.
Les prochaines étapes après le verdict
Quelle que soit la décision du tribunal correctionnel de Nice, les conséquences de ce verdict s’annoncent multiples. En cas de condamnation, Owen Cenazandotti et Safine Hamadi pourraient faire appel, prolongeant ainsi une procédure judiciaire déjà longue. Les familles de la victime, quant à elles, pourraient engager des poursuites civiles pour obtenir réparation, comme le permet la loi française.
Du côté des plateformes de streaming, cette affaire pourrait accélérer l’adoption de mesures plus strictes, comme l’obligation de modération renforcée ou la suspension systématique des lives jugés à risque. Les autorités pourraient aussi renforcer leur collaboration avec les régulateurs, afin de mieux encadrer un secteur où l’innovation technologique dépasse parfois la protection des utilisateurs.
Quoi qu’il en soit, cette affaire rappelle les limites éthiques et légales du streaming, un secteur en pleine expansion mais encore peu régulé. Les prochaines semaines diront si cette décision judiciaire marquera un tournant pour l’ensemble de l’industrie.
Les peines maximales pour violences volontaires ayant causé la mort sans intention de la donner s’élèvent à 15 ans de réclusion criminelle en France. Cependant, le tribunal correctionnel de Nice pourrait prononcer une peine moindre, voire une simple amende, selon la gravité retenue des faits et les circonstances atténuantes éventuelles.