Près de trois semaines après la découverte du corps sans vie de Lyhanna, 6 ans, dans un silo agricole à Montestruc-sur-Gers, l’affaire continue de susciter une forte émotion dans la région et au-delà, selon BFM - Faits Divers. L’enquête, toujours en cours, met en lumière plusieurs dysfonctionnements présumés, tandis que les habitants de Fleurance se préparent à une marche blanche prévue ce samedi 7 juin à 15 heures. Entre indignation collective, interrogations sur le système judiciaire et nouvelles révélations sur le profil du suspect, Jérôme Barella, les zones d’ombre persistent.

Ce qu'il faut retenir

  • Le corps de Lyhanna a été retrouvé le 20 mai 2026 dans un silo agricole à Montestruc-sur-Gers, qui n’avait jamais été fouillé les jours précédents
  • Le principal suspect, Jérôme Barella, doit être présenté une nouvelle fois à un juge d’instruction dans les prochains jours
  • Une marche blanche est organisée ce samedi 7 juin à 15 heures à Fleurance, où vivait la fillette
  • Plusieurs experts procéderont à des analyses complémentaires sur le corps de l’enfant
  • Des dysfonctionnements du système judiciaire sont évoqués, notamment concernant le suivi du suspect avant les faits

Un silo jamais inspecté avant la découverte du corps

L’un des éléments troublants de cette affaire réside dans le fait que le silo agricole où le corps de Lyhanna a été retrouvé n’avait jamais fait l’objet de fouilles les jours précédant sa découverte, d’après BFM - Faits Divers. Ce détail, confirmé par les autorités locales, interroge sur les procédures de recherche mises en place dans ce type d’environnement. La fillette, portée disparue le 18 mai, a été retrouvée deux jours plus tard dans un état nécessitant des analyses supplémentaires pour déterminer les causes exactes de sa mort.

Les investigations se poursuivent pour établir comment et quand son corps a été déposé dans ce lieu, alors que les premiers soupçons se portent sur Jérôme Barella, un homme de 42 ans connu des services de police pour des faits de violence antérieurs. Les autorités n’ont pas communiqué sur d’éventuels liens entre les antécédents du suspect et la disparition de l’enfant, mais plusieurs sources judiciaires évoquent une enquête complexe.

Jérôme Barella, figure centrale d’une affaire aux multiples questions

Les antécédents judiciaires de Jérôme Barella, principal suspect dans cette affaire, ont été rendus publics par les médias locaux et nationaux. Selon les informations recueillies, l’homme avait déjà été condamné pour des faits de violence, bien que les détails précis de ces condamnations n’aient pas été divulgués. BFM - Faits Divers indique que Barella doit être présenté une nouvelle fois à un juge d’instruction dans les prochains jours, une étape cruciale pour faire avancer l’enquête.

Cette présentation intervient alors que certains observateurs, comme Robin Binsard, avocat pénaliste interrogé par la chaîne, dénoncent une tendance à désigner la faute des magistrats dans ce type d’affaires. « Désigner la faute des magistrats, c’est un comportement absolument irresponsable », a-t-il affirmé, soulignant que les dysfonctionnements systémiques méritaient une analyse plus approfondie que des accusations ciblées.

Une mobilisation citoyenne et des réactions politiques

L’émotion suscitée par la mort de Lyhanna a dépassé les frontières de la région Occitanie. À Fleurance, où vivait la fillette, les habitants se préparent activement à la marche blanche prévue ce samedi. Organisée à l’initiative de la mairie et de plusieurs associations locales, cette manifestation vise à rendre hommage à Lyhanna et à exprimer le rejet de la violence envers les enfants. Plus de 500 personnes sont attendues, selon les organisateurs.

Du côté des collectifs militants, comme le collectif Enfantiste 33, l’heure est à l’action politique. Caroline Fabre, co-référente de l’association, a appelé à tirer parti de l’élan d’indignation et de tristesse pour sensibiliser l’opinion publique. « Il faut profiter de cet élan général d’indignation, de tristesse pour parler aux gens », a-t-elle déclaré, sans pour autant préciser les mesures concrètes qu’elle souhaite voir émerger.

Les traumatismes et les interrogations qui persistent

Au-delà des aspects judiciaires, l’affaire a laissé des traces profondes dans les communautés locales. À Montestruc-sur-Gers, où vivait Jérôme Barella, les habitants évoquent un sentiment de choc et d’incompréhension. Certains témoignages recueillis par les médias décrivent un climat de méfiance accru, tandis que d’autres soulignent la nécessité de protéger les enfants de la région. « On a à la fois beaucoup d’émotions, et une certaine forme de colère », a confié Francis Nachbar, ancien procureur de la République de Charleville-Mézières, lors d’un entretien avec BFM.

Parallèlement, les dysfonctionnements présumés du système judiciaire alimentent les débats. Jean-Pierre Rosenczveig, ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny, a pointé du doigt l’augmentation des budgets alloués à la justice des mineurs, sans que cela ne se traduise par une amélioration notable des résultats. « Le budget a singulièrement augmenté, mais pas à la hauteur du problème », a-t-il observé, appelant à une réflexion sur les moyens alloués à la protection de l’enfance.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de l’enquête s’annoncent déterminantes. La présentation de Jérôme Barella devant un juge d’instruction, prévue dans les prochains jours, pourrait permettre de clarifier son rôle dans la disparition de Lyhanna. Par ailleurs, les résultats des analyses complémentaires effectuées sur le corps de l’enfant pourraient apporter des éléments nouveaux sur les circonstances de sa mort. Côté mobilisation, la marche blanche de demain à Fleurance devrait renforcer la pression sur les autorités pour que justice soit rendue rapidement.

En attendant, la région reste sous le choc, et les interrogations sur les failles du système de protection de l’enfance persistent. Pour beaucoup, cette affaire rappelle l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention et de détection des violences envers les mineurs.

Selon les informations rapportées par BFM - Faits Divers, aucune procédure systématique ne semble avoir été engagée pour inspecter les silos agricoles dans les jours suivant la disparition de Lyhanna. Les autorités locales n’ont pas communiqué sur les raisons précises de cette absence de fouille, mais cet élément est désormais au cœur des investigations.