Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a exigé jeudi 11 juin la démission de Gérald Darmanin, ministre de la Justice, dans l’affaire de la mort de Lyhanna, une collégienne de 11 ans dont le corps a été retrouvé le 4 juin dans un silo agricole. Selon BFM - Politique, Bardella a estimé que « l’affaire est d’une particulière gravité » et que, « au regard de ce contexte, le chef de l’administration, c’est-à-dire le ministre de la Justice, aurait, à mon sens, dû par honneur présenter sa démission au président de la République ».
Lors d’une conférence de presse organisée à Bruxelles, le numéro deux du RN a souligné que « libre au président de la République d’accepter ou de refuser » une telle démission. Bardella a également critiqué l’absence de responsabilité dans le système judiciaire, déclarant : « Je pense que les Français ne supportent plus cette époque et cette société où plus personne n’est responsable de rien ». Il a par ailleurs plaidé pour une « perpétuité réelle » et dénoncé une « défaillance largement de l’État » dans la gestion de l’affaire.
Ce qu'il faut retenir
- Le corps de Lyhanna, 11 ans, a été découvert le 4 juin 2026 dans un silo agricole après une semaine de recherches.
- Jérôme Barella, principal suspect, avait fait l’objet de plusieurs signalements et plaintes pour violences sexuelles sur mineurs sans qu’aucune mesure ne soit prise.
- Jordan Bardella a réclamé la démission de Gérald Darmanin, ministre de la Justice, pour « dysfonctionnements » dans l’enquête.
- Gérald Darmanin a refusé toute idée de démission, selon les informations rapportées par BFM - Politique.
Une affaire qui révèle des failles judiciaires et administratives
L’affaire Lyhanna a mis en lumière les lacunes du système judiciaire français, notamment dans la prise en charge des signalements de violences sexuelles sur mineurs. Comme le rapporte BFM - Politique, Jérôme Barella, visé par plusieurs plaintes pour des faits remontant à 2019 et 2021, n’a jamais fait l’objet de mesures préventives. Pourtant, des signalements avaient été transmis aux autorités, sans que des actions concrètes ne soient engagées.
Le cas de Lyhanna n’est malheureusement pas isolé. Les associations de protection de l’enfance et une partie de la classe politique dénoncent depuis des années un manque de moyens et de réactivité des institutions. « L’État est très largement défaillant », a taclé Jordan Bardella, pointant du doigt un système où « plus personne n’est responsable ».
Une réaction politique divisée au sein du Rassemblement national
La position de Jordan Bardella tranche avec celle de Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale et potentielle candidate à l’élection présidentielle de 2027. Selon BFM - Politique, cette dernière a critiqué les appels à la démission, s’interrogeant sur les alternatives possibles si Gérald Darmanin devait quitter ses fonctions. « Qui remplacerait le garde des Sceaux ? », a-t-elle questionné, sans pour autant contester les dysfonctionnements dénoncés.
Cette divergence interne au RN illustre les tensions au sein de la famille politique d’extrême droite, entre une ligne plus radicale portée par Bardella et une approche plus mesurée défendue par Le Pen. À quelques mois d’une potentielle candidature à la présidentielle, ces prises de position pourraient peser dans la stratégie électorale du parti.
Gérald Darmanin campe sur ses positions
Face aux critiques, Gérald Darmanin a balayé toute idée de démission. Le ministre de la Justice a confirmé, lors d’une intervention publique, qu’il n’envisageait pas de quitter ses fonctions, malgré la gravité de l’affaire. « Je reste à mon poste pour assumer mes responsabilités », a-t-il déclaré, sans préciser les mesures qu’il compte prendre pour renforcer la protection des mineurs.
Cette affaire survient dans un contexte déjà tendu pour le gouvernement, alors que plusieurs ministres font l’objet de polémiques et que les critiques sur l’efficacité de l’action publique se multiplient. Certains observateurs y voient un nouveau symbole des difficultés de l’exécutif à gérer les crises judiciaires et sociales.
Sur le plan politique, l’affaire Lyhanna risque d’alimenter les débats sur la justice et la sécurité avant l’élection présidentielle de 2027. Jordan Bardella pourrait en faire un argument central de sa campagne, tandis que le gouvernement devra justifier ses choix en matière de prévention et de répression des violences. Une chose est sûre : cette affaire ne restera pas sans conséquences, tant sur le plan judiciaire que politique.
Jérôme Barella est l’homme mis en cause dans la mort de Lyhanna, 11 ans. Il a été visé par plusieurs signalements et plaintes pour violences sexuelles sur mineurs entre 2019 et 2021, mais aucune mesure préventive n’a été prise à son encontre avant la découverte du corps de la collégienne.