Une équipe de chercheurs a réalisé une découverte exceptionnelle dans les eaux glacées du nord-est du Groenland, selon Futura Sciences. Cette rencontre inattendue a livré aux chercheurs de précieuses informations sur une espèce encore méconnue et sur sa capacité à se reproduire dans des conditions extrêmes.

Dans les eaux à environ -1,6 °C, les chercheurs ont croisé un calmar bobtail arctique (Rossia moelleri) à 50 mètres sous la surface. Jamais cette espèce n'avait encore été observée dans les eaux du parc national du Nord-Est du Groenland, le plus grand parc national du monde. Mais l'animal n'était pas seul, il transportait une poche contenant une cinquantaine d'œufs.

Ce qu'il faut retenir

  • Le calmar bobtail arctique (Rossia moelleri) a été observé pour la première fois dans les eaux du parc national du Nord-Est du Groenland.
  • L'animal transportait une poche contenant environ 50 œufs.
  • Cette découverte apporte de nouvelles informations sur une espèce encore méconnue et sur sa capacité à se reproduire dans des conditions extrêmes.

Caractéristiques du calmar bobtail arctique

Rossia moelleri est la plus grande et la mieux adaptée au froid des trois espèces de calmars bobtail présentes dans l'Arctique. Malgré son apparence presque attendrissante, avec ses grands yeux globuleux, il s'agit d'un prédateur jouant un rôle important dans la chaîne alimentaire, notamment en reliant les écosystèmes vivant dans la colonne d'eau à ceux des fonds marins.

Les images capturées par le véhicule télécommandé (ROV) montrent les différents amas d’œufs observés. Le sac A renfermait environ 50 œufs, contre 33 pour le sac B et 22 pour le sac C.

Importance de la découverte

Cette observation a été réalisée lors de l'expédition Polar BLAST grâce à un véhicule télécommandé (ROV), déployé depuis un navire d'expédition. Pour les scientifiques, elle montre tout l'intérêt d'explorer ces eaux difficiles d'accès. Avec une courte durée de vie et un renouvellement rapide des générations, le calmar bobtail arctique pourrait être particulièrement sensible aux bouleversements de son environnement.

Et maintenant ?

Alors que l'Arctique se réchauffe rapidement sous l'effet du changement climatique, documenter la présence et la reproduction des espèces devient essentiel pour suivre l'évolution de ces écosystèmes. Les chercheurs soulignent dans leur étude publiée dans Polar Biology que, dans des régions polaires aussi peu étudiées, une seule observation confirmée peut déjà livrer de précieuses informations sur la répartition, la reproduction et la résilience d'une espèce.

La découverte de ce calmar aux grands yeux avec des dizaines d'œufs dans les eaux glacées du Groenland est une étape importante dans la compréhension de la biodiversité marine dans l'Arctique et souligne l'importance de continuer à explorer et étudier ces écosystèmes uniques.