Selon Le Figaro, c’est après sept jours d’enquête et de ratissages intensifs que les gendarmes ont localisé un corps correspondant à celui de Lyhanna, une adolescente de 11 ans disparue le 29 mai 2026 à Fleurance (Gers). L’opération de recherche, menée sur un territoire grand comme trois fois et demie la superficie de Paris, s’est achevée le 4 juin à Puycasquier, où les investigations avaient été orientées vers Jérôme B., un habitant de Montestruc-sur-Gers, mis en examen pour son rôle présumé dans cette affaire.
Ce qu’il faut retenir
- La disparition de Lyhanna a été signalée le 29 mai 2026 en fin de journée à Fleurance.
- Un suspect, Jérôme B., 41 ans, a été interpellé après que des incohérences dans ses déclarations ont été relevées par les enquêteurs.
- Un corps a été retrouvé le 4 juin à Puycasquier, identifié comme celui de l’adolescente en cours d’expertise.
- Les recherches ont couvert un périmètre vaste, incluant des zones boisées et des plans d’eau, rendant les investigations particulièrement complexes.
Une traque méthodique sur plus de 300 km²
Dès l’annonce de la disparition de Lyhanna, les gendarmes ont engagé une mobilisation exceptionnelle. « Au départ, tout est envisagé », a expliqué un officier présent sur place. Les premières heures ont été consacrées à l’audition de témoins et à la reconstitution des derniers déplacements connus de l’adolescente, aperçue dans la voiture de Jérôme B. Ce dernier affirmait l’avoir déposée à la piscine de Fleurance, mais ses déclarations ont rapidement été jugées incohérentes par les enquêteurs.
La zone de recherche s’est progressivement élargie, des abords immédiats de Fleurance jusqu’aux communes voisines de Montestruc-sur-Gers, où réside le suspect, et Puycasquier, où le corps a finalement été localisé. Les gendarmes ont dû composer avec un environnement naturel exigeant : « C’est très boisé ici, il y a aussi des lacs et des étangs, c’est difficile », a témoigné une habitante de Puycasquier, évoquant les difficultés liées à la topographie des lieux. « Ils n’ont jamais relâché la pression, on les voyait partout », a-t-elle ajouté, soulignant l’engagement constant des forces de l’ordre.
L’enquête au cœur des soupçons
Les investigations ont rapidement ciblé Jérôme B., dont les incohérences dans le récit des faits ont alerté les gendarmes. L’homme, âgé de 41 ans, a été placé en garde à vue puis mis en examen pour des faits non encore précisés par la justice. Selon les premiers éléments recueillis, son véhicule aurait été repéré à plusieurs reprises sur les lieux où la jeune fille a été vue pour la dernière fois. Les enquêteurs ont également examiné les données téléphoniques et les traces numériques, une pratique désormais courante dans ce type d’affaires.
Les gendarmes ont travaillé sans relâche, certains ne dormant que trois heures par nuit depuis le début des recherches. « On a le sentiment du devoir accompli », a confié l’un d’eux, résumant l’état d’esprit d’une équipe épuisée mais déterminée. Leur persévérance a porté ses fruits : le corps de Lyhanna a été découvert dans une zone isolée, nécessitant des moyens techniques adaptés pour l’exhumation.
Un territoire sous haute tension
Entre Fleurance et Puycasquier, la mobilisation des habitants a été forte. Les commerces et les places publiques sont devenus des lieux de rassemblement informels, où circulaient les rumeurs et les informations. Une retraitée de Puycasquier a témoigné : « On les voyait partout, ils fouillaient chaque recoin ». Les gendarmes ont quadrillé les forêts, les étangs et les chemins de terre, utilisant des chiens spécialisés et des drones pour couvrir les zones les moins accessibles.
Malgré l’ampleur des moyens déployés, certains élus locaux n’ont pas manqué de critiquer la gestion de l’enquête. Le maire de Fleurance, où Lyhanna a disparu, a évoqué un « dysfonctionnement d’État » dans la prise en charge initiale de l’affaire. Ses propos, rapportés par la presse locale, soulèvent des questions sur la coordination entre les services et les délais de réaction face à une disparition d’enfant. Les autorités n’ont pas encore réagi publiquement à ces accusations.
Quelles suites pour la famille de Lyhanna ?
La famille de l’adolescente, plongée dans l’attente depuis sept jours, doit désormais faire face à l’épreuve de l’identification officielle. Les proches ont été tenus informés des avancées par les gendarmes, mais aucune déclaration publique n’a encore été rendue par leur avocat ou la mairie. Les associations d’aide aux victimes, comme le 119 – Enfance en danger, pourraient être sollicitées pour accompagner les parents dans les démarches à venir.
Une veillée ou un rassemblement commémoratif pourrait être organisé dans les prochains jours à Fleurance, à l’image de ce qui avait été fait lors d’affaires similaires par le passé. Ces initiatives, bien que douloureuses, permettent parfois aux communautés de se rassembler autour des familles endeuillées.
À ce stade, Jérôme B. a été mis en examen pour des faits non précisés par la justice. Les enquêteurs évoquent des incohérences dans ses déclarations, mais aucun chef d’accusation formel n’a encore été rendu public. L’enquête est en cours et pourrait aboutir à une qualification pénale d’homicide volontaire ou de séquestration, selon les preuves recueillies.
Les résultats de l’autopsie, essentielle pour confirmer l’identité du corps et déterminer la cause du décès, ne devraient pas être communiqués avant plusieurs jours, voire une semaine. Les délais dépendent des analyses complémentaires et de la charge de travail des services médico-légaux du Gers et de Toulouse.