En novembre 2022, Sophie Djigo, professeure en classe préparatoire, a été la cible d’un déferlement de haine en ligne après avoir proposé à ses étudiants un voyage d’études à Calais centré sur la question des migrants. Selon Libération, cette initiative pédagogique lui a valu des attaques massives, principalement relayées par des figures de l’extrême droite. Ce mardi 9 juin 2026, elle attend un jugement après avoir poursuivi plusieurs responsables politiques et militants pour diffamation.
Ce qu'il faut retenir
- Sophie Djigo, professeure en classe préparatoire, a subi un harcèlement en ligne massif en novembre 2022 après avoir évoqué un projet pédagogique à Calais sur les migrants.
- Plusieurs figures de l’extrême droite ont relayé des propos diffamatoires à son encontre, déclenchant une vague de messages de haine.
- L’enseignante a engagé des poursuites pour diffamation contre plusieurs responsables politiques et militants.
- Un jugement est attendu ce 9 juin 2026 dans le cadre de cette affaire.
- Sophie Djigo a affirmé que ces attaques ont renforcé sa détermination à poursuivre son engagement pédagogique et militant.
Un projet pédagogique au cœur d’une polémique
Sophie Djigo, enseignante en classe préparatoire, a tenté en 2022 d’organiser un voyage d’études à Calais avec ses étudiants. L’objectif pédagogique était d’aborder la situation des migrants dans la région, un sujet souvent controversé dans le débat public. Selon Libération, cette initiative a rapidement suscité une réaction hostile, notamment sur les réseaux sociaux, où des personnalités de l’extrême droite ont relayé des accusations infondées à son encontre.
« On m’a reproché de vouloir instrumentaliser mes étudiants pour promouvoir une cause politique », a déclaré Sophie Djigo à Libération. Pourtant, elle a toujours insisté sur le caractère strictement pédagogique de ce projet. « Mon objectif était simplement d’élargir leur réflexion sur une question de société complexe, en les confrontant à la réalité du terrain. » Les attaques en ligne, quant à elles, se sont multipliées, prenant une ampleur inattendue.
Un déferlement de haine en ligne
Dès l’annonce de son projet, Sophie Djigo a été la cible de messages haineux, de menaces et de campagnes de désinformation. Selon Libération, plusieurs personnalités de l’extrême droite ont amplifié ces attaques, accusant l’enseignante de partialité et de prosélytisme. Parmi les principaux détracteurs figuraient des figures médiatiques et politiques connues pour leurs prises de position radicales sur la question migratoire.
« Les réseaux sociaux ont été le principal vecteur de cette campagne de harcèlement », précise Libération. Les propos tenus à son égard étaient souvent violents, allant des insultes personnelles aux accusations de trahison de la fonction publique. Sophie Djigo a reçu des milliers de messages, certains allant jusqu’à menacer sa sécurité et celle de sa famille. Face à cette situation, elle a décidé de porter plainte et d’engager des poursuites pour diffamation contre plusieurs responsables politiques et militants.
Une bataille juridique engagée
Sophie Djigo a engagé des poursuites contre plusieurs personnalités qu’elle accuse d’avoir diffamé son travail et sa réputation. Selon Libération, ces procédures judiciaires visent notamment à obtenir réparation pour le préjudice subi et à faire cesser les attaques en ligne. Le procès, qui s’est tenu sur plusieurs mois, a permis de mettre en lumière l’ampleur du harcèlement subi par l’enseignante.
« Ce procès n’est pas seulement une question de justice personnelle, mais aussi une bataille pour la liberté académique », a souligné Sophie Djigo. « Si des enseignants renoncent à aborder des sujets sensibles par peur des représailles, c’est toute la société qui en pâtit. » Les débats ont également révélé les difficultés rencontrées par les professeurs pour exercer leur métier dans un climat de polarisation accrue.
Cette affaire soulève en effet des questions plus larges sur la protection des enseignants face aux violences numériques. Avec l’essor des réseaux sociaux, les campagnes de harcèlement peuvent prendre une ampleur démesurée, souvent sans que leurs auteurs ne soient tenus pour responsables. Les prochains mois pourraient donc voir émerger des discussions sur la régulation des discours en ligne et sur les moyens de protéger les professionnels exposés.
Selon Libération, Sophie Djigo a poursuivi plusieurs responsables politiques et militants de l’extrême droite pour diffamation, sans que leurs noms ne soient explicitement cités dans les articles. Les procédures judiciaires visent spécifiquement ceux ayant relayé des accusations infondées contre elle.