Une affiche de la mairie d’Agde, dirigée par un maire Rassemblement National (RN), suscite une vive polémique depuis plusieurs jours. Le visuel, intitulé « Ta chicha et ta musique, on n’en veut pas ! », est accusé par plusieurs personnalités politiques et associations de véhiculer un message raciste et stigmatisant envers certaines populations. Ces critiques ont été relayées par BFM – Politique, qui a recueilli les réactions des acteurs politiques et associatifs concernés.
Ce qu'il faut retenir
- Une affiche municipale d’Agde, signée par la mairie RN, affiche le slogan « Ta chicha et ta musique, on n’en veut pas ! », jugé stigmatisant par plusieurs observateurs.
- Le député LFI Carlos Martens-Bilongo qualifie le visuel de « raciste, purement insultant et stigmatisant des populations ».
- Le président de SOS Racisme estime qu’« il y a un arrière-fond raciste qui est assez clair » dans cette affiche.
- Le sénateur Stéphane Ravière défend, lui, la légitimité du maire à utiliser cette communication, affirmant qu’il « est tout à fait dans sa fonction ».
- La polémique s’inscrit dans un contexte de tensions politiques locales et nationales autour des questions d’immigration et d’intégration.
Une affiche municipale au cœur d’une controverse nationale
Le visuel, diffusé par la mairie d’Agde, un bastion du Rassemblement National en Occitanie, a rapidement attiré l’attention au-delà des frontières locales. Selon BFM – Politique, l’affiche reprend un slogan perçu comme une attaque frontale envers certaines communautés, notamment celles issues de l’immigration maghrébine ou subsaharienne, souvent associées aux pratiques de consommation de chicha ou aux musiques urbaines. Pour ses détracteurs, ce message participe à une stigmatisation systématique de populations déjà marginalisées.
Les réactions ne se sont pas faites attendre. Dès sa diffusion, le député Carlos Martens-Bilongo (LFI) a dénoncé sur les réseaux sociaux, puis dans les médias, le caractère discriminatoire de l’affiche. « L’affiche est raciste, purement insultante et stigmatise des populations », a-t-il affirmé, soulignant que ce type de communication ne peut rester sans réponse politique et juridique. De son côté, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a estimé lors d’une intervention télévisée que « il y a un arrière-fond raciste qui est assez clair » dans le choix de ce slogan.
Le maire d’Agde défend sa communication
Face à la polémique, les élus locaux du RN ont choisi de maintenir leur position. Le sénateur Stéphane Ravière, proche de la ligne du parti, a défendu le maire d’Agde en indiquant qu’il « est tout à fait dans sa fonction » de communiquer sur les orientations politiques de sa municipalité. Selon lui, cette affiche s’inscrit dans une logique de communication municipale classique, même si son ton et son contenu divisent profondément l’opinion publique.
Cette défense n’a pas suffi à apaiser les critiques. Pour ses opposants, cette affiche reflète une stratégie plus large du RN, consistant à diaboliser certaines minorités sous couvert de préférences culturelles ou de choix de vie. Les associations antiracistes, comme SOS Racisme ou la Licra, ont déjà annoncé leur intention de saisir les instances compétentes pour évaluer la conformité du visuel avec les lois contre les discriminations et l’incitation à la haine.
Un débat qui dépasse le cadre local
La polémique autour de l’affiche d’Agde s’inscrit dans un contexte politique national déjà tendu. Depuis plusieurs mois, le Rassemblement National multiplie les initiatives symboliques dans des villes où il dirige l’exécutif local, souvent perçues comme des provocations par ses adversaires. Ces choix de communication sont régulièrement interprétés comme une volonté de marquer une rupture avec les politiques d’intégration et de diversité portées par les gouvernements précédents.
Côté opposition, les élus de gauche et écologistes y voient une stratégie délibérée pour alimenter les tensions sociales et electorales. « C’est une façon de normaliser un discours de rejet », a réagi un cadre du Parti Socialiste, tandis que des responsables des Verts ont appelé à une mobilisation nationale contre ce qu’ils qualifient de « dérive identitaire ». À l’inverse, les soutiens du RN défendent une liberté d’expression municipale, affirmant que les critiques relèvent d’une « chasse aux sorcières » politique.
En attendant, la mairie d’Agde n’a pas indiqué si elle comptait retirer ou modifier l’affiche controversée. Pour l’instant, le débat reste ouvert, entre liberté municipale et responsabilité politique.
L’affiche est perçue comme raciste car elle associe de manière stéréotypée des pratiques culturelles — comme la consommation de chicha ou certains types de musique — à des populations spécifiques, souvent issues de l’immigration. Ce type de message, selon ses détracteurs, participe à une stigmatisation systémique et contribue à normaliser des discours de rejet envers ces communautés.
Plusieurs recours sont envisageables : une plainte pour discrimination ou provocation à la haine, une saisine du Défenseur des droits, ou encore une enquête administrative diligentée par l’État pour vérifier la conformité de l’affiche avec les principes de neutralité des collectivités locales. Les associations antiracistes ont déjà annoncé leur intention de se saisir du dossier.