Selon Le Figaro, des frappes aériennes menées par l’armée pakistanaise dans l’est de l’Afghanistan ont causé la mort d’au moins douze personnes, majoritairement des civils, dans la soirée du mardi 9 juin 2026. Les attaques, ciblant des habitations près de la frontière entre les deux pays, ont notamment fait onze enfants parmi les victimes, ainsi qu’une femme et un homme âgé.

Ce qu'il faut retenir

  • Douze morts, dont onze enfants, une femme et un homme âgé, selon le porte-parole du gouvernement taliban.
  • Les frappes ont visé trois provinces afghanes : Kunar, Khost et Paktika, près de la frontière pakistanaise.
  • Un responsable local de la province de Khost évoque neuf morts et dix blessés dans le district de Spera.
  • Un bilan partiel fait état de trois morts supplémentaires dans la province de Paktika.
  • L’armée pakistanaise n’a pas encore réagi aux accusations portées contre elle.
  • Ces attaques surviennent après plusieurs semaines de calme relatif le long de la frontière, malgré des tensions persistantes.

Des frappes meurtrières dans trois provinces afghanes

Les premières informations, relayées par le porte-parole du gouvernement taliban Zabihullah Mujahid sur la plateforme X, indiquent que des bombardements pakistanais ont visé des habitations civiles dans la soirée du 9 juin. Les provinces de Kunar, Khost et Paktika, situées à la frontière orientale de l’Afghanistan, ont été particulièrement touchées. Selon Mujahid, ces attaques ont délibérément ciblé des civils, causant la mort de onze enfants, d’une femme et d’un homme âgé.

Un responsable provincial de Khost, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de l’AFP, a précisé qu’une frappe sur une maison du district de Spera avait fait neuf morts et dix blessés. Dans la province voisine de Paktika, une autre attaque a également été signalée, avec trois victimes, selon un habitant local. À ce stade, l’armée pakistanaise n’a pas réagi aux sollicitations de l’AFP.

Un contexte de tensions persistantes à la frontière

Ces frappes surviennent après une période de relative accalmie le long de la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Depuis fin février 2026, les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées, avec des échanges de tirs sporadiques et des opérations militaires ciblées. Selon un rapport de l’ONU publié mi-mai, 372 civils afghans avaient déjà été tués entre le 1er janvier et le 31 mars 2026 dans le cadre de ces violences.

Ces chiffres illustrent l’intensité des tensions qui opposent les deux nations depuis plusieurs mois. Les autorités afghanes, sous le régime taliban, accusent régulièrement Islamabad de mener des opérations militaires non autorisées sur leur territoire, en violation de la souveraineté afghane. Ces accusations avaient déjà conduit à une escalade des tensions en février, lorsque des affrontements ouverts avaient éclaté.

Des réactions immédiates et des appels à la retenue

Le gouvernement taliban a immédiatement condamné ces frappes, les qualifiant de violation flagrante de l’espace aérien afghan. Zabihullah Mujahid a souligné que ces attaques visaient délibérément des civils, ce qui constitue une violation du droit international humanitaire. Ces déclarations ont été reprises par plusieurs médias locaux et internationaux, renforçant la pression sur les autorités pakistanaises pour qu’elles s’expliquent.

Du côté pakistanais, aucune réaction officielle n’a encore été formulée. L’armée pakistanaise, souvent réticente à commenter ses opérations transfrontalières, n’a pas encore émis de communiqué pour justifier ou expliquer ces frappes. Cette absence de réponse alimente les spéculations sur une éventuelle implication d’éléments non étatiques, comme des groupes armés opérant depuis l’Afghanistan.

Un bilan humain et politique lourd de conséquences

Les frappes de mardi soir marquent un tournant dans la escalade des violences entre les deux pays. Avec un bilan provisoire de douze morts, dont une majorité d’enfants, ces attaques risquent d’aggraver les tensions diplomatiques et de compromettre toute perspective de dialogue. Pour les autorités afghanes, il s’agit d’une nouvelle preuve de l’ingérence pakistanaise dans leurs affaires intérieures, un sujet récurrent depuis des années.

Sur le plan humanitaire, la situation reste préoccupante. Les provinces de Khost et Paktika, déjà fragilisées par des années de conflit, subissent de plein fouet les conséquences de ces violences. Les habitants, pris entre deux feux, voient leur sécurité et leurs conditions de vie se dégrader encore davantage. Les organisations internationales présentes sur place n’ont pas encore réagi officiellement, mais la pression sur elles pour qu’elles interviennent ne devrait pas tarder à monter.

Et maintenant ?

Ces frappes pourraient relancer les tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan, deux pays déjà en proie à des relations complexes. Une réaction officielle de l’armée pakistanaise, si elle intervient, sera scrutée de près pour comprendre les motivations de ces opérations. Par ailleurs, la communauté internationale pourrait être appelée à jouer un rôle de médiation, alors que les violences transfrontalières risquent de s’intensifier. La date du 15 juin, jour où doit se tenir une réunion de crise au Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Asie du Sud, pourrait offrir une première occasion de désamorcer la crise.

Dans l’immédiat, la priorité reste la protection des civils dans les zones frontalières. Les autorités afghanes ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités dans ces frappes, tandis que les organisations humanitaires appellent à un cessez-le-feu immédiat pour éviter une nouvelle escalade.