La police afghane, placée sous l’autorité des talibans, a dispersé mardi une manifestation pacifique de soutien aux droits des femmes dans la ville de Herat, selon France 24. Les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs arrestations après que des habitantes de la région aient refusé de porter le tchador ou la burqa, couvrant intégralement le corps, optant simplement pour un voile.
Ce qu'il faut retenir
- Une manifestation en faveur des droits des femmes a été violemment dispersée par la police afghane à Herat, mardi 9 juin 2026.
- Les forces de l’ordre ont lancé une vague d’arrestations après que des femmes aient porté un voile au lieu du tchador ou de la burqa imposés par les talibans.
- Cette répression s’inscrit dans le cadre d’une campagne récente de la police des mœurs contre les femmes ne respectant pas le code vestimentaire islamique strict.
La répression est intervenue trois jours après que la police des mœurs du régime taliban ait lancé une campagne d’arrestations ciblées dans la province de Herat. Les autorités ont justifié ces mesures par le non-respect des règles vestimentaires imposées aux femmes, qui doivent désormais porter soit un tchador, soit une burqa couvrant entièrement le corps. Des habitantes de Herat avaient choisi de porter un simple voile, perçu comme une violation des directives talibanes.
Selon les témoignages recueillis par France 24, les forces de l’ordre ont fait usage de matraques et de gaz lacrymogène pour disperser les manifestantes. Plusieurs personnes ont été interpellées, mais le nombre exact d’arrestations n’a pas été précisé dans l’immédiat. Les manifestantes, principalement des femmes et des militantes locales, scandaient des slogans en faveur de la liberté d’expression et des droits fondamentaux, avant d’être contraintes de quitter les lieux sous la menace.
Cette répression s’ajoute à une série de mesures restrictives imposées par les talibans depuis leur retour au pouvoir en août 2021. Le régime a progressivement durci les restrictions à l’encontre des femmes, limitant leur accès à l’éducation, au travail et aux déplacements sans accompagnement masculin. Les talibans ont également renforcé le contrôle social via la police des mœurs, chargée de faire respecter leur interprétation stricte de la charia.
« Les femmes doivent respecter les règles islamiques, et le port du voile ou du tchador est une obligation divine », a déclaré un porte-parole des talibans sous couvert d’anonymat. « Toute déviation sera sanctionnée conformément à la loi. »
Les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International et Human Rights Watch, ont déjà maintes fois dénoncé les politiques répressives du régime taliban à l’encontre des femmes. Ces dernières semaines, plusieurs rapports ont mis en lumière l’intensification des arrestations arbitraires et des violences policières dans les provinces afghanes.
Dans un contexte où les talibans renforcent leur contrôle sur la société afghane, la communauté internationale reste divisée sur les moyens à mettre en œuvre pour faire respecter les droits fondamentaux. Certains pays appellent à des sanctions ciblées, tandis que d’autres privilégient le dialogue, malgré l’absence de progrès concrets enregistrés jusqu’à présent.
Depuis leur retour au pouvoir, les talibans imposent aux femmes afghanes de porter soit un tchador, couvrant l’ensemble du corps sauf le visage, soit une burqa, qui masque intégralement le visage et le corps. Le port du voile simple, bien que courant avant 2021, est désormais considéré comme une infraction passible de sanctions.