La Cour constitutionnelle sud-africaine a rouvert, vendredi 9 mai 2026, la voie à une procédure de destitution du président Cyril Ramaphosa, en invalidant un vote du Parlement qui s’y était opposé. Selon France 24, cette décision relance un scandale politique majeur lié à un vol présumé de plusieurs millions de rands en argent liquide.
Ce qu'il faut retenir
- La Cour constitutionnelle sud-africaine a invalidé un vote du Parlement du 2 mai 2026 bloquant la procédure de destitution de Cyril Ramaphosa.
- Cette décision concerne un scandale financier impliquant un vol présumé de 4 millions de rands (environ 200 000 euros) en liquide.
- Le Parlement avait initialement rejeté la motion de destitution lors d’un vote le 2 mai 2026, avant que la Cour ne le conteste.
- Le président Ramaphosa, au pouvoir depuis 2018, est accusé de connaissance présumée de l’affaire, sans que son implication directe ne soit établie.
La Cour a estimé que le Parlement avait mal appliqué la procédure constitutionnelle lors du vote du 2 mai, ouvrant ainsi la voie à un nouvel examen. « Le Parlement a outrepassé ses prérogatives en refusant d’engager une enquête indépendante », a indiqué la présidente de la Cour constitutionnelle, Mbuyiseli Madlanga, dans un communiqué rendu public ce vendredi.
Le scandale remonte à juin 2024, lorsque des employés de la ferme présidentielle de Phala Phala, située dans la province du Limpopo, avaient signalé le vol de 4 millions de rands (environ 200 000 euros) en espèces. Ces fonds, selon les premières investigations, auraient été destinés au paiement de diamants bruts vendus à des acheteurs étrangers. Cyril Ramaphosa avait alors reconnu avoir été informé du vol, mais avait assuré n’avoir « rien à voir » avec l’affaire.
L’opposition politique, menée par l’Alliance démocratique (DA) et les Combattants pour la liberté économique (EFF), a immédiatement salué la décision de la Cour. « C’est une victoire pour la démocratie et l’État de droit », a déclaré John Steenhuisen, chef de la DA. De son côté, le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), a réagi avec prudence, évoquant « une affaire complexe » nécessitant une « analyse approfondie » des arguments juridiques.
Cette procédure de destitution n’est pas inédite en Afrique du Sud. En 2018 déjà, l’ex-présidente Jacob Zuma avait échappé de justesse à une destitution pour corruption. Cyril Ramaphosa, qui a succédé à Zuma après des années de scandales, avait alors promis une « nouvelle ère » de transparence. Pourtant, ce scandale financier risque de fragiliser son mandat, alors que son parti, l’ANC, traverse une crise de confiance sans précédent avant les prochaines élections générales prévues en 2029.
Le président Ramaphosa, qui doit s’exprimer dans les prochains jours, pourrait tenter de désamorcer la crise en nommant une commission d’enquête indépendante, comme le réclame l’opposition. Bref, l’Afrique du Sud entre dans une phase d’incertitude politique, où la légitimité de son chef de l’État pourrait être sérieusement remise en cause.
La Cour a estimé que le Parlement n’avait pas respecté la procédure constitutionnelle en rejetant la motion de destitution le 2 mai 2026. Elle considère que les députés ont outrepassé leurs prérogatives en refusant d’engager une enquête indépendante sur les accusations de corruption et de détournement de fonds impliquant le président Cyril Ramaphosa.