Au moins cinq ressortissants mozambicains figurent parmi les victimes des récentes violences xénophobes qui secouent la province du Cap-Occidental, en Afrique du Sud. C’est ce qu’a indiqué le gouvernement mozambicain, confirmant une série d’attaques visant des migrants dans la ville côtière de Mossel Bay. Selon France 24, ces événements ont conduit à l’évacuation de plus de 500 étrangers vers des centres d’accueil temporaires, alors que les tensions autour de la présence d’étrangers en situation irrégulière persistent dans plusieurs régions du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Cinq Mozambicains tués lors d’attaques xénophobes dans la province du Cap-Occidental, selon les autorités mozambicaines.
  • Les violences ont éclaté à Mossel Bay, une ville côtière située à environ 400 km au sud-est du Cap.
  • Plus de 500 migrants ont été relogés dans des centres d’accueil temporaires pour les protéger.
  • Les tensions persistent en Afrique du Sud autour de la question des migrants en situation irrégulière.

Les autorités locales sud-africaines ont confirmé que les violences, déclenchées ces derniers jours, visaient principalement des étrangers accusés d’occuper des emplois ou des logements considérés comme réservés aux nationaux. Le Mozambique, dont de nombreux ressortissants vivent et travaillent en Afrique du Sud, a immédiatement réagi en condamnant ces actes et en exigeant des mesures de protection pour ses citoyens. « Ces attaques sont inacceptables et doivent cesser immédiatement », a déclaré un porte-parole du ministère mozambicain des Affaires étrangères, sans préciser si d’autres ressortissants étrangers avaient été victimes de ces violences.

La province du Cap-Occidental, où se situe Mossel Bay, est l’une des régions les plus touchées par ces tensions. Les autorités sud-africaines ont mobilisé des forces de l’ordre supplémentaires pour tenter de rétablir l’ordre et prévenir de nouvelles exactions. Selon des témoignages recueillis par France 24, des groupes de jeunes sud-africains auraient ciblé des commerces et des habitations appartenant à des étrangers, provoquant des incendies et des destructions de biens. Certains migrants, pris au piège, ont dû fuir en urgence vers des zones sécurisées.

Les centres d’accueil, initialement prévus pour accueillir une centaine de personnes, ont rapidement été saturés. Les organisations non gouvernementales locales, ainsi que des associations de défense des droits de l’homme, ont appelé à une intervention rapide des autorités pour éviter une crise humanitaire. « La situation est critique, car les centres manquent de ressources et de personnel pour gérer un tel afflux », a expliqué une responsable d’une ONG sud-africaine, sous couvert d’anonymat. Les autorités sud-africaines ont assuré que des mesures étaient prises pour améliorer les conditions d’accueil, sans préciser de calendrier.

Et maintenant ?

Les prochaines 48 heures seront décisives pour évaluer l’évolution de la situation. Les autorités sud-africaines ont annoncé qu’elles allaient renforcer les patrouilles dans les zones sensibles et organiser des réunions d’urgence avec les représentants des communautés étrangères. Une conférence de presse est prévue demain à 14h au siège du gouvernement provincial du Cap-Occidental pour faire un point sur les mesures mises en place. Par ailleurs, le gouvernement mozambicain a convoqué l’ambassadeur d’Afrique du Sud à Maputo pour exiger des explications et des garanties pour la sécurité de ses ressortissants. Enfin, des organisations internationales comme l’ONU ou l’Union africaine pourraient intervenir si la crise s’aggrave.

En Afrique du Sud, la question des migrants en situation irrégulière est un sujet récurrent, exacerbé par des tensions économiques et sociales persistantes. Les vagues de xénophobie ont déjà fait des dizaines de morts ces dernières années, notamment lors d’épisodes similaires en 2008, 2015 et 2019. Le gouvernement sud-africain, sous pression, a multiplié les discours appelant au calme, tout en promettant des solutions durables pour intégrer les étrangers de manière légale. Reste à savoir si ces promesses seront suivies d’effets dans un contexte où la colère sociale reste vive.

Mossel Bay, située dans une région touristique et économique dynamique, concentre une importante population de migrants, notamment mozambicains et zimbabwéens. Les tensions locales, souvent liées à la compétition pour l’accès au logement et à l’emploi, s’y expriment de manière plus visible. Les autorités reconnaissent que la ville est un foyer de tensions récurrent, mais n’ont pas encore détaillé les mesures spécifiques pour y remédier.