Un enfant de 9 ans, licencié à l’AS Auchy-les-Mines, a été violemment agressé vendredi à l’issue d’un tournoi de football U10-U11 dans le Pas-de-Calais. Cinq adversaires de l’AFC Creil l’ont pris à partie après la rencontre, provoquant son hospitalisation pour examens. Les deux clubs concernés ont publié un communiqué commun ce dimanche pour condamner les violences et la vague de messages haineux qui ont suivi l’incident, selon RMC Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Un joueur de 9 ans de l’AS Auchy-les-Mines a été agressé par cinq adversaires après un match dans le Pas-de-Calais, vendredi 9 mai 2026.
  • L’enfant a été évacué sur brancard et hospitalisé pour des examens, avant de remercier publiquement ses soutiens dans une vidéo diffusée samedi.
  • L’AFC Creil a présenté des excuses officielles et annoncé une enquête interne, tout en condamnant les violences et les propos racistes en ligne.
  • Les deux clubs dénoncent une « récupération politique » de l’affaire et une vague de haine sur les réseaux sociaux, incluant des messages racistes.
  • L’AS Auchy-les-Mines compte saisir la Ligue de football des Hauts-de-France pour sanctionner les responsables.

Un match qui tourne au drame après le coup de sifflet final

Vendredi dernier, dans le cadre d’un tournoi opposant deux équipes U10-U11, un joueur de l’AS Auchy-les-Mines a été la cible d’une agression collective à la fin du match. Selon les éléments rapportés par son club, cinq enfants de l’AFC Creil se sont « violemment pris » à Mattheo, 9 ans, après la rencontre. Le jeune footballeur a subi un « balayage », une « mise au sol », puis a reçu des « coups de pied à la tête et au corps », précise le communiqué de l’AS Auchy-les-Mines.

L’enfant a été évacué d’urgence sur un brancard avant d’être transporté à l’hôpital pour passer des examens médicaux. « Il est sorti de l’hôpital et a pu rentrer chez lui », a indiqué son club dans une vidéo diffusée samedi, où Mattheo apparaît souriant et remercie les messages de soutien reçus. Malgré la gravité des faits, aucun détail n’a été communiqué sur la gravité des blessures subies, si ce n’est la nécessité d’examens.

L’AFC Creil réagit après une vague de haine en ligne et des accusations politiques

Dimanche, l’AFC Creil a publié un communiqué sur Facebook pour présenter ses excuses à Mattheo, à sa famille et au club d’Auchy-les-Mines. Le club de l’Oise a également condamné « sans réserve toute forme de violence, qu’elle soit physique, verbale ou comportementale, sur et autour des terrains de football ». Une enquête interne a été lancée, et le club s’est engagé à prendre « toutes les mesures disciplinaires nécessaires » à l’encontre des responsables.

Dans ce même communiqué, l’AFC Creil a dénoncé avec fermeté « les nombreux propos haineux, injurieux et à caractère raciste » qui ont circulé sur les réseaux sociaux depuis la médiatisation de l’affaire. Ces messages ont visé à la fois les joueurs impliqués et le club lui-même. « Nous souhaitons également dénoncer la récupération politique de cet incident », précise le texte, alors que plusieurs personnalités, dont Marine Le Pen, ont réagi à l’agression en dénonçant une « ultra-violence » touchant désormais le football des jeunes.

Les deux clubs unis contre la haine, malgré les tensions politiques

L’AS Auchy-les-Mines et l’AFC Creil ont conjointement appelé à l’apaisement dimanche, malgré la polémique qui a entouré l’affaire. Les deux clubs ont tenu à dénoncer « la vague de haine et de racisme subi » par l’AFC Creil sur les réseaux sociaux, ainsi que « la récupération politique » dont ils font l’objet. « Nous condamnons fermement ces comportements inacceptables, qu’ils viennent des terrains ou des réseaux sociaux », a souligné Julien Borie, président de l’AS Auchy-les-Mines, dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP).

L’AS Auchy-les-Mines a par ailleurs annoncé qu’elle saisirait la Ligue de football des Hauts-de-France pour que des sanctions soient prises à l’encontre des cinq enfants impliqués dans l’agression. Aucune précision n’a été donnée sur la nature des sanctions envisagées, mais le club a réaffirmé sa volonté de défendre les valeurs du sport et le respect entre les jeunes joueurs.

« Nous ne tolérons aucune forme de violence, ni sur le terrain ni en dehors. Le football doit rester un sport d’échange et de respect, surtout pour les plus jeunes. »
Julien Borie, président de l’AS Auchy-les-Mines

Football amateur : un enjeu de violence et de civisme

Cet incident rappelle les tensions persistantes dans le football amateur, où les comportements violents et les dérives verbales ne sont pas rares. Les Hauts-de-France, région souvent pointée du doigt pour ses problèmes de sécurité sur les terrains, sont à nouveau sous les projecteurs. Si les clubs concernés appellent au calme, l’affaire soulève des questions sur le rôle des encadrants, des arbitres et des familles dans la prévention de tels actes.

Les deux clubs ont également insisté sur la nécessité de protéger les jeunes joueurs, non seulement des violences physiques, mais aussi des attaques en ligne. « Les réseaux sociaux amplifient les dérives et permettent à la haine de se propager rapidement. Nous devons tous agir pour que cela cesse », a rappelé l’AFC Creil dans son communiqué.

Et maintenant ?

L’enquête interne menée par l’AFC Creil devrait aboutir dans les prochaines semaines, avec des décisions disciplinaires attendues rapidement. La Ligue de football des Hauts-de-France pourrait, quant à elle, se saisir du dossier pour statuer sur d’éventuelles sanctions sportives à l’encontre des joueurs mineurs impliqués. Enfin, la question de la modération des réseaux sociaux et de la lutte contre les discours haineux pourrait revenir sur le devant de la scène, alors que les deux clubs appellent à un retour au calme et à la raison.

Reste à savoir si cet incident servira de déclic pour renforcer la prévention dans les clubs amateurs ou s’il restera un cas isolé dans un paysage déjà marqué par les tensions. Une chose est sûre : l’affaire a déjà mis en lumière les dérives du football chez les jeunes et l’urgence d’agir.

L’AS Auchy-les-Mines a annoncé qu’elle saisirait la Ligue de football des Hauts-de-France pour demander des sanctions. Celles-ci pourraient aller d’un simple avertissement à une suspension temporaire, voire une exclusion des compétitions, selon la gravité retenue par les instances. Aucune décision n’a encore été prise, mais le club insiste sur la nécessité d’une réponse ferme pour dissuader toute récidive.

À ce stade, aucune information n’a été communiquée sur d’éventuelles poursuites judiciaires. Les faits impliquent des mineurs, et les deux clubs ont préféré privilégier une approche éducative et sportive. Cependant, si la gravité des actes le justifie, une saisine du procureur de la République pourrait être envisagée, comme cela se fait parfois dans les cas de violences graves chez les jeunes.