Le géant aéronautique européen Airbus réfléchit à céder ses activités spatiales implantées aux États-Unis, un mouvement stratégique visant à consolider son alliance avec les groupes Thales et Leonardo au niveau européen. Cette information, rapportée par le Financial Times dans son édition du 30 août 2026, intervient dans un contexte de concurrence accrue face à l’américain SpaceX et aux acteurs chinois du secteur spatial.

Selon nos confrères du Financial Times, Airbus « tâte le terrain auprès d’acheteurs potentiels » pour cette branche américaine, qui inclut notamment « une usine en Floride ainsi que la gamme de petits satellites « Arrow » ». Ces activités, destinées à des clients commerciaux, institutionnels et de sécurité nationale, généreraient un chiffre d’affaires estimé « à plusieurs centaines de millions de dollars », précise le journal en citant des sources proches du dossier.

Ce qu'il faut retenir

  • Airbus étudie la cession de ses activités spatiales américaines, incluant une usine en Floride et la gamme de satellites « Arrow »
  • Cette branche américaine pèse plusieurs centaines de millions de dollars de chiffre d’affaires annuel
  • Le groupe a acquis en janvier 2024 l’intégralité d’AOS (Airbus OneWeb Satellites) et de son usine de Merritt Island, en Floride
  • Airbus, Thales et Leonardo ont signé un protocole d’accord en octobre 2025 pour un rapprochement européen
  • Le projet, sous réserve des autorisations réglementaires, devrait aboutir d’ici 2027

Un recentrage sur l’Europe face à la concurrence américaine et chinoise

Cette possible cession s’inscrit dans une stratégie plus large de recentrage des activités d’Airbus sur le continent européen. Depuis plusieurs années, le groupe est confronté à des difficultés importantes dans le domaine des satellites de télécommunications, au point de devoir comptabiliser, en 2024, 1,3 milliard d’euros de charges sur ses programmes spatiaux. Parmi ce montant, 300 millions d’euros ont été enregistrés au quatrième trimestre de cette même année.

Face à cette situation, Airbus a choisi de renforcer son alliance avec Thales et Leonardo, deux autres poids lourds de l’industrie spatiale européenne. Ensemble, ces trois groupes visent à créer une entité plus compétitive pour rivaliser avec SpaceX, le champion américain d’Elon Musk, ainsi qu’avec la montée en puissance des acteurs chinois sur la scène internationale.

Une usine stratégique en Floride, au cœur des ambitions d’Airbus

L’usine de Merritt Island, en Floride, joue un rôle clé dans cette stratégie. Acquise en janvier 2024 par Airbus, cette installation est dédiée à la fabrication de satellites pour la constellation OneWeb de première génération. Plus de 600 satellites de communication en orbite basse y ont été produits depuis la création d’AOS (Airbus OneWeb Satellites) en 2016, selon les données communiquées par le groupe au moment de l’acquisition.

Cette usine représente donc un actif stratégique pour Airbus, qui pourrait être cédé si le groupe parvient à trouver un repreneur. La gamme de satellites « Arrow », également concernée par cette potentielle vente, s’adresse à une clientèle variée, allant des opérateurs commerciaux aux institutions gouvernementales, en passant par les acteurs de la sécurité nationale.

Un protocole d’accord signé en 2025 pour une nouvelle entité européenne

Pour donner corps à cette ambition européenne, Airbus, Thales et Leonardo ont officialisé, en octobre 2025, un protocole d’accord en vue de la création d’une nouvelle entité spatiale commune. Ce projet, qui vise à mutualiser les forces et les ressources des trois groupes, est actuellement en attente des autorisations réglementaires nécessaires.

Parmi les étapes clés, l’obtention du feu vert de la Commission européenne est indispensable avant que cette nouvelle structure puisse voir le jour. Si les délais sont respectés, la mise en service de cette entité est envisagée pour 2027, une échéance qui marque l’ambition du secteur spatial européen de devenir un acteur majeur face à la concurrence internationale.

Et maintenant ?

Plusieurs scénarios pourraient se dessiner dans les prochains mois. D’une part, Airbus pourrait finaliser la vente de ses activités américaines si un accord est trouvé avec un repreneur, ce qui permettrait de financer et de renforcer l’alliance européenne. D’autre part, la Commission européenne devra trancher sur l’autorisation de la nouvelle entité, une décision qui pourrait influencer la compétitivité du secteur spatial européen dans les années à venir.

Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits d’ici 2027, alors que la pression concurrentielle ne cesse de croître. Les prochains mois seront déterminants pour Airbus et ses partenaires européens.

Contacté par l’AFP en début de matinée, Airbus n’était pas joignable pour réagir à ces informations. Le groupe n’a, pour l’heure, pas communiqué sur d’éventuelles discussions en cours avec des repreneurs potentiels.

Dans un secteur où les investissements sont colossaux et les enjeux géopolitiques majeurs, cette restructuration pourrait redéfinir l’équilibre des forces entre l’Europe, les États-Unis et la Chine. À suivre de près, donc.

Le groupe cherche à recentrer ses activités sur l’Europe pour renforcer son alliance avec Thales et Leonardo, face à la concurrence de SpaceX et des acteurs chinois. La cession des activités américaines permettrait de financer cette stratégie et de consolider la nouvelle entité européenne.