La compagnie aérienne scandinave SAS vient de passer la plus importante commande de son histoire auprès d'Airbus, en s’engageant à acquérir jusqu’à 40 appareils A330, pour un montant global dépassant les 10 milliards de dollars. Selon BFM Business, cet accord s’inscrit dans le cadre d’un plan de modernisation de la flotte de la compagnie, alors que son principal actionnaire, Air France-KLM, s’apprête à renforcer sa participation dans son capital.

La commande, officiellement annoncée ce mercredi, combine des Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300, ces derniers devant être livrés à court terme pour répondre aux besoins immédiats de croissance. SAS précise dans un communiqué que ces appareils viendront compléter une flotte déjà en cours de restructuration, alors que la compagnie est en passe d’être intégrée au groupe Air France-KLM. Ce dernier détient actuellement 20 % du capital de la compagnie scandinave et prévoit de porter sa participation à 60,5 % d’ici la fin de l’année, après le rachat des parts détenues par les fonds Castlelake et Lind Invest.

Ce qu'il faut retenir

  • SAS signe la plus grande commande de son histoire avec 40 Airbus A330, pour un montant dépassant les 10 milliards de dollars.
  • La commande inclut des A330-900neo et des A330-300, ces derniers devant être livrés rapidement pour soutenir la croissance immédiate.
  • Air France-KLM va porter sa participation dans SAS de 20 % à 60,5 % d’ici fin 2026, après le rachat des parts de Castlelake et Lind Invest.
  • Cet accord intervient alors que la compagnie scandinave accélère sa restructuration face à des défis économiques et opérationnels.

Un contrat stratégique pour Airbus et SAS

Ce méga-contrat représente une aubaine pour Airbus, qui consolide ainsi sa position sur le segment des avions long-courriers, face à une concurrence accrue, notamment de la part de Boeing. Selon BFM Business, cette commande intervient alors que le marché aérien européen se redresse progressivement après les crises successives liées à la pandémie et à la hausse des coûts énergétiques. SAS, qui a déjà entamé un vaste plan de restructuration incluant des réductions de coûts et une refonte de son réseau, mise sur ces nouveaux appareils pour relancer sa compétitivité.

Les A330-300, plus anciens, seront livrés en priorité pour répondre aux besoins immédiats, tandis que les A330-900neo, plus modernes et économes en carburant, viendront remplacer progressivement les appareils les plus vétustes. SAS n’a pas précisé le calendrier exact des livraisons, mais indique que ces avions permettront de soutenir sa croissance à court terme, en attendant l’intégration complète au sein du groupe Air France-KLM.

Air France-KLM renforce son emprise sur SAS

Le renforcement de la participation d’Air France-KLM dans SAS s’inscrit dans une logique de contrôle accru sur la compagnie scandinave, alors que cette dernière traverse une période de turbulences financières. Depuis plusieurs années, SAS accumule les pertes, notamment en raison de la hausse des prix du carburant, de la concurrence accrue des low-cost et des conséquences économiques de la pandémie de Covid-19. En juin 2022, la compagnie avait déjà obtenu un plan de sauvetage de 2,1 milliards d’euros, incluant des participations de l’État suédois, danois et norvégien.

Avec cette prise de participation à 60,5 %, Air France-KLM deviendra le principal actionnaire de SAS, ce qui devrait lui permettre de mieux coordonner les stratégies commerciales et opérationnelles des deux compagnies. Pour SAS, cette alliance avec le géant franco-néerlandais est perçue comme une opportunité de bénéficier d’un soutien financier et logistique accru, alors que la compagnie reste sous pression pour retrouver la rentabilité. D’ailleurs, SAS a récemment annoncé la suppression de plusieurs centaines d’emplois dans le cadre de son plan de restructuration.

Un pari sur l’avenir du transport aérien long-courrier

L’acquisition de ces 40 Airbus A330 par SAS s’inscrit dans une logique de modernisation de sa flotte, alors que le marché du transport aérien long-courrier reste très concurrentiel. Les A330-900neo, avec leur consommation réduite et leur autonomie accrue, devraient permettre à SAS de relancer des liaisons vers l’Amérique du Nord et l’Asie, des destinations clés pour la compagnie. Selon des analystes du secteur, cette commande pourrait également servir de levier pour renégocier des accords avec des partenaires industriels et financiers.

Pour Airbus, ce contrat est une preuve supplémentaire de la confiance des compagnies aériennes dans ses appareils long-courriers, malgré la concurrence de Boeing et des nouveaux acteurs du marché. SAS devient ainsi le dernier client en date à miser sur l’A330, après des commandes similaires passées par des compagnies comme Delta Air Lines ou TAP Portugal. Bref, cette commande pourrait bien marquer un tournant pour le constructeur européen, alors que les carnets de commandes restent essentiels pour maintenir la cadence de production.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances sont à surveiller dans les mois à venir. D’abord, la finalisation de l’augmentation de participation d’Air France-KLM dans SAS, prévue pour la fin de l’année 2026, pourrait être retardée si des obstacles réglementaires ou financiers surviennent. Ensuite, les premières livraisons des A330-300 devraient intervenir d’ici la fin 2026, tandis que les A330-900neo suivront progressivement. Enfin, la capacité de SAS à redresser ses comptes et à retrouver une rentabilité dépendra en grande partie de sa capacité à exploiter ces nouveaux appareils dans un marché toujours aussi concurrentiel.

Reste à voir si cette commande suffira à redonner un souffle à la compagnie scandinave, alors que les défis restent nombreux : hausse des coûts opérationnels, pression des low-cost sur les prix, et nécessité de moderniser une flotte vieillissante. Une chose est sûre : Airbus sort renforcé de cet accord, tandis que SAS mise gros sur cette alliance avec Air France-KLM pour assurer son avenir.

Selon BFM Business, SAS a opté pour l’A330 en raison de sa polyvalence, de sa capacité à opérer sur des liaisons moyennes et longues distances, et de son coût opérationnel réduit par rapport à des appareils plus anciens. De plus, l’intégration progressive au sein du groupe Air France-KLM, qui utilise déjà une flotte similaire, a probablement joué en faveur d’Airbus.

La compagnie a déjà entamé un plan de restructuration incluant des suppressions de postes. Si ce contrat pourrait stabiliser certains emplois à moyen terme, rien n’indique pour l’instant que des embauches supplémentaires soient prévues. Tout dépendra de la capacité de SAS à redresser ses comptes et à exploiter sa nouvelle flotte de manière rentable.