Un collectif de femmes lance une pétition pour créer un délit d’entrave à l’allaitement dans l’espace public. Leur slogan : « Je me suis rendu compte que je n’étais pas seule », comme le rapporte Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Un collectif dénonce les remarques et agressions subies par des femmes allaitant en public, alors que cette pratique est légale en France.
- Les signataires demandent la création d’un délit spécifique pour sanctionner ces entraves.
- Une pétition en ligne a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures en quelques jours.
- Des témoignages de femmes ayant subi des pressions ou des humiliations en public sont au cœur de cette mobilisation.
- La loi actuelle interdit les discriminations liées à l’allaitement, mais ne prévoit pas de sanctions pénales en cas d’entrave.
Selon les initiatrices de cette campagne, de nombreuses femmes se heurtent quotidiennement à des comportements hostiles lorsqu’elles allaitent leur enfant hors de leur domicile. « Certaines ont été insultées, d’autres sommées de quitter un lieu public ou de s’isoler », explique l’une des porte-parole du collectif, qui préfère garder l’anonymat. Leur objectif est clair : faire reconnaître l’allaitement comme un acte normal et protégé, afin d’éviter que des femmes renoncent à nourrir leur enfant en public par crainte de réactions négatives.
Les signataires de la pétition rappellent que le Code du travail (article L. 1225-33) et la loi Égalité et Citoyenneté de 2017 protègent les mères allaitantes contre les discriminations. Pourtant, ces textes ne prévoient pas de sanctions en cas d’entrave délibérée. « On nous dit que c’est interdit de nous empêcher d’allaiter, mais en pratique, rien ne nous protège vraiment », souligne une militante interrogée par Libération. Le collectif exige donc une modification du Code pénal pour inscrire cette entrave comme un délit à part entière, passible de sanctions.
Les témoignages recueillis par les organisatrices de la pétition illustrent l’ampleur du phénomène. Une mère de Lyon raconte avoir été priée de quitter un café après avoir commencé à donner le sein à son bébé. Une autre, à Paris, rapporte s’être fait traiter de « monstre » par une passante. « Ces situations sont quotidiennes et invisibilisées », déplore une membre du collectif. Pour elle, la création d’un délit spécifique serait un signal fort pour changer les mentalités et protéger les droits des femmes.
La pétition, lancée il y a moins d’une semaine sur une plateforme dédiée, a déjà dépassé les 15 000 signatures. Les initiateurs visent les 50 000 d’ici la fin du mois pour interpeller les pouvoirs publics. Ils prévoient d’adresser leur demande au ministère des Solidarités et de la Santé, ainsi qu’à la Défenseure des droits. « Nous voulons une réponse concrète et rapide », insiste l’une des organisatrices.
Reste à voir si le gouvernement donnera une suite à cette demande. En 2024, une proposition similaire avait été rejetée en commission, faute de consensus. Pour autant, les signataires de la pétition restent déterminées : « On ne lâchera rien », martèle l’une d’elles. En attendant, elles appellent les femmes à partager leurs expériences sous le hashtag #MonAllaitementMonDroit pour sensibiliser l’opinion publique.
Une entrave à l’allaitement consiste en un acte concret empêchant une femme d’allaiter en public (remarque, ordre de quitter les lieux, agression verbale ou physique). La discrimination, elle, est un traitement inégal en raison de l’allaitement, mais elle peut être plus difficile à prouver. Le collectif demande un délit spécifique pour sanctionner les entraves, qui ne sont pas actuellement couvertes par la loi.