Le maire de Mandelieu-la-Napoule, Sébastien Leroy, a annoncé son départ des Républicains (LR) pour apporter son soutien au maire de Cannes, David Lisnard, dans sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Cette décision, effective depuis le 1er avril 2026 selon Le Figaro, s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes au sein de la droite traditionnelle face aux repositionnements stratégiques de son parti.

Ce qu'il faut retenir

  • Sébastien Leroy, maire de Mandelieu-la-Napoule depuis 2020, quitte officiellement Les Républicains pour rejoindre le projet présidentiel de David Lisnard.
  • Il reproche à LR un « virage macroniste » et une compromission avec le gouvernement Lecornu, notamment après le vote du budget socialiste.
  • Leroy critique l’absence de « cap » au sein de LR et l’influence des « barons » du parti qu’il accuse de privilégier leurs intérêts personnels.
  • Cette défection s’ajoute à une série de pertes d’élus locaux en faveur de l’Union des Démocrates et Républicains (UDR) ou du Rassemblement National dans les Alpes-Maritimes.
  • David Lisnard a lancé sa candidature à la présidentielle de 2027 avec son parti « Nouvelle Énergie », un mouvement auquel Leroy adhère depuis deux ans.

Un départ motivé par un désaccord stratégique avec LR

Sébastien Leroy, 46 ans et réélu dès le premier tour en 2024 pour un second mandat, a officialisé sa rupture avec LR le 1er avril 2026, après l’avoir annoncée deux jours plus tôt à Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat. « Je l’ai d’abord annoncé à Bruno Retailleau », a-t-il déclaré au Figaro, précisant que ce dernier « a regretté » son départ tout en lui assurant qu’ils « finiraient par se retrouver ».

Les raisons de cette décision remontent à plusieurs mois. Leroy reproche à son ancien parti un « manque de vision claire » et une « compromission croissante » avec le gouvernement, qu’il qualifie de « macroniste finissant ». « Le point de rupture a été atteint lorsque LR a décidé de soutenir le bloc central », explique-t-il. Il cite notamment le vote du budget 2026, qu’il juge incompatible avec les valeurs de la droite républicaine : « En votant le budget socialiste, ça a fini de me convaincre qu’ils étaient prêts à tout pour préserver leur intérêt personnel. »

« La conviction ne se marie pas avec la compromission. Beaucoup d’élus locaux sont mal à l’aise avec cette situation. »
— Sébastien Leroy, maire de Mandelieu-la-Napoule

L’adhésion à « Nouvelle Énergie » et l’alliance avec David Lisnard

Sébastien Leroy rejoint officiellement le projet présidentiel de David Lisnard, maire de Cannes depuis 2017 et figure montante de la droite azuréenne. « Cela fait déjà deux ans que j’y avais adhéré », confie-t-il, passant du statut de sympathisant à celui de soutien actif. Leroy salue notamment le programme de Lisnard sur « la réforme structurelle de l’État » et partage avec lui une vision « régalienne » de la politique. « On se rejoint parfaitement sur le régalien », assure-t-il, tout en maintenant que leur ennemi commun reste « l’extrême gauche et LFI ».

Cette alliance intervient dans un contexte où la droite républicaine des Alpes-Maritimes subit des revers électoraux. Nice, bastion historique de la droite avec Christian Estrosi pendant dix-huit ans, est désormais dirigée par Éric Ciotti à la tête de l’UDR. Menton et Cagnes-sur-Mer, quant à elles, ont basculé du côté du Rassemblement National. Leroy lui-même évoque la « disparition croissante de l’étiquette LR et de la droite républicaine » dans les mairies maralpines, une tendance qui semble s’accélérer.

LR sous pression : une série de départs qui interroge l’avenir du parti

Le départ de Sébastien Leroy s’ajoute à une liste de défections au sein des Républicains, un parti qui reste pourtant le premier groupe d’élus locaux après les municipales de 2026. Bruno Retailleau, secrétaire général du parti, tente de maintenir la cohésion, mais les tensions internes persistent. Leroy n’est pas le premier à critiquer ouvertement la ligne politique adoptée par LR. Éric Ciotti, président de l’UDR, avait déjà alerté sur le risque de marginalisation du parti si ses dirigeants ne clarifiaient pas leur positionnement.

Pour Sébastien Leroy, l’enjeu n’est plus une « querelle de parti », mais bien la défense d’un programme politique qu’il juge « fiable et structurant ». « Je ne m’engage pas pour participer à une querelle de parti, mais pour aider à porter un programme de restructuration, qui est pour moi le seul qui tienne la route », précise-t-il. Il maintient cependant un espoir : « J’espère qu’il y aura un sursaut chez LR. Je ne veux plus y être associé. »

Et maintenant ?

La candidature de David Lisnard à la présidentielle de 2027, avec son parti « Nouvelle Énergie », pourrait redéfinir les rapports de force au sein de la droite. Son alliance avec des élus comme Sébastien Leroy pourrait affaiblir davantage LR, déjà fragilisé par des divisions internes et des pertes électorales. Les prochaines échéances seront les élections sénatoriales de 2026 et les régionales de 2027, qui pourraient révéler l’ampleur des recompositions politiques dans les Alpes-Maritimes et au niveau national. Reste à voir si d’autres élus locaux suivront le mouvement, ou si LR parviendra à inverser la tendance d’ici à 2027.

Contexte régional : la droite en recomposition sur la Côte d’Azur

Les Alpes-Maritimes illustrent les bouleversements en cours au sein de la droite française. Après Nice, passée sous l’égide de l’UDR en 2024, et les basculements de Menton et Cagnes-sur-Mer vers le RN, le département est devenu un terrain d’expérimentation politique. Sébastien Leroy évoque une « résistance » des élus historiques, mais leur capacité à maintenir leur influence face à la montée de l’UDR et du RN semble limitée. La question se pose désormais : la droite traditionnelle parviendra-t-elle à se reconstruire, ou ces pertes locales annoncent-elles un déclin durable ?

Pour David Lisnard, cette recomposition représente une opportunité. Son parti « Nouvelle Énergie », encore jeune, pourrait attirer des dissidents de LR comme Leroy, tout en se positionnant comme une alternative crédible face à l’UDR et au RN. La présidentielle de 2027 s’annonce donc comme un moment charnière pour ces nouveaux acteurs politiques.

Sébastien Leroy a quitté LR en raison de désaccords profonds avec la ligne politique du parti. Il reproche à LR un « virage macroniste », une absence de « cap » et une compromission avec le gouvernement, notamment après le vote du budget 2026. Pour lui, ces choix trahissent les valeurs de la droite républicaine et privilégient les intérêts personnels de certains « barons » du parti.

David Lisnard a lancé sa candidature à la présidentielle de 2027 avec son parti « Nouvelle Énergie ». Son programme met l’accent sur la « réforme structurelle de l’État » et une ligne « régalienne ». Sébastien Leroy, qui a rejoint ce mouvement depuis deux ans, salue notamment cette approche, qu’il juge alignée avec ses propres convictions.