Le judoka français Alpha Oumar Djalo a mis fin à une disette de près de trois ans sans podium international en remportant la médaille de bronze dans la catégorie des moins de 81 kg lors du Grand Chelem de Douchanbé, au Tadjikistan, le 3 mai 2026. Sélectionné pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, l’athlète de 30 ans a retrouvé le club du Pré Saint-Gervais Judo (Seine-Saint-Denis), son premier club, après son passage au PSG Judo. Selon RMC Sport, cette performance marque un tournant dans une carrière ponctuée de défis et de rebondissements.

Ce qu'il faut retenir

  • 3 ans sans podium : Djalo n’avait plus remporté de médaille internationale depuis les championnats d’Europe fin 2023.
  • Retour au Pré Saint-Gervais : L’athlète a quitté le PSG Judo pour retrouver son club d’origine, où il se sent désormais mieux entouré.
  • Stratégie payante : Une série de tournois en 2026 (Nantes, Malaga, Sofia) a permis à Djalo de regagner confiance avant Douchanbé.
  • Médaille de bronze : Victoire acquise en solitaire, sans coach, financée par ses propres moyens et ceux de son club amateur.
  • Prochaine étape : Djalo vise désormais une régularité sur les grands tournois pour prétendre à une nouvelle sélection en équipe de France.

Un parcours semé d’embûches et de doutes

Alpha Oumar Djalo, sélectionné pour les JO de Paris 2024, a connu une période difficile depuis la fin des Jeux. Non classé en individuel lors de la compétition olympique, il a fait face à des mois de frustration, aggravés par un manque de soutien dans son ancien club. « Le temps est long. C’est difficile, entre les blessures et les non-sélections quand je n’ai pas été performant », a-t-il confié à RMC Sport. La satisfaction d’une médaille après près de trois ans d’attente est donc d’autant plus marquée.

Le judoka, classé 40e mondial en 2026, a souligné l’importance de l’entourage dans sa renaissance. « Aujourd’hui, je me sens plus épanoui. Je suis mieux dans ma tête et mon corps », a-t-il expliqué. Ce changement s’explique aussi par son retour au Pré Saint-Gervais, où l’ambiance est décrite comme « bienveillante » et tournée vers la performance, contrairement à son expérience passée.

Une préparation méthodique et des choix audacieux

Pour renouer avec le succès, Djalo a mis en place une stratégie rigoureuse avec son entraîneur Bruce Van Hessche. Après une série de tournois en début d’année 2026 — Nantes (1er), Malaga (5e malgré une blessure) et Sofia (1er en Coupe du monde) —, il s’est rendu à Douchanbé sans accompagnement, financé par ses propres moyens et ceux de son club. « Mon club n’est pas en capacité de payer ce déplacement, contrairement à certains Open. C’est un gros effort et je les remercie », a-t-il précisé.

Cette approche reflète sa détermination. « Je suis retourné presque en bas. Je savais pourquoi. J’avais un plan avec mon entraîneur, et on s’est tenu au plan malgré les doutes », a-t-il déclaré. Djalo a également évoqué son enchaînement fétiche, un ko uchi-gari suivi d’un o uchi-gari, symbole de sa confiance retrouvée. « Ça veut dire que je fais confiance à mes mouvements », a-t-il affirmé, tout en rappelant que le judo est cyclique et que les résultats dépendent aussi des adversaires.

Un retour sous les radars, mais avec des cartes en main

Malgré une longue période de résultats mitigés, Djalo n’a jamais quitté les radars des observateurs. Dans une catégorie des moins de 81 kg où aucun Français ne s’est détaché récemment, il dispose désormais d’arguments solides pour prétendre à une sélection en équipe nationale. « Chacun de nous a les cartes entre les mains. Mon combat, c’est d’être performant à l’étranger, sur les Grands Chelems ou les championnats », a-t-il indiqué. Pour lui, la performance en France ne suffit pas : « En France, ça ne m’intéresse pas trop. Le meilleur ira sur les championnats. »

Son orgueil, qu’il assume pleinement, est un moteur dans cette quête de régularité. « J’ai de l’orgueil et c’est mon orgueil qui parle. Ce n’est pas la première fois que je tombe et que j’ai des difficultés. Ma première médaille, c’était en 2018, la seconde en 2022, la dernière en 2023 », a-t-il rappelé. Djalo mise désormais sur une préparation mentale renforcée, avec l’aide de Cédric Quignon-Fleuret, pour atteindre « le bon Alpha, celui qui sera bon et libéré » sur le tatami.

« Aujourd’hui, je suis entouré de gens bienveillants qui ont envie que je réussisse. Et ce n’était pas le cas avant. C’est important d’être heureux. Quand je suis heureux, ça se ressent sur le tatami. »
Alpha Oumar Djalo, selon RMC Sport

Et maintenant ?

Alpha Oumar Djalo a désormais pour objectif de capitaliser sur sa performance de Douchanbé pour enchaîner les résultats sur les prochains Grands Chelems et Coupe du monde. Le prochain rendez-vous majeur pourrait être le Grand Chelem d’Astana, au Kazakhstan, où il sera engagé dans les prochains jours. Djalo devra confirmer sa régularité pour espérer une nouvelle sélection en équipe de France, même si les critères de choix restent opaques. Une chose est sûre : son retour au plus haut niveau dépendra autant de ses performances que de la stabilité de son environnement sportif.

Un exemple de résilience dans le judo français

Le parcours de Djalo illustre les défis auxquels font face de nombreux athlètes, entre exigences sportives et réalités économiques. Son retour au Pré Saint-Gervais, club amateur mais structuré comme un centre de haut niveau, montre une alternative viable aux grands clubs professionnels, souvent critiqués pour leur gestion des carrières. « Aujourd’hui, je suis dans un club amateur qui se comporte comme des professionnels. Contrairement à avant », a-t-il souligné.

Cette performance pourrait aussi inciter d’autres judokas à privilégier des structures plus proches de leurs valeurs, même si les moyens financiers restent un frein. Pour Djalo, l’essentiel est ailleurs : « Je prends mes responsabilités. L’important, c’est d’y croire à fond. » Une leçon de persévérance qui dépasse le cadre sportif.

Djalo a évoqué des raisons financières et surtout un meilleur épanouissement personnel au Pré Saint-Gervais. Il a expliqué à RMC Sport qu’il était « plus heureux comme ça » et entouré de personnes « bienveillantes », contrairement à son expérience passée au PSG Judo, où il s’estimait moins soutenu.

Djalo est engagé au Grand Chelem d’Astana, au Kazakhstan, dans les prochains jours. Il vise ensuite une régularité sur les Grands Chelems et les championnats du monde pour espérer une nouvelle sélection en équipe de France. Son objectif est de préparer ces compétitions avec la même rigueur que pour Douchanbé.