Un tribunal militaire chinois a rendu son verdict jeudi 7 mai 2026 concernant deux anciens ministres de la Défense accusés de corruption. Wei Fenghe et Li Shangfu, qui ont occupé ce poste entre 2018 et 2023, ont été condamnés à la peine de mort avec sursis, selon une information rapportée par le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Wei Fenghe et Li Shangfu, anciens ministres de la Défense chinois (2018-2023), condamnés à mort avec sursis pour corruption.
  • La peine sera commuée en réclusion à perpétuité après deux années de sursis, sans possibilité de réduction ni de libération conditionnelle.
  • Les deux personnalités étaient également d’anciens membres de la Commission militaire centrale, organe de contrôle de l’armée chinoise.
  • Le verdict a été rendu public par l’agence de presse officielle Chine Nouvelle.

Le tribunal militaire de Pékin a prononcé la condamnation à mort avec sursis, une peine qui, selon les dispositions légales chinoises, peut être révisée après une période probatoire. Comme le précise le Figaro, « à l’issue de deux années de sursis, leur peine sera commuée en réclusion à perpétuité, sans possibilité de réduction de peine ni de libération conditionnelle ». Cette décision a été confirmée par l’agence de presse d’État Chine Nouvelle, soulignant ainsi son caractère officiel.

Wei Fenghe et Li Shangfu, qui ont tous deux exercé des fonctions stratégiques au sein de la Commission militaire centrale, sont accusés d’avoir participé à des faits de corruption durant leur mandat. Cette commission joue un rôle central dans la gestion et la supervision des forces armées chinoises, ce qui confère une dimension particulièrement symbolique à cette affaire.

Les condamnations s’inscrivent dans le cadre d’une campagne anti-corruption menée par Pékin ces dernières années. Cette lutte, initiée sous la présidence de Xi Jinping, vise à restaurer la confiance dans les institutions militaires et à éliminer les pratiques frauduleuses au sein des hauts rangs de l’État. Les deux anciens ministres faisaient partie des personnalités les plus en vue du régime, leur chute marquant un tournant dans cette campagne.

« Leur peine sera transformée en réclusion à perpétuité sans possibilité de réduction ni de libération conditionnelle après deux années de sursis. » — Agence de presse Chine Nouvelle

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte où la Chine renforce sa lutte contre les abus de pouvoir et les détournements de fonds au sein de ses institutions. Les autorités chinoises ont multiplié les arrestations et les condamnations ces dernières années, notamment dans les rangs de l’armée et du Parti communiste. Les deux anciens ministres, dont les noms ont été cités à plusieurs reprises dans des enquêtes internes, symbolisent l’ampleur des dysfonctionnements au sommet de l’État.

Et maintenant ?

La commutation de la peine en réclusion à perpétuité, effective après deux ans de sursis, devrait intervenir d’ici 2028 si les deux condamnés ne bénéficient d’aucune réduction de peine. Leur sort dépendra des éventuelles mesures disciplinaires ou judiciaires supplémentaires que les autorités chinoises pourraient encore prononcer. Par ailleurs, cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la perception de la transparence au sein de l’appareil militaire chinois, alors que Pékin cherche à moderniser son armée et à renforcer sa crédibilité internationale.

Pour l’instant, aucune information complémentaire n’a été divulguée concernant d’éventuelles poursuites contre d’autres hauts responsables impliqués dans les mêmes dossiers. Les autorités chinoises n’ont pas non plus précisé si des biens ou des avoirs liés aux deux condamnés feraient l’objet de confiscations.

En Chine, la peine de mort avec sursis est une pratique judiciaire courante pour les crimes graves. Elle permet aux condamnés de bénéficier d’une période probatoire de deux ans pendant laquelle leur peine peut être réexaminée. Si le condamné ne commet pas de nouveau crime durant cette période, sa peine est généralement commuée en réclusion à perpétuité, comme le prévoit le code pénal chinois.

La Commission militaire centrale (CMC) est l’organe suprême de commandement et de contrôle des forces armées chinoises. Présidée par le président de la République populaire de Chine, elle joue un rôle clé dans la définition de la politique de défense et la gestion des hauts gradés. Ses membres sont nommés par le Parti communiste chinois, ce qui en fait une institution à la fois militaire et politique.