Le géant du e-commerce et du cloud Amazon frappe un grand coup dans le secteur de la connectivité spatiale. Selon Courrier International, l’entreprise dirigée par Jeff Bezos a officiellement déposé, le 27 juillet 2026, une demande d’agrément auprès de la Commission fédérale des communications (FCC) américaine. L’objectif ? Placer en orbite plus de 5 000 satellites dédiés à la connexion directe des smartphones et autres appareils mobiles depuis l’espace, sans passer par les antennes-relais terrestres classiques.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la stratégie d’Amazon pour s’imposer sur le marché des télécommunications par satellite, un secteur aujourd’hui dominé par Starlink, la filiale spatiale d’Elon Musk. Selon les chiffres cités par Courrier International, Starlink propose déjà des services Internet haut débit dans plus de 150 pays, grâce à une constellation de plus de 10 000 satellites en orbite. Une avance technologique et commerciale que Jeff Bezos compte bien réduire, voire dépasser, avec son propre réseau.

Ce qu’il faut retenir

  • 5 000 satellites en orbite pour connecter directement les smartphones depuis l’espace, selon la demande déposée par Amazon à la FCC.
  • Un investissement colossal de 11,6 milliards de dollars (10,2 milliards d’euros) pour racheter Globalstar, une société américaine de télécommunications par satellite, en cours de finalisation.
  • Un projet visant à concurrencer directement Starlink, qui compte déjà plus de 10 000 satellites et dessert plus de 150 pays.
  • Une solution ciblant les zones mal desservies par les réseaux terrestres, où des millions de personnes n’ont pas accès à une connexion mobile stable.
  • Une demande déposée le 27 juillet 2026, alors qu’Amazon avait annoncé son intention d’acquérir Globalstar dès avril 2025.

Un pari technologique et commercial ambitieux

L’annonce d’Amazon intervient à peine deux ans après le lancement de son projet Kuiper, une constellation de satellites dédiée à l’Internet haut débit. Mais cette fois, l’entreprise de Jeff Bezos change de braquet : au lieu de cibler principalement les particuliers et les entreprises via des terminaux dédiés, elle mise sur la connexion directe des smartphones. Une technologie appelée D2D (direct-to-device), qui permettrait à n’importe quel utilisateur d’accéder à Internet via un satellite, sans besoin d’antenne-relais au sol.

Dans sa demande adressée à la FCC, Amazon justifie cette stratégie en soulignant l’urgence de connecter les zones non couvertes par les réseaux traditionnels : « Amazon est impatient de tenir sa promesse de connectivité D2D, notamment pour les millions de personnes qui vivent, voyagent et travaillent dans des zones actuellement non couvertes par les réseaux existants », peut-on lire dans le document cité par le Financial Times. Une déclaration qui révèle une volonté de combler les fractures numériques, un enjeu majeur pour les gouvernements et les opérateurs télécoms à l’échelle mondiale.

Starlink sous pression, l’espace devient un champ de bataille

Avec cette initiative, Amazon entre en concurrence directe avec Starlink, la filiale spatiale de SpaceX, qui a déjà révolutionné l’accès à Internet par satellite. Depuis son lancement en 2019, Starlink a mis en orbite plus de 10 000 satellites et propose ses services dans 150 pays, avec des tarifs compétitifs et des performances en constante amélioration. Mais Amazon compte bien lui disputer sa place de leader, en capitalisant sur ses ressources financières et son expertise dans le cloud et l’IA.

Cette bataille des constellations satellites s’inscrit dans un contexte plus large de guerre technologique entre les géants du numérique. Alors que SpaceX (Starlink) et Amazon (Kuiper) se livrent une course effrénée pour la maîtrise de l’orbite terrestre, d’autres acteurs comme OneWeb ou la Chine développent également leurs propres projets. Le marché de la connectivité spatiale pourrait ainsi atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars d’ici la fin de la décennie, selon les analystes du secteur.

Un rachat stratégique pour accélérer la mise en œuvre

Pour concrétiser ce projet, Amazon a engagé un processus de rachat de Globalstar, une société américaine spécialisée dans les télécommunications par satellite. Annoncée en avril 2025 pour un montant de 11,6 milliards de dollars (10,2 milliards d’euros), cette acquisition vise à renforcer ses capacités techniques et réglementaires. Globalstar dispose en effet de licences et d’une infrastructure déjà opérationnelle, ce qui pourrait permettre à Amazon d’accélérer le déploiement de sa constellation de satellites.

Cette opération s’ajoute à d’autres investissements massifs consentis par Jeff Bezos dans le spatial. Après avoir lancé Blue Origin en 2000, le milliardaire mise désormais sur Kuiper pour diversifier ses activités au-delà du e-commerce et du cloud computing. Une stratégie qui reflète sa volonté de faire d’Amazon un acteur incontournable dans tous les domaines technologiques, y compris ceux liés à l’espace.

Et maintenant ?

La demande déposée par Amazon auprès de la FCC doit encore faire l’objet d’un examen approfondi, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois, voire plus d’un an. Si elle est validée, le géant du numérique devra ensuite obtenir les autorisations nécessaires dans chaque pays où il souhaite déployer ses services. Une étape cruciale, car les régulateurs nationaux pourraient freiner l’expansion d’Amazon si les enjeux de souveraineté technologique ou de concurrence sont jugés trop importants.

D’ici là, Starlink continuera probablement à renforcer sa position dominante, tandis qu’Amazon devra prouver que son réseau D2D peut rivaliser en termes de couverture, de débit et de coût. Une chose est sûre : la bataille pour l’Internet spatial ne fait que commencer.

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact de cette initiative sur le marché des télécommunications. Si Amazon parvient à concrétiser son projet, des millions d’utilisateurs dans les zones reculées ou mal desservies pourraient enfin accéder à une connexion haut débit, transformant ainsi l’accès à Internet en une réalité universelle.

La technologie D2D (direct-to-device) permettrait aux smartphones de se connecter directement aux satellites en orbite, sans passer par une antenne-relais au sol. Les satellites émettraient un signal suffisamment puissant pour être capté par les appareils mobiles, offrant ainsi une couverture même dans les zones sans infrastructure terrestre.

Amazon mise sur la simplicité d’utilisation en ciblant les smartphones directement, là où Starlink nécessite souvent des terminaux dédiés. De plus, Amazon dispose d’une trésorerie colossale et d’une expertise en gestion de grands réseaux, grâce à ses activités dans le cloud (AWS) et le e-commerce. Enfin, le rachat de Globalstar pourrait lui donner un avantage en termes de licences et d’infrastructure existante.