Selon Euronews FR, les premières projections issues d’un sondage à la sortie des urnes, réalisé par Sigma Dos pour Canal Sur, indiquent que le président sortant de la Junta d’Andalousie, Juanma Moreno (Parti populaire, PP), conserverait sa majorité absolue lors du scrutin de ce dimanche 17 mai 2026. Le PSOE, mené par María Jesús Montero, enregistrerait quant à lui son pire résultat historique dans cette région qu’il a dirigée pendant près de quarante ans.
Ce qu'il faut retenir
- Entre 56 et 59 sièges pour le PP, selon le sondage Sigma Dos, soit une reconduction de la majorité absolue détenue depuis 2019.
- Le PSOE obtiendrait entre 26 et 29 sièges, un score inférieur à ses 30 élus actuels et le pire résultat de son histoire en Andalousie.
- Vox se maintiendrait entre 13 et 15 sièges, sans progression significative, tandis qu’Adelante Andalucía pourrait doubler sa représentation, passant de 2 à 4 ou 5 sièges.
- 163 510 Andalous ont voté par anticipation, selon les données officielles du scrutin, marqué par des problèmes techniques dans trois bureaux de vote ayant prolongé l’ouverture jusqu’à 20h45.
- L’Andalousie, bastion historique du PSOE, est désormais dirigée par le PP depuis 2019, et ce scrutin est perçu comme un test avant les législatives espagnoles de 2027.
Une victoire claire pour le Parti populaire
Les premières estimations issues du sondage à la sortie des urnes, commandé par Canal Sur et réalisé par Sigma Dos, confirment la tendance attendue : Juanma Moreno devrait conserver la majorité absolue en Andalousie, avec entre 56 et 59 sièges pour le Parti populaire. Ce score lui permettrait de gouverner seul pendant quatre ans supplémentaires, sans avoir à négocier avec d’autres forces politiques. Le PP, qui détient déjà 58 sièges à l’issue de la législature précédente, dépasse ainsi le seuil des 55 sièges nécessaires pour former une majorité absolue.
Cette victoire s’inscrit dans la continuité de la politique menée par Moreno depuis 2019, dans une région qui représente près de 20 % de la population espagnole. Le scrutin revêt une importance particulière, car l’Andalousie dispose de larges compétences en matière de santé, d’éducation et de logement, ce qui en fait un acteur clé dans le système décentralisé espagnol.
Un revers historique pour le PSOE et María Jesús Montero
Côté socialiste, le bilan s’annonce désastreux. Le PSOE d’María Jesús Montero, ex-ministre des Finances et ex-vice-présidente du gouvernement espagnol, n’obtiendrait qu’entre 26 et 29 sièges, en dessous des 30 sièges actuels et loin des 50 sièges nécessaires pour peser dans l’hémicycle. Ce score marque un nouveau recul pour les socialistes, qui ont gouverné l’Andalousie sans interruption de 1982 à 2019. Montero, candidate en campagne avec un profil technique, n’a pas réussi à inverser la tendance malgré ses fonctions au sein du gouvernement central.
Le PP a d’ailleurs fait de sa rivale un symbole des échecs du gouvernement de Pedro Sánchez, l’accusant de liens avec les affaires de corruption touchant l’entourage du président. Lors de son vote à Séville, Montero avait appelé à une forte participation, déclarant : «
C’est une journée très importante pour que nous puissions décider de notre avenir. Que personne ne reste chez soi.» Une mobilisation insuffisante, selon les premières projections.
Vox et les forces de gauche dans le scrutin
Côté extrême droite, Vox conserverait ses 14 sièges actuels, avec une projection oscillant entre 13 et 15 sièges. Le parti, bien que stable, ne progresse pas suffisamment pour jouer un rôle décisif dans la formation d’une coalition, contrairement à ce qui s’est produit dans d’autres régions comme l’Estrémadure ou la Castille-et-León. Le PP, qui n’exclut pas d’éventuels accords avec Vox, pourrait néanmoins devoir compter sur son soutien pour certains projets législatifs.
À gauche, Por Andalucía frôlerait les 5 ou 6 sièges, un score stable, tandis qu’Adelante Andalucía réaliserait une progression notable, passant de 2 à 4 ou 5 sièges. Une surprise relative, mais insuffisante pour menacer la domination du PP. Ces résultats confirment la fragmentation de la gauche en Andalousie, où le PSOE ne parvient plus à fédérer l’électorat progressiste.
Un scrutin sous haute tension et des enjeux nationaux
Les bureaux de vote ont ouvert à 9h et sont restés accessibles jusqu’à 20h45 dans trois bureaux en raison de problèmes techniques, sans que cela ne semble avoir affecté la participation. Au total, 163 510 Andalous avaient voté par anticipation, selon les chiffres officiels. Le président sortant, Juanma Moreno, a déposé son bulletin à Malaga en compagnie de son épouse, tandis que la candidate socialiste, María Jesús Montero, a exercé son droit de vote à Séville.
Ce scrutin est interprété comme un thermomètre politique avant les législatives espagnoles de 2027. Dans un contexte marqué par l’usure du gouvernement Sánchez et plusieurs enquêtes pour corruption visant des proches du président, l’Andalousie devient un laboratoire des rapports de force à venir. Le leader du PP, Alberto Núñez Feijóo, a d’ailleurs souligné que « une victoire en Andalousie aurait un double effet : consolider le changement politique dans la région et renforcer l’alternative au gouvernement de Sánchez ».
De son côté, Pedro Sánchez a appelé à la mobilisation de l’électorat progressiste pour « empêcher l’entrée de Vox au gouvernement andalou », tout en défendant la candidature de Montero comme une option solide pour la région.
D’autres candidats ont également exercé leur droit de vote ce dimanche, comme José Ignacio García, porte-parole d’Adelante Andalucía, qui s’est rendu à Jerez de la Frontera accompagné de sa mère. « Nous sommes tous égaux aujourd’hui, nous avons le même pouvoir et il faut en profiter », a-t-il déclaré après avoir glissé son bulletin dans l’urne. Un symbole fort dans une campagne marquée par les divisions politiques.
Reste à voir si ces premières projections résisteront à l’épreuve des urnes. Une chose est sûre : l’Andalousie, région la plus peuplée d’Espagne, continue de jouer un rôle central dans le jeu politique national, bien au-delà de ses frontières.
Les résultats définitifs doivent être proclamés dans les prochaines heures. Si les projections se confirment, Juanma Moreno devrait former un nouveau gouvernement dans les semaines à venir, tandis que le PSOE et les forces de gauche devront analyser leurs échecs pour préparer les prochaines échéances électorales.
L’Andalousie est perçue comme un baromètre politique pour les partis nationaux. Une victoire du PP pourrait renforcer sa position face au gouvernement Sánchez, tandis qu’un score historique du PSOE ou une percée de la gauche radicale modifierait les équilibres en vue des législatives.