« Toutes mes ascensions sont artistiques. » C’est par cette affirmation que Angela Nikolau, 31 ans, résume sa carrière d’alpiniste urbaine, selon Le Figaro. Avec son compagnon Ivan Beerkus, alias Vanya, cette artiste russe a fait de l’escalade illégale de gratte-ciel une performance à la fois sportive, artistique et médiatique. Leur histoire, marquée par des exploits vertigineux et une relation amoureuse hors norme, est au cœur du documentaire Skywalkers : d’amour et de vertige, disponible sur Netflix depuis le 19 juillet 2025.

Ce qu’il faut retenir

  • Angela Nikolau, 31 ans, et son compagnon Ivan Beerkus forment un duo d’alpinistes urbains surnommés « rooftoppers », spécialisés dans l’escalade illégale de bâtiments.
  • Leur plus haut exploit ? L’ascension de la Merdeka 118 à Kuala Lumpur, un gratte-ciel de 678 mètres, en décembre 2022.
  • Leur parcours est retracé dans le documentaire Skywalkers : d’amour et de vertige, réalisé par Jeff Zimbalist et diffusé sur Netflix.
  • Artiste de formation, Nikolau utilise ses performances pour créer des œuvres graphiques inspirées par l’absence de limites et la lumière colorée.
  • Le couple s’est installé à New York en 2025, attiré par l’énergie créative de la ville, où Nikolau poursuit sa carrière artistique.
  • Parmi leurs cibles préférées : les immeubles en rénovation ou abandonnés, mais jamais les édifices religieux en activité.

Une passion née d’un mélange d’art et de sport

Angela Nikolau puise son inspiration dans ses racines circassiennes et sa formation en gymnastique rythmique. « Ma famille était composée de circassiens, et j’ai également suivi une formation en gymnastique, explique-t-elle au Figaro. Ces disciplines m’ont appris à allier force, souplesse et précision, des qualités essentielles pour l’alpinisme urbain. » Son ascension vers la célébrité a débuté avec des clichés et vidéos postés sur les réseaux sociaux, où ses performances acrobatiques en hauteur ont rapidement captivé des millions d’abonnés. « Ces images m’ont rendue reconnaissable, et ont probablement joué un rôle dans la rencontre avec le réalisateur Jeff Zimbalist, qui a souhaité raconter notre histoire. »

L’escalade, un langage artistique pour Nikolau

Pour cette artiste, chaque ascension est une œuvre à part entière. « Je ne cherche pas simplement à repousser mes limites physiques, précise-t-elle. Mon objectif est de créer quelque chose de beau, de transformer l’espace urbain en une toile. Mes peintures, réalisées après mes performances, prolongent cette idée en jouant avec les angles et les perspectives. » Selon elle, ses œuvres, souvent centrées sur des figures féminines évoquant des super-héroïnes, invitent le spectateur à s’immerger dans une « matrice » où les frontières entre réel et imaginaire s’effacent. « Je casse la perspective traditionnelle pour que le public se sente acteur de l’histoire. »

Un documentaire aux multiples interprétations

Le film Skywalkers : d’amour et de vertige, réalisé par Jeff Zimbalist, explore plusieurs dimensions de leur parcours. « Le documentaire permet à chacun d’y trouver son propre message, confie Nikolau. Certains y voient une réflexion sur la relation parent-enfant, d’autres sur le dépassement de soi ou encore sur les traumatismes de l’enfance. » Leur ascension de la Merdeka 118, filmée en décembre 2022, illustre cette polyvalence : l’exploit a été rendu possible grâce à une diversion orchestrée autour de la diffusion de la finale de la Coupe du monde de football, opposant l’Argentine à la France. « Nous avons improvisé comme une danse, souligne-t-elle. Si le match avait été plus court, nous aurions trouvé une autre solution, mais nous avons eu de la chance. »

Les défis et les peurs, moteurs de leur aventure

Malgré leurs exploits, Nikolau et Beerkus restent confrontés à leurs limites. « Je n’ai pas vaincu toutes mes peurs, admet-elle. Déménager à New York a été un nouveau défi : la ville est rapide, compétitive et chère. Construire une carrière artistique ici demande énormément d’efforts et de courage. » Leur installation dans la métropole américaine en 2025 marque une nouvelle étape, où Nikolau compte bien s’imposer comme une figure incontournable de l’art contemporain. « Mon principal objectif ? Réussir en tant que femme artiste. Chaque ascension est une déclaration : il n’y a pas de restrictions. »

Une éthique stricte : respecter les lieux de culte

Leur approche de l’alpinisme urbain est guidée par un code de conduite strict. « Nous n’escaladons jamais les édifices religieux en activité, déclare Nikolau. Nous avons pu gravir la Basilique Sainte-Clotilde à Paris en 2017, car elle était en rénovation, tout comme une pagode chinoise en reconstruction. Mais jamais pendant un office ou lorsque des fidèles sont présents. » Cette ligne de conduite reflète leur respect pour les croyances et les pratiques religieuses, malgré leur attirance pour les structures historiques. « Pour nous, il est inconcevable de déranger ceux qui viennent prier. »

« Il est impossible d’atteindre le sommet de la Tour Eiffel sans se faire arrêter. »
Angela Nikolau

New York, nouvelle terre d’inspiration

Leur installation à New York n’est pas le fruit du hasard. « Nous sommes venus pour la première du film sur Netflix et nous sommes tombés amoureux de la ville, raconte Nikolau. Cette métropole incarne la liberté et la créativité, des valeurs qui nous correspondent. » Depuis, le couple y poursuit ses projets artistiques et sportifs. Nikolau y développe une série de peintures inspirées par la lumière et les matériaux urbains, tandis que Beerkus se concentre sur la production de contenus pour leurs réseaux sociaux. « Ici, on se sent libres de tout essayer, sans limites. »

Et maintenant ?

Angela Nikolau et Ivan Beerkus pourraient prochainement annoncer de nouveaux projets d’escalade urbaine, cette fois-ci dans des mégapoles asiatiques ou américaines. Leur présence à New York ouvre également des perspectives pour des collaborations avec des galeries d’art ou des institutions culturelles, visant à exposer leurs œuvres et à populariser leur vision artistique. Pour l’heure, leur objectif reste inchangé : pousser toujours plus loin les frontières de l’art et de l’aventure, sans jamais perdre de vue leur éthique. Leur prochain défi ? Peut-être l’escalade d’un bâtiment emblématique en Europe, mais Nikolau reste prudente : « Tant que ce n’est pas interdit, pourquoi pas ? »

En attendant, leur documentaire continue de susciter des débats sur la légitimité de l’art urbain et la frontière entre performance sportive et création artistique. Une question que Nikolau aborde avec pragmatisme : « L’art n’a pas de limites, et moi non plus. »

Un « rooftopper » est une personne qui escalade illégalement des structures urbaines, comme des immeubles, des grues ou des monuments, sans équipement de sécurité. Le terme désigne aussi bien l’acte de grimper que ses praticiens, souvent des passionnés de sensations fortes et de photographie extrême.

Oui, elle a notamment été interpellée en 2017 avec son compagnon pour avoir escaladé la Basilique Sainte-Clotilde à Paris. Le couple avait été menotté et séparé avant d’être relâché après vérification de leurs affaires. Cette expérience avait marqué Nikolau, qui avait dénoncé une violation de son espace personnel.