Selon Franceinfo - Culture, la chanteuse béninoise Angélique Kidjo, figure emblématique de la scène musicale internationale, a accordé un entretien marquant ce mercredi 17 juin 2026, alors que son nouvel album « Hope!! » vient de paraître. Artiste engagée, elle y exprime une réflexion profonde sur l’espoir, le deuil et la transmission, des thèmes qui résonnent particulièrement dans un contexte mondial marqué par des crises multiples. Son parcours, jalonné d’engagements pour les droits des femmes et l’éducation, s’enrichit aujourd’hui d’une œuvre musicale et militante, portée par une tournée française débutant dès ce mois de juin.
Ce qu'il faut retenir
- Angélique Kidjo, artiste béninoise mondialement connue, sort son nouvel album « Hope!! » le 24 avril 2026, suivi d’une tournée en France.
- Dans cet entretien, elle évoque un état d’esprit de deuil après la perte de ses parents, tout en affirmant que la musique reste son outil pour transmettre l’espoir.
- Elle souligne que la jeunesse doit prendre son destin en main, un message central dans sa chanson « You can », dédiée à sa fille.
- Son engagement pour les droits des femmes et l’éducation, hérité de ses parents, reste une constante dans sa carrière.
- La tournée française de Kidjo inclut des dates majeures comme le Niort Jazz Festival (25 juin), le Jazz à Vienne (6 juillet) ou les Nuits de Robinson à Mandelieu-la-Napoule (28 juillet).
Un album né dans l’acceptation du deuil et de la transmission
Dans un échange exclusif avec Franceinfo - Culture, Angélique Kidjo a révélé que la création de « Hope!! » a été un processus long de cinq ans, marqué par l’acceptation de la perte de ses parents. « J’étais dans un état d’esprit de deuil, d’acceptation du fait que ma maman ne sera plus là et d’accepter aussi que je suis devenue orpheline », a-t-elle confié. Ses parents, selon elle, lui ont « installé une boussole de moralité et de valeurs » qu’elle transmet aujourd’hui à travers sa musique. « Aujourd’hui, je suis devenue adulte parce que je n’ai plus mon père et ma mère à appeler quand j’ai un problème », a-t-elle ajouté, soulignant que cette absence a renforcé son besoin de réflexion sur l’avenir, tant pour elle que pour les générations futures.
La jeunesse, un public prioritaire dans un monde fracturé
Face à sa fille Naïma, Kidjo admet avoir ressenti une inquiétude profonde : « Quand on se retrouve en face de son enfant qui vous pose des questions, on se demande : *Est-ce qu’il y a un futur pour elle ?* » C’est dans ce contexte qu’elle a choisi de transformer sa tristesse en énergie créatrice. « Le seul outil que j’ai, c’est la musique, pour transmettre ce mal-être que ma fille a pu articuler et que je vois aussi chez les jeunes », explique-t-elle. Son album devient ainsi un manifeste pour l’espoir, une réponse collective aux fractures d’un monde en crise. « Qu’est-ce qu’on arrive à créer ensemble dans un monde fracturé ? Où est-ce qu’on trouve la colle qui colle tout ? », interroge-t-elle, tout en affirmant que la réponse réside dans l’action individuelle et collective.
« On est dans une crise et ma réponse, en tant que mère, c’est de dire à cette jeunesse, à ma fille, que leur futur est dans leurs mains. »
Angélique Kidjo, à Franceinfo - Culture
Un héritage familial et artistique revisité
Kidjo a également évoqué l’influence déterminante de ses parents dans son parcours. Son père, figure centrale, l’a poussée à l’indépendance, un principe qu’elle a appliqué jusqu’à quitter le Bénin dans les années 1980, alors sous un régime dictatorial. « Ma dernière image avant mon départ, c’est mon père en sanglots derrière le volant », raconte-t-elle. Malgré les risques, elle a choisi de suivre sa voie, refusant que son père porte le poids d’un éventuel échec. « Ce n’est pas lui qui va vivre ma vie à ma place, il me l’a appris tous les jours », rappelle-t-elle. Ce départ, bien que douloureux, a marqué le début de sa carrière internationale, nourrie par les valeurs transmises par sa famille.
Quant à sa mère, elle a joué un rôle clé dans ses débuts artistiques, notamment en lui confectionnant ses tenues de scène et en lui inculquant des principes esthétiques et moraux. « Elle me disait toujours qu’on peut être sexy sans être nu », confie Kidjo. Ces enseignements, combinés à une exigence artistique constante, ont forgé une partie de son identité. Elle évoque aussi les projections de ses premiers concerts, organisées par son père, qui transformaient ses performances en moments de partage et de critique collective — une expérience qui a façonné son exigence professionnelle.
« You can » : une chanson intime pour sa fille et pour tous les jeunes
Parmi les titres de l’album, « You can » se distingue comme une lettre ouverte à sa fille Naïma. Kidjo y aborde le deuil d’un monde idéalisé que la jeunesse doit affronter. « Un matin, elle se réveille et me dit : *Maman, je dois faire le deuil du monde qui nous a été promis* », raconte-t-elle. Face à cette prise de conscience, l’artiste refuse les réponses toutes faites. « Tous tes mots, je les connais, ça ne résoudra pas le problème », poursuit-elle, avant d’affirmer : « C’est ça ‘You can’ parce qu’il y a plein de bagarres que j’ai déjà faites, j’ai essayé de faire le maximum que je peux. Maintenant, je vous passe le bébé, nourrissez ce bébé, qu’il grandisse bien. » Un message d’autonomisation qui résonne comme un appel à l’action pour la génération montante.
L’espoir comme moteur d’une carrière engagée
Pour Angélique Kidjo, l’espoir n’est pas un simple concept, mais une énergie vitale qui guide chacun de ses pas. « Je vis chaque jour comme si c’était le dernier. Il y a tellement de beauté dans la vie, si on ne veut pas le voir, on ne le voit pas », confie-t-elle. Sa musique, explique-t-elle, lui a permis de voyager à travers le monde et de rencontrer des publics variés, souvent en quête de sens. « Grâce à la musique, j’ai pu voyager partout et voir des gens à mes concerts avec des larmes, des gens avec des sourires », observe-t-elle. Elle évoque aussi le rôle de sa sœur lors de ses spectacles, qui, selon elle, incarne la joie post-concert, « une partie que j’aime le plus dans mon métier : donner quelque chose de positif, de fort aux gens ».
Une tournée française pour porter son message d’espoir
La sortie de « Hope!! » s’accompagne d’une tournée en France, qui débutera dès le 25 juin avec le Niort Jazz Festival. D’autres étapes majeures sont prévues, comme le Jazz à Vienne le 6 juillet et les Nuits de Robinson à Mandelieu-la-Napoule le 28 juillet. Ces dates, parmi d’autres, permettront à Kidjo de partager son message d’espoir et d’engagement avec un public large, tout en célébrant sa carrière éclectique, mêlant traditions africaines, jazz et influences contemporaines. Son parcours, marqué par une quête incessante de justice sociale et d’émancipation, trouve dans cette tournée une nouvelle dimension publique.
Angélique Kidjo a su, tout au long de sa carrière, transformer ses épreuves personnelles en forces collectives. Avec « Hope!! », elle propose une fois de plus une réponse artistique et humaine aux défis du temps présent, rappelant que l’espoir, même fragile, reste le ciment des sociétés. Sa tournée, qui s’annonce riche en émotions, sera l’occasion de mesurer l’écho de ce message auprès du public.
Selon Franceinfo - Culture, l’album « Hope!! » reflète un processus créatif de cinq ans, né dans un contexte de deuil et d’acceptation de la perte de ses parents. Kidjo y aborde directement cette période de sa vie, expliquant que la musique est devenue son outil pour transmettre l’espoir et les valeurs héritées de sa famille.
D’après Franceinfo - Culture, la tournée débutera le 25 juin au Niort Jazz Festival, se poursuivra le 6 juillet au Jazz à Vienne, et s’achèvera le 28 juillet aux Nuits de Robinson à Mandelieu-la-Napoule. D’autres dates pourraient être ajoutées en fonction de la demande.