Anne-Claire Legendre a été nommée présidente de l’Institut du monde arabe (IMA), succédant ainsi à Jack Lang, selon Libération. Cette ancienne conseillère d’Emmanuel Macron, reconnue pour son expertise du Moyen-Orient, prendra officiellement ses fonctions dans un contexte où l’institution culturelle parisienne cherche à renforcer son rayonnement international.
Ce qu'il faut retenir
- Anne-Claire Legendre, ancienne conseillère de l’Élysée, devient présidente de l’IMA en remplacement de Jack Lang, figure historique de l’institution depuis 2013.
- Spécialiste reconnue du Moyen-Orient, elle apporte une expertise diplomatique et culturelle au poste, après avoir occupé des fonctions au sein de l’administration macroniste.
- Son arrivée coïncide avec une volonté de modernisation et de diversification des missions de l’IMA, basé à Paris sur les bords de Seine.
Une figure de la diplomatie culturelle
Anne-Claire Legendre, 52 ans, n’est pas une inconnue dans les cercles de la diplomatie française. Elle a notamment servi comme conseillère en charge du Moyen-Orient auprès d’Emmanuel Macron entre 2017 et 2022, un poste où elle a contribué à façonner la politique étrangère de la France dans une région marquée par des crises récurrentes. Son parcours dans l’administration et les affaires internationales lui vaut une réputation de négociatrice aguerrie, côté autant par sa rigueur que par sa connaissance fine des enjeux régionaux.
Selon Libération, sa nomination s’inscrit dans une dynamique de renouvellement des têtes dirigeantes des institutions culturelles françaises. Elle succède à Jack Lang, qui avait dirigé l’IMA pendant plus d’une décennie, un mandat marqué par une série d’expositions majeures et un ancrage renforcé de l’institut dans le paysage parisien.
L’IMA, un carrefour culturel et politique
Fondé en 1987, l’Institut du monde arabe s’est imposé comme un lieu de dialogue entre les cultures, abritant des collections permanentes, des expositions temporaires et une bibliothèque dédiée aux mondes arabes. Basé au 6e arrondissement de Paris, sur les quais de Seine, l’institut joue un rôle clé dans la promotion du patrimoine et de la création contemporaine des pays arabes. Son conseil d’administration, présidé jusqu’ici par Jack Lang, reflète l’importance politique et symbolique de cette institution.
La prise de fonction d’Anne-Claire Legendre pourrait marquer un tournant dans la stratégie de l’IMA, avec une attention accrue portée aux partenariats internationaux et à la diversification de ses publics. Son profil, à la croisée de la diplomatie et de la culture, semble adapté à un moment où l’institution doit naviguer entre préservation de son héritage et adaptation aux nouvelles attentes du public.
Un contexte politique et culturel en mutation
La nomination d’Anne-Claire Legendre intervient alors que l’IMA fait face à des défis budgétaires et à la nécessité de se réinventer face à la concurrence des autres grands musées et centres culturels parisiens. Le ministère de la Culture, qui supervise l’institut, a salué une « personnalité de premier plan » pour ce poste, soulignant son expérience dans les relations internationales. Reste à savoir comment elle articulera sa vision avec les attentes des mécènes, des chercheurs et des visiteurs.
Côté Quai d’Orsay, on rappelle que l’IMA reste un outil essentiel de la diplomatie culturelle française, au même titre que l’Institut français ou les Alliances françaises. Son rayonnement dépasse les frontières hexagonales, avec une fréquentation annuelle dépassant les 1,2 million de visiteurs avant la pandémie, selon les derniers chiffres disponibles.
Anne-Claire Legendre hérite d’une institution à la fois solide et en quête de modernisation. Si sa légitimité ne fait aucun doute, la réussite de son passage à l’IMA dépendra de sa capacité à concilier héritage et innovation, dans un contexte où la culture est de plus en plus perçue comme un levier de soft power.
L’IMA, dirigé par Jack Lang depuis 2013, a renforcé ses missions de médiation culturelle entre la France et les pays arabes, avec une programmation variée mêlant expositions, débats et résidences d’artistes. L’institut a également développé des partenariats avec des musées et institutions du monde arabe, tout en modernisant ses espaces et ses outils numériques pour toucher un public plus large.
