Paris, 3 juin 2026 — Lors d’une intervention devant une assemblée de producteurs de blé, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a incité le groupe chimique BASF à explorer « des méthodes d’évaluation alternatives » afin de faciliter l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché pour l’un de ses herbicides, actuellement classé comme perturbateur endocrinien. Cette déclaration, rapportée par Le Monde - Politique, intervient dans un contexte de tensions accrues autour des substances phytosanitaires et de leurs impacts sanitaires et environnementaux.
Ce qu'il faut retenir
- L’herbicide concerné est classé comme perturbateur endocrinien, une catégorie de substances particulièrement surveillée en raison de leurs effets potentiels sur la santé humaine.
- Annie Genevard a appelé BASF à proposer de nouvelles méthodes d’évaluation pour contourner les blocages réglementaires actuels et obtenir une autorisation de mise sur le marché.
- Cette prise de position s’inscrit dans un débat plus large sur l’évolution des normes européennes concernant les produits phytosanitaires, entre innovation industrielle et protection de la santé publique.
Une déclaration inattendue dans un contexte réglementaire strict
Annie Genevard s’exprimait mardi devant des représentants des producteurs de blé, un secteur particulièrement sensible aux restrictions sur les herbicides. Selon Le Monde - Politique, elle a affirmé que BASF devait « présenter des méthodes d’évaluation alternatives » pour permettre une réévaluation de son produit. Cette approche, si elle était adoptée, pourrait ouvrir la voie à une autorisation malgré les alertes sanitaires actuelles.
L’herbicide en question, développé par BASF, est déjà sous surveillance en raison de son classement comme perturbateur endocrinien. En Europe, les substances classées dans cette catégorie font l’objet de restrictions strictes, voire d’interdictions dans certains cas. Pourtant, la ministre a semblé encourager une adaptation des critères d’évaluation plutôt qu’un retrait pur et simple du produit.
Un signal politique qui divise les acteurs du secteur
La position d’Annie Genevard a immédiatement suscité des réactions contrastées. Côté agriculteurs, certains y voient une opportunité de maintenir des outils de production face à la montée des contraintes réglementaires. « C’est une avancée pour notre compétitivité », a réagi un représentant de la FNSEA, contacté par Le Monde - Politique.
À l’inverse, les associations de défense de l’environnement et de la santé publique dénoncent une « instrumentalisation des normes sanitaires ». « Cela revient à contourner les règles pour favoriser l’industrie chimique », a critiqué une porte-parole de Générations Futures. Ce débat illustre les tensions persistantes entre innovation agricole, impératifs économiques et protection de la santé.
Les prochaines étapes : une réévaluation sous conditions ?
Pour BASF, cette invitation ministérielle pourrait représenter une opportunité de négocier un assouplissement des critères. Le groupe chimique dispose désormais d’un délai pour proposer des alternatives d’évaluation, comme l’a indiqué une source proche du dossier. « Nous allons étudier les propositions de la ministre et travailler avec les autorités compétentes », a déclaré un porte-parole de l’entreprise à Le Monde - Politique.
Côté gouvernemental, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à concilier innovation et transition écologique. Cependant, aucune date butoir n’a été fixée pour une éventuelle autorisation. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si cette approche aboutira à une réévaluation du produit ou si les objections sanitaires l’emporteront.
Cette affaire rappelle les controverses récurrentes autour des pesticides, comme en témoigne le cas du glyphosate, dont le renouvellement avait déjà fait l’objet de vifs débats au niveau européen. Pour l’heure, aucune date n’a été avancée pour une éventuelle autorisation de l’herbicide de BASF, mais la pression des industriels et des agriculteurs pourrait accélérer le processus.