À trois jours de la décision du tribunal de commerce de Toulouse, le financier Matthieu Pigasse appelle l'État à soutenir son offre de reprise de Fibre Excellence, numéro un français de la pâte à papier, selon BFM Business. Malgré un projet de 90 millions d'euros bâti avec deux régions et des investisseurs, le repreneur conditionne son plan à des aides publiques sur l'électricité, le bois et les quotas carbone. Pour l'heure, Bercy juge l'offre insuffisante pour sauver les 545 salariés concernés.

Le financier Matthieu Pigasse a demandé ce vendredi 24 juillet « un effort » au gouvernement pour soutenir son projet de reprise du fabricant de pâte à papier Fibre Excellence sur lequel doit se prononcer lundi le tribunal de commerce de Toulouse. « On a construit en six semaines avec (...) les régions Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur, les syndicats et un certain nombre d'investisseurs un projet industriel et social de long terme » susceptible de « sauver cette entreprise et les emplois », a déclaré M. Pigasse à l'AFP.

Ce qu'il faut retenir

  • Le plan de sauvetage de Fibre Excellence nécessite des aides publiques pour être mis en œuvre.
  • Le projet, d'un montant de 90 millions d'euros, a été élaboré en six semaines avec les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur, ainsi que des investisseurs.
  • Le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer sur la reprise de l'entreprise lundi prochain.

Le contexte

Fibre Excellence, qui possède les deux dernières grandes fabriques de pâte à papier de France, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne, 270 salariés) et Tarascon (Bouches-du-Rhône, 275 salariés), a été placée en redressement judiciaire fin avril. Le groupe du financier Matthieu Pigasse a déposé auprès du tribunal de commerce de Toulouse une offre de reprise, associé à deux fonds gérés par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Les présidents des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côtes d'Azur, et les syndicats CGT, CFDT et FO ont demandé mercredi au président Emmanuel Macron de « garantir la viabilité » de l'offre de reprise de M. Pigasse. Des salariés occupent depuis lundi le site de Saint-Gaudens dans l'attente de la décision de lundi prochain, a fait savoir la CGT.

Les conditions du plan de sauvetage

Le plan de sauvetage de Fibre Excellence conditionne son succès à des aides publiques sur trois sujets : le coût de l'électricité, l'approvisionnement en bois et les quotas carbone. « Il y a les engagements que nous prenons et elle demande à l'Etat un effort sur trois sujets : le coût de l'électricité, l'approvisionnement en bois ONF et les quotas carbone (...) Il appartient à l'État de dire s'il veut remplir ces conditions », a précisé M. Pigasse.

Le tarif de rachat de l'électricité produite par Fibre Excellence, l'approvisionnement en bois aidé par l'Office national des forêts (ONF) et la réintégration du fabricant de pâte à papier dans le système européen des quotas carbone sont autant d'éléments clés pour assurer la viabilité de l'entreprise.

Et maintenant ?

La décision du tribunal de commerce de Toulouse, attendue pour lundi, sera cruciale pour l'avenir de Fibre Excellence et de ses salariés. Le gouvernement devra se prononcer sur les aides publiques demandées par M. Pigasse pour soutenir son plan de sauvetage. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si l'entreprise pourra être sauvée et si les emplois pourront être préservés.

La situation de Fibre Excellence soulève des questions sur la capacité de l'État à soutenir les entreprises en difficulté et sur l'importance de préserver les emplois dans des secteurs clés de l'économie. Les conséquences de la décision du tribunal de commerce de Toulouse seront suivies de près par les salariés, les investisseurs et les autorités publiques.