Prendre des vacances, même si l’on n’a pas encore quitté son domicile, exerce des effets bénéfiques mesurables sur la santé et le bien-être. Cette conclusion, étayée par plusieurs études récentes, révèle que le simple fait d’anticiper un séjour permet de réduire le stress et d’améliorer l’humeur, parfois bien avant le début du voyage. Franceinfo – Santé revient sur ces travaux qui bousculent notre rapport aux congés.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude néerlandaise montre que les personnes partant en vacances sont, en moyenne, plus heureuses que celles qui n’en prennent pas, même avant le départ.
  • L’anticipation des vacances génère autant de bonheur que le séjour lui-même, selon les chercheurs.
  • Prendre plus de trois semaines de vacances par an réduirait la mortalité de 37%, d’après 40 ans d’études de la Société européenne de cardiologie.
  • Notre cerveau, en anticipant un événement positif, donne l’impression qu’il survient dans un futur très lointain, ce qui réduit la perception de sa durée.
  • Les chercheurs conseillent de privilégier plusieurs courtes vacances plutôt qu’un long séjour pour prolonger les effets positifs de l’anticipation.

Des effets mesurables dès l’anticipation

Une étude menée auprès de 1 530 adultes néerlandais, publiée dans des revues scientifiques spécialisées, a établi un lien clair entre la planification de vacances et l’amélioration du moral. Les participants qui prévoyaient un départ affichaient une hausse significative de leur niveau de bonheur, non seulement pendant leur séjour, mais aussi dans les semaines précédant leur départ. « L’anticipation des vacances apporte au moins autant de bien-être que le séjour lui-même », a souligné l’un des chercheurs, cité par Franceinfo – Santé.

Ce phénomène s’explique par la libération d’endorphines et de dopamine, des neurotransmetteurs associés au plaisir et à la détente. Même sans quitter son domicile, le simple fait de visualiser des paysages ensoleillés ou de préparer son itinéraire active des mécanismes physiologiques bénéfiques. Autant dire que le bien-être commence bien avant le voyage.

Des vacances trop courtes ? La faute à notre perception du temps

Un autre enseignement des chercheurs interroge notre rapport au temps pendant les congés. Des travaux menés à l’université de l’Ohio ont démontré que l’anticipation d’une période de vacances fausse notre perception de sa durée. Notre cerveau, en imaginant un événement agréable dans un futur lointain, le situe comme un point unique dans le temps, aussi bien pour son début que pour sa fin. Résultat : lorsqu’elles arrivent enfin, les vacances semblent parfois déjà terminées avant même d’avoir commencé.

Ce phénomène, baptisé « effet d’anticipation temporelle », ne s’applique pas aux événements désagréables. Un week-end passé à travailler, par exemple, est perçu comme interminable, tandis qu’un séjour de détente semble s’évanouir en un clin d’œil. Une nuance qui explique pourquoi beaucoup de vacanciers regrettent la brièveté de leurs congés.

Mortalité réduite, espérance de vie allongée : le rôle clé des longues vacances

Sur le long terme, les vacances ont un impact encore plus marqué. Une méta-analyse de 40 ans de recherches, menée par la Société européenne de cardiologie et portant sur 1 222 cadres d’entreprise finlandais, révèle que prendre plus de trois semaines de vacances par an réduit la mortalité de 37%. « Ces résultats suggèrent que les vacances régulières et suffisamment longues contribuent à allonger l’espérance de vie », a expliqué l’un des auteurs de l’étude, cité par Franceinfo – Santé.

Les mécanismes en jeu sont multiples : réduction du stress chronique, amélioration du sommeil, baisse de la pression artérielle et renforcement du système immunitaire. Autant de bénéfices qui s’accumulent avec le temps et qui font des congés un investissement pour la santé. « Passer plus de temps en vacances n’est pas un luxe, mais une nécessité pour préserver sa santé », a-t-il ajouté.

Courtes vacances ou longs séjours : que choisir pour optimiser les bienfaits ?

Face à ces constats, une question se pose : faut-il privilégier des vacances longues ou multiplier les escapades courtes ? Les chercheurs apportent une réponse nuancée. L’anticipation joue un rôle clé dans la durée des effets positifs. Or, plus les périodes de repos sont fréquentes, plus les phases d’anticipation se répètent. « Prendre plusieurs courtes vacances permet de prolonger la période de bien-être liée à l’attente », a précisé un expert en psychologie du travail.

Cette stratégie permet également de mieux gérer le stress accumulé entre deux congés. Plutôt que de reporter toutes ses économies et son énergie sur un seul voyage annuel, étaler ses vacances sur l’année offre un équilibre plus durable. « C’est une question de régularité, autant pour le corps que pour l’esprit », a-t-il conclu.

Et maintenant ?

Alors que plus d’un Français sur quatre pourrait renoncer à partir en vacances cet été, selon un sondage commandé par le Secours populaire, ces travaux pourraient inciter à repenser notre rapport aux congés. Les experts appellent à une prise de conscience collective sur l’importance des vacances, non seulement pour le repos immédiat, mais aussi pour la santé à long terme. Reste à voir si les entreprises et les pouvoirs publics suivront cette recommandation, notamment dans un contexte économique où les pressions professionnelles restent fortes.

En attendant, une chose est sûre : le bonheur de partir se prépare dès aujourd’hui. Que ce soit en réservant un billet d’avion ou en imaginant des paysages lointains, chaque geste compte pour profiter des bienfaits des vacances avant même de faire sa valise.

Selon les études, il est recommandé de prendre plus de trois semaines de vacances par an pour réduire significativement la mortalité, d’après les travaux de la Société européenne de cardiologie. Cette durée permet de cumuler les bénéfices liés à l’anticipation et au repos effectif.