Vingt personnes juives ont été assassinées en 2025 dans le monde, selon le dernier rapport de l'Anti-Defamation League (ADL), rendu public le 29 juillet. Ce chiffre, le plus élevé enregistré depuis 1994, marque un tournant alarmant dans la recrudescence des actes antisémites violents à l’échelle internationale. L’organisation, qui lutte contre la diffamation des Juifs, souligne dans son document que cette année a été marquée par une escalade sans précédent des attaques meurtrières, dépassant largement les bilans des décennies précédentes.

Ce qu'il faut retenir

  • 20 morts en 2025, un niveau inédit depuis 1994, selon le rapport de l’ADL.
  • L’année 2025 dépasse tous les bilans annuels enregistrés depuis plus de trois décennies.
  • L’ADL, organisation de référence dans la lutte contre l’antisémitisme, publie ces données dans un rapport rendu public le 29 juillet.
  • Cette hausse s’inscrit dans un contexte global de montée des violences antisémites à travers le monde.

Pour l’ADL, ces chiffres ne sont pas anodins. « Ces données reflètent une tendance inquiétante et montrent que l’antisémitisme reste une menace majeure pour la sécurité des communautés juives », a déclaré le directeur général de l’organisation, Jonathan Greenblatt, lors de la présentation du rapport. Il a également rappelé que ces violences ne se limitent pas à une région précise, mais touchent plusieurs continents, avec une intensification particulièrement marquée dans les zones de conflit ou de tensions géopolitiques.

Un bilan qui dépasse tous les records récents

Depuis 1994, année où l’ADL avait enregistré 18 morts liés à des actes antisémites, aucun autre exercice n’avait dépassé ce seuil. En 2024, le bilan s’élevait à 12 victimes, tandis qu’en 2023, il était de 8. Ces données, compilées à partir de sources policières, médiatiques et associatives, confirment une accélération brutale des violences. « Nous assistons à une radicalisation des discours et des actes, souvent nourris par des idéologies extrémistes ou des conflits géopolitiques », a précisé Greenblatt. Les pays les plus touchés incluent Israël, les États-Unis, la France et plusieurs nations d’Europe de l’Est, où les tensions communautaires se sont exacerbées.

Des causes multifactorielles

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse brutale. D’abord, la persistance des conflits au Proche-Orient, notamment la guerre entre Israël et le Hamas, qui a servi de catalyseur à des manifestations antisémites dans de nombreux pays. Ensuite, la montée des discours complotistes en ligne, amplifiés par les réseaux sociaux, a contribué à normaliser la haine envers les Juifs. Enfin, l’instrumentalisation politique de l’antisémitisme dans certains contextes a aggravé les tensions. « Les discours de haine, qu’ils viennent de groupes extrémistes ou de responsables politiques, créent un climat propice aux violences », a souligné l’ADL dans son rapport.

Les données de l’organisation révèlent également une augmentation de 40 % des attaques physiques contre des personnes ou des biens juifs par rapport à 2024. Les agressions verbales, souvent minimisées, ont quant à elles bondi de 60 %. Ces chiffres illustrent une radicalisation inquiétante de la société, où l’antisémitisme n’est plus cantonné à des milieux marginaux, mais gagne en visibilité et en acceptabilité sociale.

Et maintenant ?

Face à cette escalade, l’ADL appelle à une mobilisation internationale renforcée. Des réunions avec des représentants gouvernementaux sont prévues pour septembre 2026 afin d’élaborer des stratégies de prévention et de protection des communautés juives. Parallèlement, plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, ont annoncé des plans d’urgence pour renforcer la sécurité des lieux de culte et des institutions communautaires. Reste à voir si ces mesures suffiront à inverser la tendance, alors que les tensions géopolitiques persistent.

Cette année, l’ADL a également lancé une campagne de sensibilisation visant à éduquer les jeunes publics sur les dangers de l’antisémitisme. « La lutte contre la haine doit commencer par l’éducation et la déconstruction des préjugés », a indiqué Greenblatt. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité de ces initiatives et leur impact sur le terrain.

Selon le rapport de l’ADL, les violences les plus meurtrières ont été recensées en Israël, aux États-Unis, en France et dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, notamment en Pologne et en Hongrie. Ces zones concentrent à la fois des tensions géopolitiques et une forte présence de discours antisémites.