Anwar El Ghazi, ancien attaquant de l’équipe allemande du 1. FSV Mayence, a obtenu gain de cause devant les tribunaux après avoir été licencié pour avoir exprimé publiquement sa position sur le conflit entre Israël et le Hamas fin 2023. Selon Ouest France, le tribunal allemand a reconnu le caractère abusif de son licenciement, une décision qui marque un tournant dans le débat sur la liberté d’expression des sportifs.
L’ancien international néerlandais, alors sous contrat avec Mayence, avait partagé en octobre 2023 un message sur les réseaux sociaux en soutien à la cause palestinienne, déclenchant une vague de réactions et des pressions de la part de certains supporters et partenaires du club. Peu après, le club allemand lui avait notifié son licenciement, invoquant une violation de ses obligations contractuelles. El Ghazi a depuis mené une bataille juridique pour contester cette décision.
Ce qu'il faut retenir
- Anwar El Ghazi a remporté son procès contre le 1. FSV Mayence pour licenciement abusif, reconnu par la justice allemande.
- Son licenciement faisait suite à une prise de position publique en octobre 2023 sur le conflit israélo-palestinien, partagée sur les réseaux sociaux.
- Le club allemand avait justifié son renvoi par une violation de ses obligations contractuelles, estimant que ses propos avaient nui à son image.
- Le tribunal a jugé que le licenciement constituait une entrave à la liberté d’expression d’El Ghazi.
- L’ancien footballeur a annoncé qu’il reverserait l’intégralité des dommages et intérêts perçus à des œuvres caritatives.
Un licenciement contesté dès l’origine
Fin 2023, Anwar El Ghazi, alors âgé de 28 ans, avait partagé un message sur Instagram en soutien à la population palestinienne, un post rapidement relayé et commenté massivement. Le club de Mayence, confronté à des pressions de la part de certains de ses partenaires et d’une partie de son public, avait décidé de mettre un terme à son contrat avec effet immédiat. Une décision qui avait suscité de vives réactions, certains y voyant une atteinte à la liberté d’expression, d’autres un manquement à l’impartialité attendue d’un sportif professionnel.
Dès l’annonce du licenciement, El Ghazi avait annoncé son intention de contester la décision devant les tribunaux. Son avocat avait alors souligné que le club n’avait pas respecté les procédures légales, notamment en ne respectant pas de délai de préavis ni en motivant suffisamment sa décision. — Le club n’a jamais clairement expliqué en quoi ses propos auraient constitué une violation de son contrat — avait alors déclaré son représentant juridique.
La justice allemande tranche en faveur du joueur
Après plusieurs mois de procédure, le tribunal du travail de Mayence a rendu son verdict le 28 mars 2026, reconnaissant le caractère abusif du licenciement d’Anwar El Ghazi. Les juges ont estimé que le club n’avait pas apporté la preuve d’une violation suffisamment grave de ses obligations par le joueur, et que la décision de licenciement avait été prise sous la pression de facteurs externes. — La liberté d’expression est un droit fondamental, même pour un sportif professionnel — a rappelé le tribunal dans son jugement.
Cette décision pourrait faire jurisprudence dans le sport professionnel allemand, où les prises de position politiques des joueurs suscitent régulièrement des débats. Elle intervient également dans un contexte où plusieurs fédérations et clubs européens ont durci leurs règles sur les comportements attendus de leurs athlètes, notamment sur les réseaux sociaux. — Cette affaire rappelle que les sportifs ont aussi le droit de s’exprimer, à condition de respecter les limites légales — a commenté un juriste spécialisé dans le droit du sport.
Quant au 1. FSV Mayence, le club n’a pas encore réagi publiquement à la décision du tribunal. Une source interne a indiqué qu’il « étudiait les modalités de recours » sans préciser s’il comptait faire appel. Une nouvelle étape judiciaire n’est donc pas exclue dans les prochains mois.
El Ghazi, de son côté, a confirmé qu’il reverserait l’intégralité des sommes perçues à des associations œuvrant pour la paix au Proche-Orient. — Ce procès n’était pas une question d’argent, mais de principe — a-t-il déclaré à la presse locale. — L’important désormais est de tourner la page et de me concentrer sur ma carrière.
Le 1. FSV Mayence avait justifié le licenciement d’Anwar El Ghazi par une « violation de ses obligations contractuelles » après la publication, en octobre 2023, d’un message sur les réseaux sociaux en soutien à la cause palestinienne. Le club estimait que ces propos avaient nui à son image et pouvaient nuire à ses partenariats, selon Ouest France.
