Le géant américain Apple a annoncé jeudi 25 juin une hausse généralisée des prix de ses ordinateurs et tablettes, à l’exception des iPhone, Apple Watch et AirPods. Cette décision fait suite à l’escalade des coûts des composants informatiques, aggravée par une pénurie historique de puces mémoire (RAM) et de stockage (NAND). Selon Le Figaro, ces hausses s’échelonnent entre 100 et 700 euros en France, reflétant une tendance mondiale touchant l’ensemble du secteur technologique.

Ce qu'il faut retenir

  • Hausse générale des tarifs sur les Mac et iPad, avec des augmentations allant de 15 % à 25 % selon les modèles.
  • Le MacBook Neo passe de 699 € à 799 €, tandis que le MacBook Pro atteint désormais 2 199 €.
  • L’iPad Pro voit son prix grimper de 200 €, passant de 1 119 € à 1 319 €.
  • Cette décision est liée au « RAMageddon », une pénurie de puces aggravée par la demande croissante des data centers dédiés à l’intelligence artificielle.
  • Les prix de la RAM ont bondi de 90 % à 95 % au premier trimestre 2026 par rapport à 2025.
  • D’autres acteurs du marché, comme Sony et Nintendo, ont déjà suivi cette tendance avec des hausses sur leurs consoles.

Une hausse inévitable pour préserver les marges

Apple justifie cette augmentation par l’explosion des coûts des composants, qualifiée de « jamais vue » par la direction. « Nous n’avons jamais vu une augmentation de prix de composants aussi importante et aussi rapide », indique le groupe dans un communiqué. Tim Cook, PDG d’Apple, avait évoqué cette mesure il y a une semaine, confirmant que la crise des puces mémoire poussait l’entreprise à répercuter partiellement la hausse sur ses clients. Jusqu’à présent, Apple avait absorbé une partie de ces coûts, mais la situation est devenue intenable.

La pénurie de RAM et de NAND s’explique principalement par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle. Les data centers, indispensables au fonctionnement des modèles d’IA, consomment massivement ces composants. Le cabinet Trendforce estime que les prix de la RAM ont augmenté de 55 % à 60 % en un an, tandis que ceux de la NAND ont progressé de 55 % à 60 % sur la même période. Une inflation des coûts que les constructeurs ne peuvent plus ignorer.

Les nouveaux tarifs en détail : Mac, iPad et accessoires concernés

En France, les hausses varient selon les gammes. Pour les ordinateurs, le MacBook Neo, lancé au printemps 2025 comme une option d’entrée de gamme, passe de 699 € à 799 €. Le MacBook Air voit son prix bondir de 200 €, passant de 1 199 € à 1 399 €. Les modèles haut de gamme ne sont pas épargnés : le MacBook Pro atteint désormais 2 199 € (+300 €), et l’iMac est proposé à 1 799 € (+300 €). Enfin, le Mac Studio, le modèle le plus onéreux, voit son tarif s’envoler de 700 € pour atteindre 2 999 €.

Côté tablettes, l’iPad Pro est désormais vendu à partir de 1 319 €, soit une hausse de 200 €. L’iPad Air grimpe à 819 € (+150 €), l’iPad standard à 509 € (+120 €), et l’iPad Mini à 689 € (+130 €). Les accessoires ne sont pas épargnés : le Vision Pro, casque de réalité mixte, passe de 3 699 € à 3 999 €, tandis que l’Apple TV voit son prix passer de 169 € à 229 €. Les enceintes HomePod et HomePod Mini sont également concernées, avec des tarifs revus à la hausse de 50 € et 30 € respectivement.

Un phénomène qui dépasse Apple

Apple n’est pas le seul acteur du marché à subir cette crise. Les consoles de jeux vidéo ont déjà été touchées. En mars 2026, Sony avait relevé le prix de sa PlayStation 5 de 100 € en France. Nintendo, de son côté, a annoncé une augmentation de 20 € sur sa Switch 2, dont le prix passera à 499,99 € à partir de septembre 2026. Ces hausses reflètent une tendance globale, où la demande en composants pour l’IA et les produits électroniques se heurte à une offre insuffisante.

Les analystes s’attendent à ce que la situation persiste dans les mois à venir. La demande pour l’IA, pilier des stratégies technologiques actuelles, ne montre aucun signe de ralentissement. Les data centers, gourmands en RAM et en NAND, continuent de peser sur le marché, et les prévisions de Trendforce indiquent que les prix pourraient encore augmenter si l’offre ne s’ajuste pas rapidement.

Le « RAMageddon » : une crise structurelle ?

Cette pénurie de puces mémoire et de stockage n’est pas un simple déséquilibre passager. Selon plusieurs observateurs, elle révèle des failles structurelles dans la chaîne d’approvisionnement mondiale. Les fabricants de semi-conducteurs, comme Samsung, SK Hynix ou Micron, peinent à répondre à la demande, notamment en raison des investissements colossaux nécessaires pour moderniser les usines. La concentration de la production en Asie, couplée à des tensions géopolitiques, aggrave la situation.

Pour Apple, cette hausse des prix intervient à un moment délicat. Le groupe doit concilier la protection de ses marges avec la préservation de son image de marque accessible. « Nous avons jusqu’à présent protégé nos clients de ces hausses, mais nous avons maintenant atteint un point où nous devons commencer à augmenter les prix de plusieurs produits », explique la direction. Une décision qui pourrait impacter les ventes, notamment dans un contexte économique déjà tendu pour les consommateurs.

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient voir se confirmer la tendance à la hausse, avec des répercussions possibles sur d’autres catégories de produits. Les constructeurs de PC et les fabricants de smartphones pourraient emboîter le pas d’Apple dans les semaines à venir, tandis que les consommateurs pourraient reporter leurs achats en attendant une stabilisation des prix. Pour les joueurs, la prochaine rentrée s’annonce chargée avec l’arrivée de nouveaux modèles de consoles et de PC, dont les tarifs resteront un critère décisif. Reste à voir si l’industrie parviendra à résorber la pénurie avant la fin de l’année.

Cette crise des puces mémoire soulève également des questions sur l’avenir de l’innovation technologique. Avec des coûts de production en hausse, les entreprises pourraient être contraintes de réduire leurs investissements dans la R&D, freinant ainsi le développement de nouvelles technologies. Autant dire que les prochains trimestres seront décisifs pour l’industrie, alors que l’IA et les appareils connectés continuent de transformer nos usages.

Les iPhone, Apple Watch et AirPods ne subissent pas cette augmentation pour l’instant. Tim Cook a indiqué que ces gammes feraient l’objet de hausses ultérieures, mais aucune date n’a encore été précisée.

Les analystes estiment que la situation pourrait persister jusqu’à la fin 2026, voire au-delà, en fonction des capacités de production des fabricants de semi-conducteurs. Rien n’indique une résolution rapide de la crise.