Une récente analyse révèle que le Mode IA de Google, censé optimiser les recherches d’achats en ligne, pourrait coûter cher aux consommateurs. Selon une étude menée par la firme Productrise, les recommandations générées par l’intelligence artificielle de Google affichent des prix en moyenne 49 % plus élevés que ceux proposés par la recherche classique.

Comme le rapporte Futura Sciences, cette enquête s’appuie sur l’analyse de plus de 2 millions de produits issus de 100 000 recherches comparant les deux modes de recherche. Les résultats, publiés le 3 septembre 2026, mettent en lumière un biais significatif dans les suggestions de l’IA, qui privilégierait des articles plus onéreux.

Ce qu'il faut retenir

  • Les produits recommandés par le Mode IA de Google sont en moyenne 49 % plus chers que ceux issus de la recherche classique.
  • Sur les 2 millions de produits analysés, seulement 1,28 % des articles étaient identiques entre les deux modes de recherche.
  • Lorsqu’un même produit est suggéré, son prix est 21,6 % plus élevé en mode IA dans 49,6 % des cas.
  • Google utilise les mêmes données pour les deux modes de recherche, mais l’IA semble appliquer des critères de sélection différents.

Une étude qui interroge sur l’efficacité du Mode IA

L’enquête menée par Productrise soulève des questions sur l’efficacité réelle du Mode IA de Google dans le domaine du shopping. Bien que cet outil soit conçu pour simplifier les recherches en ligne, il semble orienter les utilisateurs vers des produits plus coûteux, augmentant ainsi leur effort pour trouver l’option la moins chère.

Parmi les 2 millions de produits analysés, les différences de prix sont flagrantes. Sur l’ensemble des résultats, les articles suggérés par l’IA coûtent en moyenne 49 % plus cher. Autant dire que l’économie de temps promise par l’intelligence artificielle pourrait bien se transformer en une dépense supplémentaire.

Un autre constat frappe : les résultats entre les deux modes de recherche sont rarement identiques. Seuls 1,28 % des produits étaient communs aux deux listes. Dans près de la moitié des cas (49,6 %), lorsque le même article apparaissait, l’IA le proposait avec un prix plus élevé de 21,6 %.

Des critères de sélection mystérieux

Google a réagi à ces conclusions en rappelant que ses deux modes de recherche s’appuient sur la même source de données, à savoir son Shopping Graph. « Tous les résultats de shopping sur Google Search, y compris le Mode IA et la page des résultats de recherche, sont alimentés par la même source de données : notre Shopping Graph », a précisé un porte-parole de l’entreprise.

Pourtant, les mécanismes qui poussent l’IA à privilégier des produits plus chers restent opaques. Comme souvent avec les algorithmes, leur fonctionnement relève du « boîte noire ». Impossible donc de déterminer avec certitude les critères utilisés par l’IA pour classer les résultats. Une chose est sûre : le prix ne semble pas être un facteur déterminant.

« Bien que nous n’ayons pas vérifié l’exactitude des affirmations contenues dans ce rapport, tous les résultats de shopping sur Google Search, y compris le Mode IA et la page des résultats de recherche, sont alimentés par la même source de données : notre Shopping Graph. »
— Porte-parole de Google

Un effort supplémentaire pour les consommateurs

Cette étude révèle un paradoxe : si l’IA permet de gagner du temps en automatisant la recherche, elle ne garantit pas le meilleur prix. Les utilisateurs doivent ainsi vérifier manuellement les résultats pour s’assurer de faire une bonne affaire, ce qui réduit à néant l’avantage initial de l’automatisation.

Selon le rapport, les clients finissent par cliquer sur l’article le moins cher, mais cela implique une étape supplémentaire dans leur processus d’achat. Avec l’évolution des comportements, certains consommateurs pourraient être tentés de faire aveuglément confiance aux recommandations de l’IA, un phénomène que les auteurs de l’étude qualifient de délégation cognitive.

Ce biais pourrait s’accentuer avec le temps, surtout si les utilisateurs continuent à déléguer leur réflexion à l’intelligence artificielle. Bref, l’efficacité promise par le Mode IA de Google semble aujourd’hui compromise par une tendance à surévaluer les prix.

Et maintenant ?

Cette étude soulève des questions sur l’avenir du Mode IA de Google dans le domaine du commerce en ligne. Faut-il s’attendre à une correction de l’algorithme pour limiter ces écarts de prix, ou Google va-t-il continuer à privilégier une expérience utilisateur simplifiée, quitte à ce que celle-ci soit plus coûteuse ?

Pour l’instant, le géant américain n’a pas commenté publiquement ces résultats, laissant planer le doute sur d’éventuelles modifications à venir. Les consommateurs, eux, pourraient bien être incités à croiser les sources avant de finaliser leurs achats.

Cette analyse met également en lumière les limites actuelles des outils d’IA grand public, qui, malgré leurs promesses, ne sont pas encore parfaits. Reste à voir si d’autres études viendront confirmer ou infirmer ces conclusions dans les mois à venir.

Les critères exacts utilisés par l’algorithme du Mode IA de Google pour classer les produits restent inconnus. Contrairement à une recherche classique, l’IA semble privilégier des facteurs autres que le prix, sans qu’il soit possible de déterminer lesquels. Google, de son côté, affirme que ses deux modes de recherche s’appuient sur les mêmes données, mais ne fournit aucune explication sur les différences observées.

L’utilisation du Mode IA de Google pour ses recherches d’achats peut conduire à une augmentation moyenne de 49 % du coût des produits recommandés. Bien que les utilisateurs finissent par cliquer sur l’option la moins chère, cela implique un effort supplémentaire pour vérifier les prix, ce qui réduit l’avantage initial de l’automatisation.