Avec sa deuxième victoire consécutive en Champions Cup, remportée ce samedi face au Leinster, l’Union Bordeaux Bègles (UBB) s’installe un peu plus dans le cercle fermé des clubs d’exception. Selon RMC Sport, le président Laurent Marti a d’ores et déjà fixé un nouvel objectif à son équipe : décrocher un titre de champion de France, autrement dit le Brennus. Un défi d’autant plus ambitieux que les Girondins, malgré leur statut de double vainqueur européen, restent un « jeune club » aux yeux de leur dirigeant.

Ce qu'il faut retenir

  • L’UBB devient le 6ᵉ club de l’histoire à conserver la Champions Cup après Leicester, les Saracens, le Leinster, Toulon et La Rochelle.
  • La finale contre le Leinster, bien que moins stressante que prévu, a confirmé la solidité mentale du groupe bordelais.
  • Laurent Marti insiste sur l’importance de gagner au moins un titre de champion de France pour inscrire le club dans l’histoire du rugby.
  • Malgré une saison européenne historique, l’UBB traverse une période difficile en Top 14, avec de nombreux blessés et une fatigue accumulée.
  • Le club affiche une série de 16 victoires consécutives, toutes avec le bonus offensif, depuis le début de la saison.

Une finale européenne moins angoissante que prévu

Contrairement à l’année précédente, où la finale contre Northampton avait cristallisé toutes les craintes, cette édition 2026 a été vécue différemment par Laurent Marti. « S’habituer à une victoire en finale de Champions Cup ? Ce serait prétentieux », a-t-il lancé. Pourtant, la pression semblait bien réelle en amont de la rencontre. « Moi personnellement, j’étais très stressé, confie-t-il. Je ne comprenais pas qu’on nous donne favori, car Northampton nous était accessible. » Pourtant, une fois sur le terrain, le scénario a rapidement basculé : « Dès les 15-20 premières minutes, on a senti que le match ne nous échapperait pas. » Les joueurs, interrogés après le match, ont confirmé cette impression de maîtrise précoce.

Un parcours plus ardu que la première étoile

Si la première victoire en Champions Cup en 2025 avait marqué l’histoire de l’UBB, la deuxième étoile a une saveur particulière pour Laurent Marti. « Elle est magnifique, car le parcours a été plus compliqué », souligne-t-il. L’UBB a en effet éliminé en quart de finale le champion de France en titre, puis en demi-finale le champion d’Angleterre. Enfin, en finale, les Bordelais ont dominé une équipe du Leinster composée en grande partie de joueurs irlandais, parmi lesquels plusieurs internationaux. « On est très fiers de ce que les joueurs ont accompli, ajoute-t-il. On sait d’où on vient : on n’avait qu’une étoile. »

Bref, cette double victoire européenne confirme que l’UBB n’est plus un club en devenir, mais bien une puissance installée. « Deux titres, ça commence à compter, estime Laurent Marti. Mais pour moi, on reste un jeune club. Un titre, ça fait moins mal que d’en avoir aucun. Deux titres, tu commences à te dire que ça commence à compter. Mais on est encore tellement vierge de palmarès… J’espère qu’on va encore gagner beaucoup de titres. »

Un club encore en quête de légitimité nationale

Malgré ces succès européens, Laurent Marti reste lucide sur les défis qui attendent l’UBB. « Pour inscrire le club dans l’histoire du rugby, il faut au moins un Brennus au milieu », martèle-t-il. Une déclaration qui résonne comme un programme. Toulon, souvent cité en exemple, a marqué l’histoire grâce à ses trois Champions Cup… mais aussi grâce à ses titres en Top 14. « Si on veut que l’UBB soit dans les livres, il faut frapper fort en France », insiste-t-il.

Pourtant, la tâche s’annonce ardue. Le club traverse une période délicate en Top 14, avec un calendrier chargé et de nombreux blessés. « Yannick [Forlini, l’entraîneur] a essayé de parler aux joueurs, mais il a fait un bide total, raconte Laurent Marti avec un sourire. Malheureusement, on est très mal embarqués en Top 14. Les mecs sont fatigués, il y a des blessés… Ils vont fêter le titre européen, c’est normal. Mais après, il faudra voir ce qui nous attend en championnat. »

Le président avoue même un certain pessimisme : « Le Top 14, c’est tellement dur à gagner qu’il faut essayer de jouer sa carte chaque année. Là, je suis un peu pessimiste. Mais avec ce groupe, on ne sait jamais. »

Un groupe soudé malgré la fatigue

Cette saison, l’UBB affiche une série impressionnante de 16 victoires d’affilée, toutes obtenues avec le bonus offensif. Un exploit qui témoigne de la régularité et de la qualité du collectif bordelais. Pourtant, les joueurs arrivent au bout de leur rouleau. Entre les matchs européens à élimination directe et les déplacements en Top 14, le calendrier a été impitoyable. « On a une équipe solide, mais la fatigue se fait sentir », reconnaît Laurent Marti.

La victoire en Champions Cup offre un répit bienvenu, mais les priorités se recentrent désormais sur le championnat. « Le Brennus, c’est l’objectif absolu maintenant », martèle le président. Reste à savoir si le groupe, usé par les efforts, sera en mesure de répondre présent lors des dernières journées de la saison régulière.

Et maintenant ?

La prochaine échéance pour l’UBB sera la fin du Top 14, prévue pour la mi-juin. Si les Girondins parviennent à se maintenir dans le haut du classement, ils pourraient décrocher une place en phases finales. En parallèle, le club devra préparer l’après-saison, avec notamment la gestion des contrats des joueurs clés et le recrutement pour la saison prochaine. Une chose est sûre : après deux titres européens, les attentes n’ont jamais été aussi élevées.

Pour l’UBB, l’enjeu n’est plus seulement de confirmer son statut de grand d’Europe, mais de prouver qu’elle peut aussi dominer en France. Un défi qui, s’il est relevé, pourrait propulser le club au rang des légendes du rugby hexagonal.

Avant l’UBB, seulement cinq clubs avaient réussi cet exploit : Leicester, les Saracens, le Leinster, Toulon et La Rochelle. La victoire bordelaise en 2026 en fait donc le sixième.

Les Girondins doivent encore disputer plusieurs matchs décisifs en Top 14 avant la fin de la saison régulière. Les dates exactes dépendent du calendrier officiel de la Ligue nationale de rugby, mais les dernières rencontres sont généralement programmées début juin. Le club devra aussi se préparer pour d’éventuelles phases finales.