Depuis dix jours, le président ukrainien Volodymyr Zelensky n’a pas pris la parole concernant la mise en examen de son ancien chef de cabinet, Andriy Yermak, pour des faits de corruption présumée. Cette absence de réaction publique, alors que l’affaire est largement commentée en Ukraine et à l’international, participe au ternissement progressif de l’image du dirigeant, sans pour autant entamer significativement sa popularité, celle-ci restant soutenue malgré le contexte de guerre. Comme le rapporte Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Andriy Yermak, ancien chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, a été mis en examen il y a dix jours pour des soupçons de corruption.
- Le président ukrainien n’a pas réagi publiquement à cette mise en examen malgré l’ampleur médiatique de l’affaire.
- L’affaire contribue à une détérioration de l’image du dirigeant, dont la popularité reste néanmoins solide malgré la guerre.
- Cette situation survient dans un contexte où la guerre en Ukraine dure depuis plus de deux ans, avec des enjeux de transparence et de lutte contre la corruption toujours plus scrutés.
Une affaire de corruption qui émerge dans un contexte de guerre
L’affaire concerne Andriy Yermak, ancien directeur de cabinet de Volodymyr Zelensky, figure centrale de l’entourage présidentiel jusqu’à son départ en 2023. La mise en examen, intervenue il y a dix jours, porte sur des accusations de détournement de fonds publics et de favoritisme dans l’attribution de marchés pendant la période où il occupait ses fonctions. D’après Le Monde, les investigations ont été menées par le Bureau national anti-corruption ukrainien (NABU), en collaboration avec le Parquet spécialisé dans les affaires de corruption (SAP).
Le silence de Zelensky contraste avec l’ampleur de l’affaire. Alors que des manifestations de soutien aux enquêtes anti-corruption ont lieu régulièrement à Kiev, le président n’a ni commenté publiquement les faits, ni évoqué d’éventuelles mesures concernant son ancien collaborateur. Cette absence de réaction officielle suscite des interrogations sur la stratégie de communication du pouvoir en place, alors que la transparence est souvent brandie comme un argument face aux partenaires internationaux.
Une popularité préservée malgré les remous
Malgré le retentissement de cette affaire, la popularité de Volodymyr Zelensky reste relativement élevée dans un pays en guerre depuis février 2022. Selon les derniers sondages, publiés fin avril 2026, près de 60 % des Ukrainiens lui accordent encore leur confiance, un score stable depuis le début de l’invasion russe. Ce maintien s’explique en partie par le rassemblement autour du drapeau en période de conflit, mais aussi par la gestion perçue de la défense du territoire et des négociations diplomatiques.
Pour autant, les critiques se multiplient sur la gestion des fonds publics et la lutte contre la corruption, deux sujets régulièrement pointés du doigt par les partenaires occidentaux, notamment les États-Unis et l’Union européenne. Ces derniers conditionnent une partie de leur aide financière à des réformes structurelles, dont la transparence administrative fait partie. L’affaire Yermak intervient donc dans un contexte où chaque manquement à ces règles est immédiatement scruté, d’autant que l’Ukraine tente de maintenir sa crédibilité face à ses alliés.
Dans un pays où chaque détail compte, cette affaire rappelle que la guerre ne suffit pas à occulter les dysfonctionnements internes. Si la popularité de Zelensky semble tenir pour l’instant, la question de la corruption reste un sujet de tension récurrent, susceptible de resurgir à chaque nouvelle révélation.
Le procès d’Andriy Yermak devrait s’ouvrir d’ici la fin de l’été 2026. Les investigations menées par le NABU et le SAP devraient permettre de préciser l’ampleur des faits reprochés, notamment en ce qui concerne les détournements de fonds et les éventuels réseaux d’influence impliqués.