Le 18 avril 2026, le protocole DeFi Kelp subissait une attaque majeure, entraînant la perte de fonds pour plusieurs utilisateurs. En réponse, le Security Council d’Arbitrum a gelé 30 766 ETH appartenant au hacker, une mesure visant à indemniser les victimes. Pourtant, une action en justice lancée par deux avocats new-yorkais pourrait compromettre ce processus, selon Cryptoast.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 18 avril 2026, le protocole Kelp est victime d’un hack entraînant la perte de fonds pour ses utilisateurs
  • Arbitrum gèle 30 766 ETH appartenant au hacker pour indemniser les victimes
  • Deux avocats du cabinet Gerstein Harrow LLP tentent de détourner ces fonds pour trois affaires distinctes liées à la Corée du Nord
  • Les avocats citent des jugements datant de 2010, 2015 et 2016, totalisant 877,44 millions de dollars de dommages et intérêts
  • Aave et ses avocats ont déposé une requête en urgence pour contester cette tentative de détournement
  • Le tribunal de district de New York doit trancher sur la validité de cette action

Un hack majeur et une réponse immédiate d’Arbitrum

Le 18 avril 2026, le protocole DeFi Kelp était victime d’un hack ayant entraîné la perte de fonds pour ses utilisateurs. Pour limiter les dégâts et tenter de réparer les préjudices, le Security Council d’Arbitrum a gelé 30 766 ETH sur l’adresse du hacker. Cette décision visait à mettre ces fonds à disposition des victimes, conformément à la proposition de gouvernance « Approve Release of Frozen ETH » déposée par AaveLabs le 25 avril 2026.

Cette mesure semblait logique : les fonds gelés devaient être restitués aux parties lésées. Pourtant, un obstacle juridique est venu perturber ce processus. Deux avocats du cabinet new-yorkais Gerstein Harrow LLP ont déposé un avis de retenue devant la Cour de district des États-Unis pour le district sud de New York, le 30 avril 2026.

Une tentative de détournement des fonds gelés

Les avocats Charles Gerstein et Jason Harrow tentent de faire valoir que les 30 766 ETH gelés par Arbitrum appartiennent désormais à la Corée du Nord. Ils s’appuient sur trois affaires distinctes, dont les jugements remontent respectivement au 5 août 2010, au 9 avril 2015 et au 30 septembre 2016. Ces décisions judiciaires américaines avaient condamné Pyongyang à verser 877,44 millions de dollars de dommages et intérêts aux victimes de ces dossiers.

Le problème ? La justice américaine n’a pas encore identifié d’avoirs nord-coréens saisissables pour indemniser ces victimes. C’est là que les avocats interviennent : selon eux, les ETH gelés par Arbitrum pourraient servir à rembourser ces dettes. Leur avis de retenue précise d’ailleurs que « le non-respect de cette injonction est passible de sanctions pour outrage au tribunal ».

Une opposition ferme d’Aave et de la communauté DeFi

Face à cette tentative de détournement, Aave LLC et ses avocats ont réagi en déposant une requête en urgence le 2 mai 2026. Leur argument est sans ambiguïté : un voleur ne devient pas propriétaire légal des biens volés, et la loi est claire sur ce point. « Ces actifs ont été récupérés pour être restitués aux utilisateurs victimes du hack du 18 avril 2026. Leur gel nuit précisément aux personnes que cette opération de récupération vise à protéger », a souligné Aave dans sa requête.

Les avocats d’Aave ont demandé au tribunal une audience accélérée ainsi qu’une suspension temporaire de la procédure. Ils précisent également collaborer avec la communauté Arbitrum et DeFi United pour garantir une indemnisation intégrale des victimes. Cette opposition illustre les tensions entre la nécessité de réparer les préjudices causés par le hack de Kelp et les manœuvres juridiques visant à détourner les fonds gelés.

« Un voleur n’acquiert pas la propriété légale d’un bien volé simplement en le prenant, et la loi est claire à ce sujet. Ces actifs ont été récupérés pour être restitués aux utilisateurs victimes du hack du 18 avril 2026. Leur gel nuit précisément aux personnes que cette opération de récupération vise à protéger. »
— Aave LLC, dans sa requête déposée le 2 mai 2026

Un enjeu juridique et éthique pour l’écosystème DeFi

Cette affaire soulève une question centrale pour l’écosystème DeFi : comment concilier la restitution des fonds aux victimes d’un hack et les obligations légales liées à d’autres décisions judiciaires ? Les avocats de Gerstein Harrow LLP s’appuient sur des précédents judiciaires pour tenter de justifier leur démarche, mais leur position est vivement contestée par Aave et la communauté DeFi.

Pour les défenseurs des victimes du hack de Kelp, cette tentative de détournement des ETH gelés est une manœuvre inacceptable. Elle risque en effet de retarder, voire d’empêcher, la restitution des fonds aux utilisateurs lésés. D’autant que la Corée du Nord n’a jamais été identifiée comme étant liée à ce hack, ce qui rend leur argumentaire encore plus fragile.

Et maintenant ?

Le tribunal de district de New York doit maintenant examiner la requête en urgence déposée par Aave et ses avocats. Une audience accélérée est attendue dans les prochains jours, sans date précise annoncée pour l’instant. La décision du tribunal pourrait avoir des répercussions majeures sur la manière dont les fonds gelés après un hack sont gérés dans l’écosystème DeFi. Une issue favorable à Aave permettrait de lever le gel des ETH et de poursuivre le processus d’indemnisation des victimes. En revanche, un soutien à la démarche des avocats de Gerstein Harrow LLP pourrait ouvrir la porte à de nouvelles tentatives de détournement de fonds gelés, au détriment des victimes.

Cette affaire rappelle également l’importance de la sécurité et de la transparence dans l’écosystème DeFi. Les utilisateurs doivent pouvoir avoir confiance dans les mécanismes de protection mis en place en cas de piratage. Pour l’instant, la balle est dans le camp de la justice américaine, qui devra trancher dans les semaines à venir.

Reste à savoir comment Arbitrum et la communauté DeFi s’adapteront si leur position est rejetée. Une chose est sûre : l’issue de ce litige pourrait redéfinir les règles du jeu en matière de restitution des fonds après un hack.

Les avocats représentent des victimes de trois affaires distinctes liées à la Corée du Nord, condamnée à payer 877,44 millions de dollars de dommages et intérêts. Ils estiment que les ETH gelés appartiennent à Pyongyang et pourraient servir à rembourser ces dettes, bien qu’aucun avoir nord-coréen n’ait encore été identifié.

Aave LLC et ses avocats s’opposent fermement à cette tentative de détournement. Ils rappellent qu’un voleur ne devient pas propriétaire des biens volés et que les ETH gelés doivent être restitués aux victimes du hack de Kelp. Aave a demandé une audience accélérée et la suspension de la procédure.