Selon Courrier International, la Maison-Blanche envisagerait sérieusement d’acheter l’archipel des Chagos à Londres. L’information, révélée par The Sunday Telegraph le 7 juin 2026, a immédiatement suscité des réactions outre-Manche. Ce territoire de l’océan Indien, sous souveraineté britannique depuis des décennies, cristallise depuis plusieurs mois les tensions entre Washington et Londres.
Les Chagos, et plus précisément l’atoll de Diego Garcia, abritent en effet une base militaire conjointe américano-britannique, dont l’importance stratégique n’est plus à démontrer. Or, le processus de transfert de souveraineté de l’archipel vers l’île Maurice, entamé fin 2024, a été suspendu en avril 2026 sous la pression de l’administration Trump. Washington s’oppose en effet à ce que ce territoire, où est implantée une base aérienne clé, passe sous le contrôle mauricien. « La proximité diplomatique de l’île Maurice avec la Chine et l’Iran suscite le malaise », analyse The Times dans son édition du jour.
Ce qu'il faut retenir
- La Maison-Blanche envisagerait d’acheter l’archipel des Chagos à Londres pour préserver la base militaire de Diego Garcia, selon The Sunday Telegraph.
- Le processus de transfert de souveraineté vers l’île Maurice, lancé fin 2024, a été suspendu en avril 2026 sous la pression de l’administration Trump.
- Washington craint que la présence chinoise et iranienne croissante à Maurice ne menace les intérêts stratégiques américains dans la région.
- Diego Garcia abrite une base aérienne conjointe américano-britannique, dont le maintien sur le long terme était initialement garanti pour un siècle.
- L’administration Trump aurait déjà évoqué cette hypothèse d’achat lors de discussions internes, selon une source citée par Katy Balls, correspondante du Sunday Telegraph à Washington.
Un différend stratégique vieux de plusieurs mois
Les tensions autour des Chagos ne sont pas nouvelles. L’archipel, situé dans l’océan Indien, est composé de plusieurs îles dont Diego Garcia, où est installée une base militaire d’importance majeure. Depuis des années, le Royaume-Uni et les États-Unis y entretiennent une coopération étroite, permettant aux deux pays de projeter leur puissance dans cette zone clé.
Cependant, le processus de décolonisation engagé fin 2024, visant à transférer la souveraineté des Chagos à l’île Maurice, a mis en lumière un désaccord profond. Washington y voit une menace pour ses intérêts stratégiques, d’autant que l’île Maurice a renforcé ses liens avec Pékin et Téhéran ces dernières années. « La base de Diego Garcia est un élément central de la présence américaine dans l’océan Indien », rappelle un diplomate britannique sous couvert d’anonymat.
L’administration Trump durcit le ton
C’est dans ce contexte que l’administration Trump a décidé de bloquer le processus en avril 2026. Selon des sources internes, la Maison-Blanche a considéré que le transfert de souveraineté vers Maurice ne garantissait pas suffisamment la pérennité de la base militaire. « L’hypothèse d’un rachat pur et simple de l’archipel par les États-Unis a été évoquée, puis inscrite sur une liste d’options envisagées », révèle Katy Balls, correspondante du Sunday Telegraph à Washington.
Cette option, bien que radicale, n’est pas totalement inédite. Des rumeurs circulaient déjà en 2025 selon lesquelles l’administration Trump aurait plaisanté sur ce scénario. « Le président américain aurait évoqué cette possibilité lors de discussions informelles avec des conseillers », précise la journaliste.
Un enjeu géopolitique aux multiples facettes
Le dossier des Chagos illustre les rivalités croissantes entre grandes puissances dans l’océan Indien. Pour Washington, Diego Garcia est une position inestimable, permettant de surveiller les mouvements maritimes et de projeter une force militaire rapide. Pour Londres, la perte de souveraineté sur l’archipel signifierait un recul symbolique dans une région où son influence s’effrite.
Quant à Maurice, le transfert de souveraineté était perçu comme une étape logique de sa décolonisation. Le pays, indépendant depuis 1968, revendique depuis des décennies la rétrocession des Chagos, qu’il considère comme un territoire usurpé par Londres. « Le gouvernement mauricien a toujours considéré que le Royaume-Uni devait respecter ses engagements en matière de décolonisation », souligne un porte-parole du ministère des Affaires étrangères mauricien.
« La base de Diego Garcia est un élément central de la présence américaine dans l’océan Indien. Son maintien est non négociable pour Washington. »
Un diplomate britannique
Cette affaire rappelle que les enjeux postcoloniaux et géostratégiques continuent de façonner les relations internationales, parfois au détriment des principes de décolonisation. Une chose est sûre : le dossier des Chagos n’est pas près de se refermer.
Washington craint que le transfert de souveraineté vers Maurice, qui entretient des liens croissants avec la Chine et l’Iran, ne compromette la sécurité de sa base militaire à Diego Garcia. La base est un point stratégique pour la projection de puissance américaine dans l’océan Indien, et son maintien était initialement garanti pour un siècle dans le cadre de l’accord de 2024.