Quatre mois avant de devenir le « patient zéro » d’un foyer d’hantavirus détecté début mai sur un navire de croisière au large de l’Argentine, un voyageur avait sillonné plusieurs régions du pays, notamment dans la province de Río Negro, selon Franceinfo - Santé. Les autorités sanitaires argentines viennent d’étendre les recherches de rongeurs potentiellement porteurs du virus à une deuxième province, après les premiers cas signalés dans la région de Bariloche.
Cette extension des investigations survient alors que les équipes médicales tentent de retracer le parcours du patient index, identifié comme la source initiale de l’épidémie apparue à bord du navire « Hondius ». Les autorités sanitaires locales multiplient les prélèvements et analyses pour déterminer l’étendue de la contamination et identifier d’éventuels nouveaux foyers.
Ce qu'il faut retenir
- Le « patient zéro » a voyagé quatre mois en Argentine avant d’embarquer sur le « Hondius » où un foyer d’hantavirus a été détecté début mai, d’après Franceinfo - Santé.
- Les recherches des rongeurs vecteurs du virus s’étendent désormais à une deuxième province argentine.
- Les autorités sanitaires tentent de localiser l’origine exacte de la contamination pour éviter une propagation.
Un foyer détecté en mer, mais une origine terrestre
L’épidémie d’hantavirus survenue début mai à bord du « Hondius », un navire de croisière en escale au large des côtes argentines, a révélé un paradoxe : le virus, généralement transmis par des rongeurs, a été identifié dans un environnement où ces animaux sont absents. Les autorités sanitaires ont rapidement orienté leurs recherches vers le parcours du patient zéro, un voyageur ayant circulé en Argentine avant son embarquement.
Selon les informations recueillies par Franceinfo - Santé, ce dernier aurait passé quatre mois dans plusieurs régions du pays, dont la province de Río Negro, une zone connue pour abriter des rongeurs porteurs potentiels du virus. Les analyses en cours visent à confirmer si ce voyageur a été en contact avec un réservoir animal avant de contaminer d’autres passagers.
Les autorités sanitaires passent à la vitesse supérieure
Face à l’urgence, le ministère argentin de la Santé a annoncé l’extension des recherches à une nouvelle province, sans préciser laquelle pour l’instant. Cette décision intervient après la découverte de cas groupés à Bariloche, une ville touristique située dans la province de Río Negro, où plusieurs patients ont été hospitalisés pour suspicion d’hantavirus.
Les équipes médicales procèdent actuellement à des prélèvements environnementaux, notamment dans les zones rurales et forestières où les rongeurs sont susceptibles de pulluler. « Nous devons agir vite pour éviter une propagation en milieu hospitalier ou parmi la population locale », a déclaré un responsable du ministère, cité par Franceinfo - Santé.
L’hantavirus, un virus méconnu mais redoutable
L’hantavirus est une maladie rare mais potentiellement mortelle, transmise principalement par l’inhalation de particules virales présentes dans les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs infectés. Les symptômes, qui apparaissent entre une et huit semaines après l’exposition, incluent fièvre, douleurs musculaires et difficultés respiratoires. Le taux de mortalité peut atteindre 30 à 50 % en l’absence de traitement rapide.
En Argentine, les épidémies d’hantavirus sont généralement localisées dans les régions rurales et forestières, où les rongeurs comme le « rat du riz » (Oligoryzomys longicaudatus) sont endémiques. La transmission interhumaine, bien que rare, a déjà été documentée dans certains cas, ce qui rend la situation actuelle particulièrement préoccupante pour les autorités sanitaires.
Reste à déterminer si le foyer du « Hondius » est un cas isolé ou le signe d’une résurgence plus large de la maladie dans le pays. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si d’autres provinces devront être placées sous surveillance renforcée.
L’hantavirus se transmet principalement par l’inhalation de particules virales issues des excréments, de l’urine ou de la salive de rongeurs infectés. Une contamination interhumaine est possible, mais elle reste exceptionnelle.
Les premiers signes incluent fièvre, douleurs musculaires, maux de tête et frissons, suivis de difficultés respiratoires. Une prise en charge médicale rapide est cruciale, car la maladie peut évoluer vers un syndrome pulmonaire sévère.