Selon Journal du Coin, des réseaux criminels opérant depuis des centres d'appels en Albanie multiplient les tentatives d'arnaque auprès de particuliers français en leur proposant des placements frauduleux dans des cryptomonnaies. Cette pratique, en pleine expansion depuis 2024, exploite la méconnaissance des investisseurs pour des rendements mirobolants et des méthodes de manipulation psychologique.
Ce qu'il faut retenir
- Des centres d'appels en Albanie sont au cœur de ces réseaux, selon les dernières enquêtes.
- Les victimes sont principalement des épargnants français sollicités via des appels téléphoniques ou des publicités en ligne.
- Les fraudeurs promettent des rendements exceptionnels, souvent entre 15 % et 30 % par mois, en échange d'un virement bancaire.
- Les fonds sont ensuite transférés vers des comptes offshore, rendant leur récupération quasi impossible.
- Les autorités françaises et européennes renforcent leur coopération pour démanteler ces réseaux.
Des méthodes de manipulation bien rodées
D'après les retours d'enquêtes menées par des associations de consommateurs, les escrocs utilisent des techniques éprouvées pour convaincre leurs victimes. Journal du Coin rapporte que les appelants se font passer pour des conseillers financiers agréés, voire pour des employés de grandes institutions bancaires françaises. Ils fournissent des faux documents officiels et des rapports d'investissement truqués pour crédibiliser leur discours.
Les victimes, souvent des retraités ou des particuliers peu familiarisés avec les cryptomonnaies, sont encouragées à investir des sommes croissantes sous prétexte de « placements exclusifs ». Une fois l'argent transféré, les fraudeurs multiplient les demandes de frais supplémentaires (frais de dossier, de clôture, etc.) avant de couper tout contact.
Un phénomène en hausse depuis 2024
Cette forme d'escroquerie n'est pas nouvelle, mais elle prend de l'ampleur avec la démocratisation des cryptomonnaies. Selon les données de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF), le nombre de signalements liés à ces arnaques a augmenté de 40 % entre 2024 et 2025, avec des pertes estimées à plus de 30 millions d'euros pour les victimes françaises. Les plateformes frauduleuses, souvent hébergées à l'étranger, disparaissent du jour au lendemain après avoir récupéré les fonds.
Les autorités françaises, en collaboration avec Europol et Interpol, mènent des opérations ciblées contre ces réseaux. En 2025, plusieurs arrestations ont été effectuées en Albanie et en France, mais les enquêteurs estiment que plus de 200 centres d'appels seraient encore actifs dans les Balkans.
Comment reconnaître et éviter ces arnaques ?
Pour limiter les risques, l'AMF et la Banque de France rappellent quelques règles de base. Il est conseillé de ne jamais investir sous la pression d'un appel téléphonique et de vérifier systématiquement l'existence d'une entreprise auprès de l'ORIAS (Organisme pour le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance). Les régulateurs mettent aussi en garde contre les promesses de rendements « garantis » ou « sans risque », des signes révélateurs d'une possible escroquerie.
Les victimes sont invitées à porter plainte rapidement auprès des services de police ou de gendarmerie, en fournissant tous les éléments de preuve (numéros de téléphone, relevés bancaires, captures d'écran). Une plateforme de signalement, Pharos, permet également de déclarer ces fraudes en ligne.
Il est essentiel de porter plainte immédiatement auprès des services de police ou de gendarmerie en fournissant tous les éléments de preuve (relevés bancaires, échanges écrits, numéros de téléphone). Vous pouvez également signaler l'escroquerie via la plateforme Pharos du ministère de l'Intérieur. Dans certains cas, un dépôt de plainte au procureur de la République peut permettre d'engager des poursuites.