Dès mardi 16 juin, la foire Art Basel à Bâle a confirmé son statut de rendez-vous incontournable du marché de l’art en réalisant d’importantes transactions malgré un contexte géopolitique et économique tendu. Selon Franceinfo - Culture, les œuvres de Pablo Picasso et David Hockney se sont distinguées en tête des ventes, illustrant la vitalité du marché. La toile Le peintre et son modèle dans un paysage (1963), signée Picasso, a été cédée pour 35 millions de dollars par la galerie zurichoise Hauser & Wirth, tandis qu’une autre œuvre du maître espagnol a trouvé preneur aux alentours de 6 à 6,5 millions de dollars, selon les organisateurs. David Hockney, décédé la semaine dernière à l’âge de 88 ans, a également été mis à l’honneur avec une vente à 8,5 millions de dollars par la galerie américaine Gray.
Ce qu'il faut retenir
- 35 millions de dollars : prix d’adjudication pour Le peintre et son modèle dans un paysage de Picasso, vendu par Hauser & Wirth.
- 8,5 millions de dollars : montant de la vente d’une toile de David Hockney, décédé une semaine avant l’ouverture d’Art Basel.
- Deux journées réservées aux collectionneurs avant l’ouverture au public le 18 juin, confirmant l’engouement pour les pièces d’exception.
- Marché mondial de l’art en hausse de 4 % en 2025, selon le rapport UBS-Arts Economics, malgré un début d’année timide.
- 290 galeries présentes à Art Basel, qui avait attiré 88 000 visiteurs en 2025.
Un démarrage en fanfare malgré les incertitudes
« L’ambiance est pétillante », s’est enthousiasmé Vincenzo de Bellis, directeur artistique et membre de la direction d’Art Basel. Interrogé par l’AFP, il a reconnu l’impact des tensions géopolitiques et économiques, tout en soulignant l’optimisme des acteurs du marché. « On ne peut certainement pas nier qu’il y a des incertitudes, mais le sentiment actuel est plutôt positif », a-t-il déclaré. « On verra à la fin de la foire, mais actuellement, je pense que nous nous dirigeons vers une reprise. » Ces propos reflètent une dynamique contrastée : malgré un contexte global incertain, les transactions réalisées dès l’ouverture confirment la résilience du secteur.
Les ventes de haut de gamme ont particulièrement porté la dynamique, avec des œuvres dépassant régulièrement les 10 millions de dollars. Selon un rapport commandé par Art Basel à la banque UBS et au cabinet Arts Economics, le marché mondial de l’art a rebondi de 4 % en 2025, après deux années de repli, pour atteindre environ 59,6 milliards de dollars. Cette reprise s’explique en grande partie par les ventes aux enchères et par la demande soutenue pour les pièces les plus prestigieuses.
Un marché tiré par les enchères et les collectionneurs fortunés
Eric Landolt, directeur des activités de conseil en art chez UBS, a confirmé cette tendance lors d’un entretien avec l’AFP. « Le début de l’année 2026 a été plutôt positif », a-t-il indiqué, tout en appelant à la prudence. « Il faudra voir comment les choses évoluent durant la seconde partie de l’année, mais les signes sont, pour l’instant, plutôt bons. » Ce regain d’activité s’illustre notamment par des enchères records à New York. Mi-mai, Christie’s y a enregistré une vente dépassant le milliard de dollars, incluant une partie de la collection privée du milliardaire américain Samuel Irving Newhouse Jr, décédé en 2017.
Thaddaeus Ropac, influent marchand d’art autrichien, a observé une frénésie similaire à Art Basel. « La plupart des grosses transactions se sont conclues dans les deux premières heures d’ouverture », a-t-il expliqué. « L’ambiance est plus détendue aujourd’hui, mais les collectionneurs reviennent et regardent les œuvres. » Sa galerie a notamment vendu des dessins de Georg Baselitz mercredi matin, après avoir cédé la veille une toile de Pierre Soulages pour plus de 3 millions de dollars. Pour Ropac, ces échanges témoignent d’une « reprise substantielle » du marché.
Des œuvres emblématiques et des artistes disparus sous les projecteurs
Parmi les ventes notables, la galerie française Almine Rech a cédé une autre œuvre de Picasso pour une somme estimée entre 6 et 6,5 millions de dollars. David Hockney, dont le décès a été annoncé quelques jours avant l’ouverture d’Art Basel, a vu l’une de ses toiles atteindre 8,5 millions de dollars. Ces transactions soulignent l’attrait persistant pour les maîtres modernes et contemporains, malgré les fluctuations économiques.
La foire, qui réunit 290 galeries cette année, ouvrira ses portes au grand public du 18 au 21 juin. L’événement, qui avait attiré 88 000 visiteurs en 2025, propose une programmation riche pour les amateurs d’art. Les organisateurs misent sur une affluence soutenue, malgré un contexte international marqué par des crises multiples.
Avec ces ventes records dès l’ouverture, Art Basel 2026 confirme sa place de locomotive du marché de l’art. Reste à savoir si cette dynamique se maintiendra face aux incertitudes persistantes. Une chose est sûre : les collectionneurs, toujours aussi nombreux, continueront de se presser à Bâle pour dénicher les pièces qui feront la une des prochaines années.
Après Art Basel à Bâle, les collectionneurs et professionnels du secteur se tourneront vers la Frieze London en octobre, puis vers la TEFAF New York en novembre. Ces événements complètent le calendrier des grandes foires internationales, souvent considérés comme des indicateurs de la santé du marché.