Alors que les États-Unis et la Chine s’affrontent pour établir une présence permanente au pôle Sud lunaire, la NASA se retrouve dans une situation préoccupante : aucun plan de secours détaillé n’a été élaboré pour faire face à un éventuel accident impliquant ses astronautes sur la Lune. Selon Numerama, une enquête menée par Forbes, étayée par un rapport d’inspection interne, révèle que l’agence spatiale américaine n’a pas anticipé les risques mortels encourus en cas de basculement ou de panne de l’atterrisseur lunaire.
Ce qu'il faut retenir
- Absence de plan d’urgence : la NASA n’a pas défini de protocole clair pour évacuer ou secourir des astronautes en cas d’accident avec l’atterrisseur lunaire d’Artémis.
- Enquête de Forbes et rapport interne : les révélations s’appuient sur une enquête journalistique et un document confidentiel de l’inspection générale de la NASA.
- Course contre la Chine : la pression pour devancer Pékin au pôle Sud lunaire a conduit à une planification incomplète, selon les critiques.
- Risque mortel identifié : un basculement ou une panne de l’atterrisseur pourrait compromettre la survie des équipages, faute de solutions d’urgence.
- Dépendance à un seul véhicule : les astronautes d’Artémis dépendent exclusivement de l’atterrisseur Starship de SpaceX pour revenir sur Terre.
Cette lacune a été mise en lumière par une enquête approfondie de Forbes, publiée le 9 août 2026, qui s’appuie sur un rapport interne de l’inspection générale de la NASA, non rendu public jusqu’à présent. Les documents consultés par le magazine révèlent que l’agence n’a pas finalisé de stratégie pour gérer un scénario catastrophe sur la Lune, où les marges de manœuvre seraient quasi inexistantes. « Aucun plan de secours n’est en place pour faire face à un atterrisseur qui bascule ou tombe en panne », a déclaré un responsable anonyme cité par Forbes. « Les astronautes seraient alors livrés à eux-mêmes », a-t-il ajouté.
La situation prend une dimension critique à l’heure où la NASA accélère son programme Artémis, dont l’objectif est d’envoyer des humains au pôle Sud lunaire d’ici 2027. Ce choix stratégique s’inscrit dans une rivalité spatiale accrue avec la Chine, qui ambitionne également de s’installer durablement sur la Lune. Pourtant, selon les observateurs, la précipitation pour devancer Pékin a conduit à négliger des aspects pourtant essentiels de la mission, comme la sécurité des équipages. « On mise tout sur un seul véhicule, sans filet de sécurité », a souligné un expert en sécurité spatiale interrogé par Numerama.
Un atterrisseur lunaire, seul recours des astronautes
Les missions Artémis reposent sur l’utilisation du Starship HLS (Human Landing System), développé par SpaceX. Cet atterrisseur, choisi par la NASA pour transporter les astronautes entre l’orbite lunaire et la surface, est le seul moyen prévu pour leur retour sur Terre. Or, en cas de dysfonctionnement majeur — panne technique, basculement après un alunissage, ou tout autre incident imprévu —, aucune solution alternative n’a été envisagée. « Si l’atterrisseur ne peut plus décoller, il n’y a aucun plan B », a confirmé un ingénieur de la NASA sous couvert d’anonymat.
Les risques ne se limitent pas aux pannes mécaniques. Les conditions extrêmes du pôle Sud lunaire, avec ses températures glaciales et son terrain accidenté, augmentent les probabilités d’accidents. Un simple basculement de l’atterrisseur pourrait condamner les astronautes, faute de pouvoir les évacuer rapidement. Pourtant, la NASA n’a pas communiqué sur les mesures envisagées pour pallier ce risque, se contentant de souligner que les tests en cours visaient à « réduire les incertitudes ».
Une pression temporelle et géopolitique
Cette absence de plan d’urgence intervient dans un contexte de course effrénée entre les États-Unis et la Chine pour la conquête de la Lune. Depuis 2023, Pékin multiplie les missions robotiques vers le pôle Sud, où la présence de glace d’eau pourrait être exploitée pour produire du carburant ou de l’oxygène. Face à cette avancée, la NASA a accéléré le calendrier d’Artémis, prévoyant un retour d’astronautes sur la Lune dès 2027 — soit un an plus tôt que prévu initialement. « La pression pour être les premiers est telle que certains aspects logistiques ont été relégués au second plan », a expliqué un ancien responsable de la NASA à Numerama.
Les critiques pointent également le manque de transparence de l’agence. Le rapport d’inspection interne, révélé par Forbes, n’a pas été rendu public par la NASA, qui se contente d’indiquer que des « ajustements » sont en cours. « Nous prenons très au sérieux la sécurité de nos équipages », a réagi un porte-parole de la NASA, sans fournir de détails sur les mesures envisagées. Pour les observateurs, cette discrétion s’explique par la volonté d’éviter un scandale avant le lancement des missions habitées.
La révélation de ces lacunes intervient alors que les premières missions Artémis non habitées sont prévues pour 2026, avant le retour des astronautes en 2027. Dans l’attente, les incertitudes planent sur la capacité de la NASA à garantir la sécurité de ses équipages, alors que la Lune redevient le terrain d’une compétition spatiale sans précédent.
Selon l’enquête de Forbes et le rapport interne de la NASA, l’agence n’a pas finalisé de stratégie d’urgence en raison de la précipitation pour devancer la Chine dans la course au pôle Sud lunaire. L’accent a été mis sur le développement de l’atterrisseur Starship HLS, sans que les scénarios de panne ou d’accident ne soient pleinement anticipés.