Selon nos confrères de Futura Sciences, une étude menée auprès de 1 199 adultes révèle que la composition du microbiote intestinal est associée plus fortement que l'âge aux marqueurs de l'inflammation et du vieillissement de l'organisme. Cette découverte place nos bactéries intestinales au cœur d'une question fascinante : pourquoi certains organismes vieillissent-ils mieux que d'autres ?
Cette étude, publiée dans Nature Communications, a analysé la composition du microbiote intestinal de l'ensemble des participants et a mesuré 30 marqueurs de l'inflammation, ainsi que 19 marqueurs biochimiques et physiologiques permettant d'évaluer leur risque de maladies liées au vieillissement. Les résultats montrent que la composition du microbiote intestinal explique une part de variance plus importante que l'âge pour 97 % des cytokines et 84 % des paramètres physiologiques.
Ce qu'il faut retenir
- La composition du microbiote intestinal est associée plus fortement que l'âge aux marqueurs de l'inflammation et du vieillissement de l'organisme.
- Les individus présentant une plus grande diversité de bactéries intestinales avaient moins d’inflammation et un risque réduit de maladie ultérieure.
- La composition du microbiote intestinal offre une capacité de prédiction robuste et généralisable pour la majorité des cytokines plasmatiques et des paramètres physiologiques.
Le vieillissement inflammatoire
L'inflammation chronique dite « de bas grade » est une réaction immunitaire silencieuse et persistante qui endommage les tissus sains et fait le lit de diverses pathologies chroniques, dont les maladies cardiovasculaires, le diabète et l'obésité. Cette inflammation à bas bruit se développe progressivement dans l'organisme à mesure que l'on vieillit, ce qui a conduit les chercheurs à parler d'« inflammaging », mot qui vient de la contraction de « inflammation » et de « aging » (vieillissement en anglais).
Les résultats de l'étude montrent que les individus présentant un profil de microbiote intestinal déséquilibré, caractérisé par une surreprésentation des bactéries du genre Bacteroides et une faible diversité microbienne, présentaient des taux plus élevés de cytokines pro-inflammatoires et des profils métaboliques plus défavorables dès le début de l'âge adulte.
Les mécanismes du vieillissement
Les métabolites bactériens, tels que les acides gras à chaîne courte, pourraient contribuer à retarder ou à prévenir l'accélération du vieillissement cellulaire induit par l'inflammation, réduisant ainsi potentiellement le risque de développer des maladies liées au vieillissement. Les chercheurs ont également souligné que la composition du microbiote intestinal offre une capacité de prédiction robuste et généralisable pour la majorité des cytokines plasmatiques et des paramètres physiologiques.
Ces résultats confortent donc l'idée que l'âge n'est peut-être pas le seul facteur déterminant du vieillissement inflammatoire et concordent avec des études antérieures associant une grande diversité du microbiote intestinal à un vieillissement en meilleure santé.
En conclusion, cette étude révolutionnaire met en évidence l'importance du microbiote intestinal dans le vieillissement et ouvre de nouvelles perspectives pour la prévention et le traitement des maladies liées à l'âge. Il est essentiel de poursuivre les recherches dans ce domaine pour mieux comprendre les mécanismes impliqués et développer de nouvelles stratégies pour promouvoir un vieillissement en bonne santé.