L’AS Monaco Basket, sacré champion de France pour la troisième fois le 23 juin 2026, vient de subir un revers majeur. Selon RMC Sport, la Direction Nationale du Conseil et du Contrôle de Gestion (DNCCG) a refusé d’engager le club monégasque dans les championnats professionnels de Pro A et Pro B pour la saison 2026-2027. La décision, rendue publique vendredi, repose sur « l’absence de garantie suffisante concernant la viabilité économique du club pour la saison à venir », ainsi que sur « l’état d’avancement des dossiers de reprise ».
Ce qu'il faut retenir
- L’AS Monaco Basket, champion de France 2026, a été recalé par la DNCCG pour la saison 2026-2027 en raison de problèmes de viabilité économique.
- Le club, détenu par l’homme d’affaires russo-hongrois Aleksej Fedoricsev, dépend depuis six mois de l’État monégasque et d’un prêt de la Société nationale de financement (SNF).
- Le club doit rembourser un prêt de 25 millions d’euros au 30 juin 2026, mais sa situation financière reste précaire.
- Une audience devant le tribunal de Monaco est prévue le 10 juillet 2026 pour examiner la situation du club.
- Le club pourrait déposer un recours devant la commission d’appel de la Fédération française de basket (FFBB).
Cette exclusion intervient moins de deux semaines après le sacre de l’AS Monaco en Pro A, un titre qui couronnait une saison marquée par une nouvelle participation en Euroligue — malgré une rétrogradation sportive due à des manquements financiers. Le club, qui a évolué cinq saisons consécutives en Euroligue entre 2021 et 2026, a remporté au total sept trophées nationaux depuis 2023, dont trois championnats, deux Coupes de France et une Leaders Cup. Pourtant, sa survie financière repose depuis des mois sur un filet de sécurité fourni par les autorités monégasques.
Selon les documents consultés par RMC Sport, l’AS Monaco devait rembourser le prêt de 25 millions d’euros contracté auprès de la SNF avant le 30 juin 2026. Or, lors de l’audience du 19 juin devant le tribunal de Monaco, le mandataire judiciaire chargé d’examiner les comptes du club avait estimé que l’AS Monaco « ne semblait pas en mesure de rembourser » cette somme. Le club s’est donc retrouvé en situation de cessation de paiement dès le 1er juillet 2026, date butoir non respectée.
Une nouvelle audience est programmée le 10 juillet 2026 pour statuer sur l’avenir du club. Entre-temps, le directeur général de l’AS Monaco, Oleksiy Yefimov, tente de mobiliser un tour de table d’investisseurs capables de reprendre la dette du club. L’objectif ? Présenter des garanties financières solides devant la commission d’appel de la FFBB afin de contester la décision de la DNCCG. Selon des sources proches du dossier, un budget minimal de 10 millions d’euros serait nécessaire pour que le club puisse envisager de participer, en plus du championnat de Pro A, à la Eurocoupe — une compétition européenne de second rang où Monaco sera reversé à partir de la saison prochaine.
Plusieurs pistes sont évoquées pour sauver le club. Parmi elles, un projet impliquant l’ancien joueur NBA Jamal Mashburn, reconverti dans les affaires. Cependant, son retrait en 2021 du rachat du club de Pau-Lacq-Orthez après avoir pourtant signé un engagement initial laisse les dirigeants monégasques sceptiques. « L’AS Monaco n’aurait pas de problème avec la DNCCG si un investisseur s’était déjà engagé », confie une source proche du dossier à l’AFP.
Face à cette situation, le gouvernement monégasque pourrait jouer un rôle clé dans la recherche d’une solution. En 2003, il avait déjà orchestré le sauvetage de la section professionnelle de football du club en s’appuyant sur des investisseurs locaux, dont le milliardaire Michel Pastor, à la tête de la structure Monaco Football Investissement. Une telle intervention politique semble d’autant plus envisageable que l’AS Monaco bénéficie d’un fort soutien populaire en Principauté, après avoir marqué le basket français par ses performances récentes.
Le club, vice-champion d’Europe en 2025, a en effet marqué l’histoire récente du basket hexagonal avec cinq saisons consécutives en Euroligue et une série de titres nationaux. Ces succès ont forgé une identité forte, portée par un élan de sympathie en Principauté. Pourtant, la viabilité économique reste le talon d’Achille d’une structure qui, malgré ses succès sportifs, peine à s’inscrire dans la durabilité financière.
Cette affaire soulève des questions plus larges sur la gouvernance des clubs sportifs en France, notamment dans un contexte où les exigences financières des compétitions européennes et nationales s’intensifient. La décision de la DNCCG rappelle les règles strictes imposées par les fédérations pour éviter les défaillances en cascade, comme ce fut le cas pour d’autres clubs français ces dernières années. Elle pose également la question de la pérennité des modèles économiques dans le sport professionnel, où le succès sportif ne suffit plus à garantir la stabilité financière.
Pour l’AS Monaco, l’enjeu immédiat est de trouver une solution financière viable avant le 10 juillet. Si le club parvient à mobiliser les fonds nécessaires, il pourrait encore espérer jouer en Pro A — ou, à défaut, en Pro B — lors de la saison 2026-2027. Dans le cas contraire, Monaco pourrait se retrouver relégué en division amateur, mettant fin à plus de deux décennies de présence dans les championnats professionnels français. Une issue qui marquerait un coup d’arrêt brutal à une histoire sportive riche, mais aussi un rappel des limites économiques du modèle actuel du basket français.
L’exclusion a été prononcée par la Direction Nationale du Conseil et du Contrôle de Gestion (DNCCG) en raison de l’absence de garanties suffisantes sur la viabilité économique du club pour la saison 2026-2027. La décision fait également suite à l’état d’avancement insuffisant des dossiers de reprise, selon RMC Sport.
Le club peut faire appel de la décision devant la commission d’appel de la Fédération française de basket (FFBB). Une audience décisive est prévue le 10 juillet 2026 devant le tribunal de Monaco pour examiner la situation financière du club. D’ici là, les dirigeants tentent de rassembler un tour de table d’investisseurs pour reprendre la dette, estimée à 25 millions d’euros.