Les championnats de France d’athlétisme à Albi ont réservé leur lot de surprises cet été. Selon RMC Sport, Samuel Vessat, un athlète jusqu’alors méconnu du grand public, a créé l’exploit dimanche 26 juillet en remportant le titre national du 400 mètres en 44 secondes et 24 centièmes. Ce chrono lui permet non seulement de s’adjuger le titre de champion de France, mais aussi de pulvériser le record de France de la distance, détenu depuis près de vingt ans par Leslie Djhone avec 44 secondes et 18 centièmes.

L’athlète de 24 ans, qui s’est également qualifié pour la finale du 200 mètres (7e place finale), a livré son ressenti sur cette performance historique et évoqué son parcours atypique, entre études aux États-Unis et pratique simultanée de l’athlétisme et du basket.

Ce qu'il faut retenir

  • Samuel Vessat, 24 ans, remporte le titre de champion de France du 400 mètres en 44"24, améliorant le record de France détenu par Leslie Djhone depuis 2007.
  • Il se classe également 7e de la finale du 200 mètres lors des mêmes championnats.
  • Étudiant aux États-Unis, dans une université de l’Indiana, il pratique à la fois l’athlétisme et le basket, une double casquette facilitée par le système sportif américain.
  • Vessat définit son style de course comme une « bagarre », cherchant à se dépasser chaque jour pour améliorer ses performances.
  • Ses prochaines échéances incluent les championnats d’Europe de Birmingham (10-16 août 2026) avant un retour aux États-Unis pour la rentrée universitaire le 24 août.
  • Les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 figurent parmi ses objectifs à long terme.

Un titre national et un record de France en une seule course

Dimanche 26 juillet à Albi, Samuel Vessat a réalisé un double exploit. Dans une discipline aussi exigeante que le 400 mètres, où chaque centième compte, l’athlète a franchi la ligne d’arrivée en 44 secondes et 24 centièmes, effaçant ainsi le record de France établi en 2007 par Leslie Djhone (44"18). Ce temps marque également l’un des meilleurs chronos européens de l’année, confirmant l’émergence d’un nouveau talent sur la scène française.

La performance de Vessat n’a pas seulement impressionné par son résultat, mais aussi par sa capacité à enchaîner avec une autre épreuve. Après son titre sur 400 m, il s’est immédiatement préparé pour le 200 mètres, où il a finalement terminé 7e de la finale. Une polyvalence qui illustre sa rigueur et son adaptabilité.

Un parcours façonné par la double pratique et les études à l’étranger

Samuel Vessat, originaire de Liévin dans le Nord, a découvert l’athlétisme très tôt, tout en pratiquant le basket. Pourtant, en France, concilier les deux disciplines s’avérait complexe en raison des calendriers sportifs chargés le week-end. C’est aux États-Unis, dans une université de l’Indiana, qu’il a pu concilier ses deux passions. « Les États-Unis m’ont permis de faire ces deux sports-là », a-t-il expliqué à RMC Sport. « Quand j’étais petit, mon premier sport d’études à Liévin, c’était le basket, mais j’étais aussi avec l’équipe d’athlétisme. J’ai toujours aimé faire les deux. »

Cette double pratique lui a permis de développer des qualités complémentaires. Le basket, sport collectif exigeant, a renforcé son explosivité et sa réactivité, tandis que l’athlétisme lui a offert une spécialisation sur des distances clés comme le 400 mètres. « En étant meilleur sur le 200 mètres, je serai meilleur sur le 400 mètres aussi », a-t-il souligné. Une approche qui pourrait bien faire de lui un sprinteur complet à l’avenir.

Un environnement familial et une quête d’excellence

Derrière chaque athlète se cache une équipe, et Samuel Vessat en est conscient. Lors de son entretien avec RMC Sport, il a tenu à remercier son entourage, à commencer par sa famille. « J’ai aussi un facteur chance car j’ai une très belle équipe autour de moi, des coachs qui me comprennent », a-t-il déclaré. « J’ai aussi la chance d’avoir ma sœur, ma mère, mon père, tout le monde dans ma famille qui sont derrière moi. Je pense que ça joue énormément dans mes performances parce que j’ai l’esprit reposé. »

Cette stabilité affective et professionnelle semble jouer un rôle clé dans ses résultats. Vessat a également évoqué l’importance de l’équilibre entre ses études et le sport. Aux États-Unis, il suit un cursus universitaire tout en s’entraînant à haut niveau, une organisation qu’il juge idéale pour performer dans tous les domaines. « Ce n’est pas que je ne l’ai pas en priorité [l’athlétisme], mais j’essaie juste d’être le meilleur partout : en classe, sur la piste et aussi sur le terrain de basket », a-t-il précisé. Son père, qui lui a transmis cette philosophie, lui a appris que « si tu fais les choses, il faut le faire bien, sinon tu restes à la maison ». Une maxime qu’il applique au quotidien.

Un style de course défini comme une « bagarre »

« La bagarre, tout simplement. C’est me battre contre moi-même, me battre contre Samuel tous les jours et essayer de battre Samuel. C’est comme ça que je me définis. Et puis, à la fin, on se pose avec le coach, on réfléchit, on regarde ce qui a pêché, ce qu’il faut améliorer et on essaie de faire mieux. »

Cette définition résume bien l’état d’esprit de Vessat. Pour lui, chaque course est un défi personnel, une opportunité de se dépasser. Il analyse ses performances avec rigueur, identifiant les points à améliorer pour progresser encore. Cette approche méthodique, combinée à un mental d’acier, pourrait faire de lui un candidat sérieux pour les prochaines grandes compétitions internationales.

Il reste pourtant lucide sur ses marges de progression. « J’aimerais être meilleur sur le 200 mètres », a-t-il reconnu. Une amélioration sur cette distance lui permettrait d’envisager des performances encore plus impressionnantes sur 400 mètres, où la vitesse de base est déterminante.

Et maintenant ?

Samuel Vessat ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Ses prochaines échéances sportives sont déjà fixées. Il participera d’abord aux championnats d’Europe de Birmingham, qui se dérouleront du 10 au 16 août 2026. Une compétition qui lui permettra de confirmer son statut de nouveau recordman de France et de se mesurer aux meilleurs Européens.

Après cette compétition, il devra rapidement préparer son retour aux États-Unis pour la rentrée universitaire, prévue le 24 août. Un rythme soutenu, mais qu’il assume pleinement grâce à un entourage solide. « Je suis très bien entouré. J’ai ma famille autour de moi. On a un petit cocon. Je suis à la maison », a-t-il confié. Son objectif immédiat reste la santé et la performance, avant de songer aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. « Évidemment, c’est dans un gros coin de ma tête, bien sûr. C’est un accomplissement, les Jeux olympiques. Ça serait super de pouvoir y participer », a-t-il conclu.

Un vent d’optimisme pour le sprint français

Interrogé sur l’état du sprint français, Vessat a tenu à relativiser les difficultés évoquées ces dernières années. « Je n’ai pas l’impression [que le sprint français traverse une période difficile]. Personnellement, je suis très impressionné par ce qu’on produit. Le meilleur reste à venir et j’espère qu’on saura le prouver au grand public. » Une déclaration qui sonne comme un message d’espoir pour les supporters et les spécialistes du sprint tricolore.

Avec des athlètes comme Vessat, mais aussi d’autres talents en devenir, l’athlétisme français pourrait bien connaître un renouveau dans les années à venir. Les Jeux de Los Angeles, dans deux ans, pourraient ainsi représenter une première étape vers une reconquête des podiums internationaux.

Vessat a opté pour une université américaine car ce système lui permet de concilier ses études et sa pratique sportive à haut niveau, à la fois en athlétisme et en basket. En France, les calendriers des compétitions le week-end rendaient cette double pratique presque impossible, contrairement aux États-Unis où les saisons sportives sont mieux adaptées.

Ses priorités immédiates sont les championnats d’Europe de Birmingham (10-16 août 2026) et la rentrée universitaire aux États-Unis le 24 août. À plus long terme, il vise les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, tout en cherchant à progresser sur le 200 mètres pour renforcer ses performances sur 400 mètres.